Working Mum

J’ai visité les bâtiments Pixar: pourquoi les entreprises américaines me vendent du rêve

J’ai eu la chance de pousser la porte du très secret quartier central de Pixar à Emeryville récemment. L’objet de ma visite: la promotion de Toy Story 4. Je suis sortie de là, impatiente de faire découvrir le film à Ezra. Il s’agira de sa première virée au cinéma. Mais j’ai surtout quitté le building en me disant que quand même, l’Amérique avait une culture de l’entreprise épatante. Je n’ai qu’une envie depuis: trouver un moyen de bosser un jour dans ce type d’entreprise. Voici tout ce que j’ai repéré et tout ce que j’ai aimé.

Bâtiment Steve Jobs de Pixar à Emeryville
Le bâtiment principal de l’entreprise Pixar à Emeryville.

Quitter son bureau est encouragé

Le bâtiment chez Pixar porte le nom de Steve Jobs. Jobs avait une idée très précise de l’architecture idéale d’une entreprise efficace. Pour lui, la conception du bâtiment doit encourager la collaboration. Chez Pixar, tout est conçu pour que les employés ne restent pas cloisonnés dans leurs bureaux, qu’ils ont pu décorer à leurs goûts et dans l’excès si l’envie y était. L’idée est qu’ils ne se contentent pas d’échanger avec leurs collègues travaillant dans la même discipline. Il y a des baies vitrées partout pour qu’on puisse se croiser du regard et s’interpeller, des espaces de réunion ouverts, un atrium central gigantesque où on mange et où on relève son courrier.

Wood et Buzz en Lego chez Pixar
Woody et Buzz en Lego vous accueillent dans l’entrée chez Pixar.

Steve Jobs voulait que l’espace central ressemble au Musée d’Orsay à Paris . Brad Bird, réalisateur de « The Incredibles » et « Ratatouille », confiait il y a quelques années: « On aurait pu penser que l’atrium était un gaspillage d’espace mais Steve a réalisé que lorsque les gens se croisent, lorsqu’ils se croisent du regard, les choses arrivent. » Les experts de la technique ont ainsi l’occasion de discuter avec les créatifs de façon informelle et cet échange d’idées permet de faire avancer les choses bien plus vite qu’une réunion formelle. Chez Pixar, les employés sont encouragés à quitter leurs bureaux alors qu’en Belgique, dès que tu te lèves de ta chaise, on se demande ce que tu fais et on chronomètre ton absence. Autre mentalité, n’est-ce pas?

Voitures du film Cars chez Pixar
De l’autre côté de Buzz et Woody dans l’entrée, quelques héros du dessin animé Cars.

La réussite est collective ou ne l’est pas

Ce qui m’a marquée, c’est l’esprit résolument positif et solidaire qui régnait dans les couloirs. On se serait cru dans une publicité Ricoré. Les gens étaient souriants, positifs et ici, la réussite naît de la collaboration. Un individualiste ne trouverait pas sa place chez Pixar. La chose m’a été confirmée lors de mes interviews avec le réalisateur et le producteur de Toy Story 4; Josh Cooley et Mark Nielsen. Ils n’ont eu de cesse de louer les idées et le talent de leurs camarades. Ici, on ne tire pas la couverture à soi. La réussite est collective ou ne l’est pas. C’est beau. Là encore, on ferait bien d’en prendre de la graine en Belgique…

Employés faisant une réunion chez Pixar
Il est 20 heures, réunion chez Pixar. Comme dans les films.

J’ai observé pendant de longues minutes une réunion de travail organisée tardivement dans le hall d’accueil. Il était 20 heures, une petite dizaine de personnes travaillaient sur un projet commun en mangeant des sushis. Comme dans les films… L’employé américain ne compte pas ses heures et sa dévotion mais l’entreprise fait en sorte que les longues journées de travail ne se fassent pas dans la douleur.

Piscine et palmiers
Il y a une piscine olympique à l’extérieur.

Tout pour se sentir comme à la maison

C’est du donnant-donnant et ceux qui n’ont pas l’âme carriériste peuvent passer leur chemin: pour que l’employé reste motivé et n’hésite pas à faire passer sa vie professionnelle avant tout, on fait en sorte qu’il se sente au travail comme à la maison. Le travailleur n’est donc pas obligé de rester dans son bureau: il y a plein de petites alcôves agréables pour s’isoler. On y trouve des petits canapés, une table basse et on a évidemment accès au wifi partout… L’espace de travail n’est pas figé.

Hall d'accueil de Pixar avec une salle de ping-pong
Dans le hall, une table de ping-pong.

Terrain de basket, salle de fitness, piscine et potager bio

Un petit coup de mou? L’employé peut faire usage de la piscine extérieure, mettre quelques paniers sur le terrain de basket ou discuter de l’avancée d’un projet en affrontant son collègue au beach-volley. Il y a aussi une salle de fitness sur place. C’est malin: en offrant aux employés de quoi se maintenir en forme, Pixar les garde dans son royaume. Il leur permet également de se divertir avec, par exemple, une table de ping-pong dans l’entrée. Les idées fusent quand on est détendus, c’est bien connu. Il y a aussi un amphithéâtre en plein air de 600 places et un potager bio utilisé par les chefs cuistos de Pixar.

Les Oscars reçus par Pixar
Les Oscars reçus par Pixar sont alignés dans une vitrine dans l’entrée.

En trottinette électrique dans les couloirs

Les bâtiments de Pixar sont tellement grands que des trottinettes électriques sont mises à disposition des travailleurs pour s’y déplacer. J’ai croisé quelques artistes sur deux roues dans les couloirs. C’est fun et pratique. Chez Google, dans la Silicon Valley, des vélos colorés permettent aux gens qui y travaillent de passer d’un building à l’autre.

Cafétaria Pixar
Dans l’atrium central, la cafétaria.

Les employés mangent bien et… gratuitement!

Chez Pixar, comme chez Google ou Facebook, les employés mangent gratuitement. Et je vous jure que le menu, c’est autre chose qu’un Sodexo. Il y a du choix: à côté des traditionnels hamburgers et pavés de saumon, il y a un bar à céréales, un four à pizza et un bar à burrito. On sait également que les bonnes idées ne sont pas rares à éclore autour d’un bon repas, l’échange entre collègues est donc stimulé par le cadre de la cafétaria qui est chaleureuse et lumineuse.

Autre détail qui a son importance: chez Pixar, on célèbre sa réussite. Bon évidemment, ils ont de quoi faire… Dans l’entrée, Woody et Buzz l’éclair en Lego accueillent les visiteurs; de l’autre côté, les Oscars reçus pour les créations Pixar s’alignent… Partout dans le building, il y a des rappels permanents de l’importance que Pixar a dans la vie des gens. Les personnages connus de tous apparaissent au détour d’un couloir ou sont dessinés sur les murs. L’employé ne perd jamais son objectif de vue.

Hall d'accueil chez Pixar avec Cars
Vue du premier étage du bâtiment principal.

Des bâtiments interdits au grand public

Les bâtiments Pixar ne sont pas accessibles au grand public. Malgré toute la croyance portée en l’être humain, on le sait: les vols d’idées peuvent arriver. Pixar protège donc son travail comme il peut. Vous ne pousserez la porte de la société d’Emeryville que si vous connaissez un employé et que vous avez été invité formellement à visiter le building. J’espère donc vous avoir donné un bon aperçu de la chose… Ca donne envie, non?

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(3 commentaires)

  1. C’est clair, ça donne envie! En même temps je pense que c’est spécifique à la Californie et au type d’entreprise (Google, Pixar, etc). Ici en Floride, c’est plutôt l’inverse: les gens qui travaillent sont hyper à cheval sur les heures (je les pensais bosseurs, en fait ils sont peu motivés), souvent pas très efficaces… En même temps, je perçois les USA comme un semi-continent avec une multitude d’états et donc des cultures et valeurs différentes. J’ai cessé depuis mon arrivée de concevoir les USA comme un seul pays et comparable à la Belgique. Il faut plutôt comparer à l’Europe avec tout ce que cela implique de différences… Bref, Pixar fait rêver mais même au niveau mondial c’est une entreprise assez unique. J’ai eu le même sentiment en visitant les bureaux de Innocent Drinks à Londres (sans piscine ;)! xoxo

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