Après deux ans d’attente, on a obtenu la Green Card: et maintenant?

by seayouson

Après avoir dû rentrer brutalement de Californie pour cause de pandémie (Lisez: Pourquoi on a – temporairement – quitté les Etats-Unis), on a décidé de faire une demande de carte verte afin de pouvoir, un jour, s’établir aux USA sur du long terme (Green Card: comment la demander? ça prend longtemps? combien ça coûte?). Nous avons décidé de contacter une avocate (Sarah Brunet) et de lancer les démarches le 4 août 2020.

Ce vendredi vers minuit, alors que nous venions fraîchement de débuter notre année d’aventure à l’île Maurice (Pourquoi on a décidé de vivre un an à l’île Maurice), mon avocate française basée en Californie m’a téléphoné pour me dire que mon dossier de Green Card avait été accepté. Il a été validé le 4 août 2022. Deux ans, très exactement, après avoir décidé d’oser.

Vous m’avez posé quelques questions tout à fait légitimes et pertinentes sur Instagram. J’y réponds ici, en essayant d’être aussi précise que possible, avec les éléments que j’ai en main actuellement.

Est-ce que vous restez à l’île Maurice une année, comme prévu, ou est-ce que vous foncez immédiatement en Californie?

On va faire notre année à Maurice comme prévu. Notamment parce que la paperasse n’est pas encore finie pour la Green Card. Mon avocate n’est pas encore rentrée dans les détails mais j’en ai encore pour quelques mois. Tant mieux, on n’aurait pas voulu tout devoir planter pour les USA. Ils nous ont fait attendre longtemps; cette fois, c’est moi qui vais décider du timing.

Même si je n’ai pas la même excitation ici qu’en Californie (mais est-ce dû à la destination en tant que telle ou au temps qui passe et à l’âge qui grignote un peu de mon énergie?), je ne regrette absolument pas d’avoir tout vendu et d’avoir mis en place cette année à l’île Maurice. (Mon dernier article: Expatriation en famille à l’île Maurice : J+7, les habitudes et les doutes…) Maurice est une destination temporaire (normalement) mais notre présence ici est un vrai choix. Dan me disait depuis des années qu’il avait envie de vivre sur une île une fois dans sa vie. Maintenant qu’on y est, on y va jusqu’au bout. Comme d’habitude.

L’idée était de venir à Maurice, d’inscrire Ezra dans une petite école du coin, d’attendre, au soleil, la réponse pour la carte verte, et d’enchaîner sur les USA à la fin de cette année. Finalement, on est pile poil dans ce qu’on avait prévu. On savait que la réponse allait tomber dans les semaines/mois à venir. On se doutait, on espérait en tout cas, qu’elle allait être positive. Du coup, à la question…

Comment avez-vous réagi?

… j’ai envie de vous dire: pas avec l’excitation que vous imaginez. Je vous vendrais bien du rêve mais vous le savez, moi, mon truc, c’est la vie comme elle est pas comme on voudrait qu’elle soit. Bon déjà, je dormais quand Sarah m’a appelée. Ensuite, je suis allée réveiller Dan qui s’était endormi devant un film, dans le salon. Je lui ai dit: We did it, on l’a fait, on a la green card. On s’est juste dit: Enfin! Bravo! On débriefe demain. Que voulez-vous: on aime bien dormir, nous, la nuit!

On n’a pas pleuré, mais on est très contents. C’est très satisfaisant d’arriver enfin au bout d’un tel processus. J’étais confiante. Depuis le début. J’ai toujours visualisé le truc, en me disant que ça allait le faire et ça ne m’a jamais empêché de dormir. (En même temps, à part mon fils, rien ne m’empêche jamais de dormir!) Et on s’était dit qu’on accepterait la réponse, même si elle était négative.

Si mon dossier n’était pas passé, j’aurais arrêté là. J’aurais estimé avoir dépensé assez d’argent et d’énergie pour tenter ma chance. Se donner à fond, c’est super, mais ne rien lâcher au risque de s’épuiser et de passer à côté de la vie et du moment présent, non merci. Au cours de ces deux ans, on a eu le temps de se préparer. On a eu le temps d’être échaudés, de trouver le temps long, d’avoir d’autres rêves aussi et même d’en réaliser quelques-uns. Les USA, c’est un chouette objectif de vie, mais on sait aussi qu’on peut être heureux ailleurs.

D’autant que les États-Unis ont changé de visage ces dernières années et c’est pas toujours joli joli. D’ailleurs, quelqu’un m’a demandé…

Vous n’avez pas peur de vivre aux USA avec les décisions récentes de la Cour Suprême?

Évidemment, ça fait réfléchir. Les fusillades sont en constante augmentation, les loyers sont plus qu’exorbitants, les droits des femmes reculent et la majorité de nos amis expatriés qui y vivaient ont quitté la Californie pour revenir en Europe ou ils ont migré sur la côte est. L’Amérique change, pas forcément en bien, mais c’est le cas du monde entier. J’attends d’y retourner pour me faire ma propre opinion et voir ces changements de mes propres yeux.

Ma plus grande peur, c’est l’inflation. Tout était déjà horriblement cher avant la pandémie en Californie. On va devoir se serrer la ceinture comme jamais ou gagner beaucoup plus.

Je sais en tout cas une chose: cette green card, on la voulait, on est ravis mais si au bout de deux ans, on se rend compte que c’est intenable, qu’on n’y arrive pas, que tout est trop compliqué financièrement, on sera capable d’y renoncer. Je vais jusqu’au bout de mes rêves mais je ne m’y accroche pas de façon désespérée non plus.

L’idée globale, quand même, c’est d’être heureux. Et s’il faut changer de rêve pour ça, eh bien, va pour le changement de rêve.

Comment Ezra vit-il les choses?

Cet enfant est un bonheur sur pattes. On lui a dit: ça y est, on a les papiers. Il a répondu: ah, je vais enfin revoir mon circuit de train Thomas and friends qui est dans le garage de Palm Springs. Voilà, c’est aussi simple que ça.

Il est content d’être à l’île Maurice, il s’est déjà fait des copains. Et il est content à l’idée de revoir la Californie. En tout cas, c’est comme ça qu’il le vit pour le moment. Ça sera peut-être une autre paire de manches à la fin de l’année scolaire, quand il aura des habitudes et des potes. Mais à l’heure où je vous écris ces lignes, il dort ici bien mieux qu’en Belgique, il ne fait plus de cauchemars du tout d’ailleurs. Il est détendu, souriant et partant pour l’aventure!

C’est quoi la suite du process?

L’acceptation de la Green Card est la partie la plus compliquée du processus. Mais ça ne s’arrête pas là. Il va encore y avoir un rendez-vous à l’ambassade, notamment, et quelques papiers et formulaires divers à soumettre. Les choses iraient plus vite si j’étais sur le territoire américain, en possession d’un visa professionnel (comme l’est mon visa de journaliste). Je pourrais alors demander un ajustement de statut et pouvoir jouir immédiatement des droits auxquels ma carte verte me donne droit même si je n’ai pas encore le papier collé dans mon passeport.

Mais je n’ai pas forcément envie que ça aille vite. Je suis contente d’être là où je suis. Je vais faire la suite de la paperasse à mon aise, en buvant du rhum vanille et en organisant mentalement ma vie là-bas. Parce qu’à la question…

Que vas-tu faire là-bas?

… je n’ai pas vraiment de réponse. Je ne suis plus liée à aucune boîte. Je ne suis plus salariée. Est-ce que mes activités de journaliste freelance suffiront ou est-ce que je vais devoir postuler quelque part? Et puis dans quelle branche? Pour faire quoi? Journaliste en anglais, ça me semble un peu audacieux avec mon accent de frenchie…

Je compte continuer mes podcasts A coeur ouvert. En revenant en Belgique régulièrement. En allant en France aussi. Mais peut-être en développant mon idée aux USA, qui sait? Et puis, est-ce qu’on va se réinstaller à Palm Springs où les étés sont déjà à 48 degrés alors que le réchauffement climatique s’accélère? Est-ce qu’on ne tenterait pas un autre État que la Californie? On a un an pour préparer cette autre vie.

Mon avocate me disait d’ailleurs que si je voulais rester trois ans à l’île Maurice et « activer » ma carte verte ensuite, c’était tout à fait possible. Au moment où la carte est officiellement « activée », on va dire ça comme ça, j’ai six mois pour me présenter sur le territoire américain. La carte verte est valable à vie, il faut la renouveler tous les dix ans, et on peut y renoncer si on décide, finalement, de retourner vivre éternellement dans le pays d’où l’on vient.

Et Dan, il a aussi la carte verte?

J’ai fait la demande de carte verte en mon nom parce que c’est ma carrière professionnelle qui nous permettait de toucher ce rêve-là du doigt. Mais vu qu’on est mariés, Dan aura la sienne également. Et si on divorce un jour, il la gardera.

On est, par contre, à l’île Maurice grâce à sa société. C’est son statut à lui qui nous a permis de demander le Visa Premium et ici, c’est moi l’accompagnante. On forme une bonne équipe!

Et le chat?

Le chat, putain, le chat… Je n’ose pas regarder la procédure pour le ramener en Belgique depuis l’île Maurice. Je ne sais pas si ça sera aussi compliqué au retour qu’à l’aller. Mais je sais en tout cas que c’est plus simple de voyager avec un chat vers les USA que vers l’île Maurice. On repassera de toute façon d’office par la Belgique entre l’île Maurice et les USA. Avec le chat. Donc il fera Maurice-Belgique et Belgique-USA. Normalement. On verra. Mais évidemment, Maki sera de la partie.

Au total, la green card, elle vous a coûté combien?

C’est une question qui m’énerve un peu parce qu’il est simplement impossible de parler d’argent en Belgique sans se faire juger. Mais je vais vous répondre. J’aurais pu faire la procédure seule, ça m’aurait coûté moins cher. Mais j’avais besoin et envie d’être accompagnée, soutenue, encadrée.

Pour l’instant, j’ai payé entre 7000 et 8000 euros pour la green card. Et il y aura encore quelques milliers d’euros à sortir, très probablement. C’est le prix d’une bagnole, on est d’accord. Mais chacun met son argent là où il le veut. Je n’achète pas de fringues et justement, en parlant de bagnole, on n’a toujours eu qu’une seule voiture depuis toujours. Aux USA, on louait une voiture seulement quand on en avait besoin. Le reste du temps, on était à vélo (A lire: Au pays de la bagnole, je me suis mise au vélo).

On fait des choix que plein de gens ne feraient pas. Donc oui, c’est cher, mais c’est ça qui, moi, me fait kiffer.

Comment tu te sens?

En paix. Mais honnêtement, depuis que je suis en couple avec Dan, je suis en paix. J’aime ce qu’on vit, nos projets, et même les projets qui ne se font pas et qui nous emmènent ailleurs. J’aime mon fils, il me fait rire, il me touche, il m’épate. On a la chance d’être en bonne santé. Ce qu’on vit est excitant, ce qui s’annonce le sera aussi. J’ai hâte d’être demain matin comme j’ai hâte d’être l’année prochaine. Je me réjouis de cette année à Maurice. Je me réjouis de la suite aux États-Unis. Et je suis ravie de vivre ça avec vous, ici.

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4 comments

Sofia 14 août 2022 - 20 08 02 08028

Awesome ?? j’adore ce genre d’aventure et je jubile rien que de te lire ? le côté admin est super pesant (j’ai vécu ces moments compliqués pour une expatriation au Canada qui n’a pas abouti et une en Chine qui avait fonctionné), mais p*** c’est bon une fois qu’on y est ? j’ai perdu cette motivation en devenant maman… trop stressée ??

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Isa2nantes 14 août 2022 - 20 08 54 08548

Je suis vraiment ravie pour vous , faut vivre le moment présent tout en ayant des rêves pleins la tête , moi c’est ce qui m’anime et vous aussi et c’est top
Hâte de voir la suite des épisodes !! En tout cas profitez bien de cette belle île ?

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Maeva 15 août 2022 - 4 04 19 08198

J’adore! Félicitations à vous trois c’est canon! Vivre le moment présent je crois qu’il n’y a pas mieux dans la vie ??? Xx

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Pomme d'Happy 15 août 2022 - 10 10 44 08448

Bravo ?
Bravo pour toute la liberté que vous semez sur votre chemin.
Bravo de suivre votre propre chemin et non celui plus ou moins dicté par la société.
Bravo d’aller au bout des choses.
Et j’ai envie de dire « see you soon les USA » ?

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