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Working Mum

Les femmes sans enfants et qui ont l’âge de « bientôt en avoir » sont discriminées

La discrimination au travail est une chose bien réelle. Preuve encore avec cette étude à grande échelle publiée dans la revue Labour Economics et réalisée en Allemagne, en Suisse et en Autriche. Alors que les femmes qui reviennent de congé de maternité sont régulièrement mises au placard; que, dans certaines entreprises, annoncer sa grossesse signe l’arrêt de mort de nos ambitions professionnelles et qu’il n’est pas rare qu’on nous fasse sentir, une fois que les enfants sont là, que partir plus tôt est mal vu, peu importe la raison (maladie ou spectacle de fin d’année), la discrimination commence désormais avant même d’avoir des enfants. À l’idée, en fait, qu’on puisse en avoir… Les femmes sans enfants ont plus de mal à décrocher un job à mi-temps.

Rien que l’idée qu’elle pourrait enfanter suffit

Rien que l’idée que la femme qui leur fait face puisse, dans un futur plus ou moins proche, enfanter peut décourager un employeur. Selon cette étude, les femmes mariées qui n’ont pas d’enfants sont moins susceptibles d’être embauchées pour un job à temps partiel que les femmes plus âgées, déjà mères de famille. Les employeurs considèrent que les femmes impliquées dans une relation stable ne vont pas tarder à se reproduire et ça les embête fortement. Ils préfèrent donc engager celles qui ont déjà « fait le job ».

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J’ai envie de croire que peut-être, les employeurs privilégient des femmes qui ont « vraiment » besoin d’un travail à temps partiel pour respecter au mieux leur équilibre vie pro/vie familiale. Celles qui sont déjà mères. Mais même vu sous cet angle, c’est moyen. C’est un jugement de valeur, une opinion personnelle, qui ne revient pas à la personne qui embauche.

En 2018, une étude réalisée en Angleterre cette fois détaillait la même chose. 28% des employeurs disaient ne pas rappeler une femme récemment fiancée ou mariée parce qu’ils imaginaient qu’elle donnerait bientôt naissance à un bébé. Déprimant!

On m’a posé cette question lors d’un entretien

Les résultats de cette étude publiée au mois d’août, toute fraîche donc, ont fait remonter un vieux souvenir. Lors d’un entretien d’embauche à l’âge de 18 ans, mon peut-être futur employeur de l’époque m’avait demandé si je comptais « bientôt » faire des enfants. Vu mon jeune âge, ce n’était absolument pas mon intention. J’ai fait un bébé douze ans plus tard, je n’avais donc pas tort.

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N’empêche, la question m’avait mise mal à l’aise mais j’avais usé de toutes les phrases rassurantes possibles: j’avais très envie d’avoir le poste. J’ai été embauchée. Avec le recul et l’âge, je ne réagirais probablement plus avec autant de calme si on me posait la même question. Et vous, avez-vous déjà senti qu’on hésitait à vous offrir un contrat de travail parce que vous risquiez de « bientôt » tomber enceinte?

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(9 commentaires)

  1. Bien sûr! Et ça m’est même encore arrivé il y a quelques mois, lorsque en dernière phase de recrutement, sur un poste à temps partiel, j’ai pris le risque d’annoncer ma grossesse… c’est frustrant, et rageant, même si d’un autre côté dans ce cas précis, je comprends aussi l’employeur….

  2. Ça ne m’étonne malheureusement pas du tout. Une amie en recherche d’emploi et tombée enceinte pendant le processus de recrutement avait choisi de dire la vérité en prenant son poste… Elle a été remerciée pendant sa période d’essai. Je n’ai jamais eu ce genre de questions pendant un recrutement mais j’ai eu quelques soucis avec ma chef l’année dernière par rapport à mes « trop nombreuses » absences.

  3. J’ai eu exactement la même chose . lors d’un recrutement, on m’a demandé si je comptais avoir des enfants je leur ai dit que ce n’est pas à l’autre du jour, puis est venu autre question en plus embarrassante.  » vous savez dans notre entreprise nous sommes que des hommes et certains sont mariés ça ne pose pas de problème pour vous ? » j’avais seulement 20 ans et je ne savais pas quoi lui répondre … pour lui faire comprendre que je n’étais pas à prendre les hommes des autres …

  4. Et la situation revient lorsqu’une femme veut changer de job alors qu’elle n’a « qu’un » enfant. Dans la tête de l’employeur, elle en aura forcément un deuxième rapidement alors exit. Allez grosso modo, ça fige une carrière professionnelle d’au moins 10 ans. Vive la parité hein !

  5. Les choses changeraient sûrement si les hommes avaient aussi un congé de trois mois à prendre obligatoirement après la naissance. Les employeurs seraient confrontés à la même « crainte » face à un homme ou une femme. Même temps d’absence.

  6. C’est vrai que tu n’es pas la première à m’en parler de cette discrimination à l’embauche. Pour ma part, pour bosser avec les jeunes parents et leurs enfants, je n’ai jamais eu ce type de questions lors d’entretiens. Peut etre que c’est le milieu professionnel qui veut ça ? Quoi qu’il en soit, je trouve ca totalement déplacé !

  7. Les commentaires sont une preuve de plus (s’il en fallait encore…) d’un solide système patriarcal. J’imaginais des gars dans leurs costards chics et te prenant bien de haut quand je les lis 😉

    Je ne sais pas dans les pays voisins mais en Belgique, ces questions sur la vie privée ne se posent pas en entretien d’embauche (ne se pose pas tout en fait). Alors oui, c’est facile à écrire mais notre utérus, notre vie, notre problème ! Qu’on enfante ou non. Parce penser qu’un employeur donnerait un mi-temps à une mère de famille parce qu’elle en aurait plus besoin, gloups, ça passe mal, en effet. Alors ça vaut ce que ça vaut, mais si vous tombez sur en employeur bien naze, il y a toujours l’IEFH https://igvm-iefh.belgium.be/fr/activites/discrimination/grossesse

    Par contre, le site d’où vient l’étude, très intéressant. Et allez, pour le « fun », en Suisse, le papa n’avait droit qu’à un jour, voire deux, de congé paternité. Heureusement, ça bouge (lentement…très lentement) puisqu’une loi est passée, il aura droit à 2 semaines 🙂

  8. Ici c’est une question illégale, nous n’avons pas le droit de la poser. Le fait que les pères sont plus nombreux qu’ailleurs à prendre le congé parental joue certainement aussi dans les mentalités. Quand mon conjoint a été recruté dans son entreprise actuelle (ils sont venus le chercher donc il était en position « de force »), il a précisé dès le premier entretien qu’il s’etait engagé à prendre trois mois de congé parental (ma fille venait juste de naître). Ils en ont discuté, en ont conclu que ça allait tomber pendant une période creuse pour eux et ils ont signé 🙂

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