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Culture américaine

Qu’est-ce qui pousse une mère de famille à disparaître en abandonnant mari et enfants?

Il faut être allé à Las Vegas pour savoir que la chaleur est telle que le bitume semble s’évaporer. La fumée qui s’élève du sol surchauffé donne, en été, l’impression d’avancer dans un mirage. Il faut aimer la Californie pour décrire avec autant de précision l’âme de Modesto, petite bourgade coincée entre San Francisco et le Yosemite National Park. Laurence Peyrin me l’a dit au téléphone: elle est Française mais son cœur est aux États-Unis. Elle a été foudroyée sur place la première fois qu’elle a mis le pied à New York et sa passion pour l’Amérique n’a fait que s’épanouir avec le temps. En attendant de pouvoir aller y vivre (en Floride, près de l’une de ses filles), elle dépeint « son » Amérique dans ses romans. « Les Jours Brûlants », le dernier livre de Laurence Peyrin, m’a bouleversée.

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« Les jours brûlants » se déroule à la fin des années 70, à Modesto. Joanne, 37 ans, est mariée à un homme qu’elle aime chaque jour un peu plus. Ils ont eu deux enfants, une fille et un garçon. Joanne n’a pas d’autres ambitions que de prendre soin de son foyer. Elle est une bonne mère, une épouse attentive, une amie dévouée et la reine des cocktails. C’est son petit truc: elle sait mettre l’ambiance aux soirées qu’organise son mari, médecin. Un jour, alors qu’elle sort de la bibliothèque, un homme l’agresse violemment pour lui voler son sac. Si elle s’en remet rapidement physiquement, au fond d’elle, elle sait que plus rien ne sera plus jamais comme avant. Elle est détruite et peine à reprendre le cours de sa vie. Du jour au lendemain, Joanne quitte tout, direction Las Vegas. C’est là, dans la ville où se rassemblent les âmes perdues, « la ville parfaite pour disparaître » selon l’auteure, qu’elle va retrouver goût à la vie.

On pense à quoi quand on quitte tout? À rien de ce qu’on a quitté, justement et le simple fait de ne pas y penser occupait tout son temps.

Les jours brûlants de Laurence Peyrin

J’ai adoré le portrait de cette femme, dont le bonheur est presque palpable tant les mots de Laurence Peyrin sont précis pour le décrire, et les idées que la romancière véhicule sur le mariage et la famille. Elle s’interroge sur ce qui pousse quelqu’un à disparaitre. Et elle va même plus loin: qu’est-ce qui pousse une mère à disparaitre en laissant mari et enfants derrière elle? « La maternité, sacrée entre tous les liens humains, faisait de la fuite le plus incompréhensible des abandons, le plus impardonnable. On aurait davantage compris un suicide physique. La mort absout de bien des choses », écrit-elle.

les jours brûlants laurence peyrin

Dans Les jours brûlants mais pas seulement, Laurence Peyrin est captivée par le déraillement, par ces quelques secondes qui font tout basculer. L’instant d’avant, tout va bien. Celui d’après, notre vie a basculé. « J’aime les histoires de tueurs en série », me confie-t-elle. « Savoir que toute notre vie est conditionnée par un truc irréversible qui s’est passé en une minute. C’est comme quelqu’un qui trébuche… Ma fille vit au 36e étage, j’ai toujours peur qu’elle tombe. C’est une mort idiote : on la voit venir, on ne sait rien faire, et c’est terminé. On sait que c’est inéluctable. Dans toutes mes histoires, c’est toujours le même principe: l’inéluctable arrive. »

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Je ne vous en dis pas trop pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture, mais les relations que Joanne va nouer dans sa deuxième vie sont vraiment touchantes. On aime instantanément les personnages qui gravitent autour d’elle. Joanne retrouve le chemin du bonheur, de la confiance et de l’apaisement en douceur et pas forcément comme on l’imaginait au fil de notre lecture. Je me suis laissée cueillir par l’émotion à la fin et j’ai serré très fort le livre contre mon cœur, dévastée qu’il soit terminé. J’espère que ça vous fera le même effet.

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