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Californie

Les questions étranges des parents américains

Quand ils déposent leurs enfants à ce qu’on appelle communément ici un « playdate », les parents américains ont des interrogations bien différentes des nôtres.

Quelles questions posez-vous aux parents chez qui vous déposez votre enfant le temps d’une petite fête d’anniversaire ou d’une soirée pyjama? Je pense que de mon côté, ça se résumerait à: « A quelle heure dois-je venir le chercher? » Je donnerais mon numéro de téléphone en cas de problème et je dirais à Ezra de bien s’amuser, d’être sage et de bien écouter les parents du petit copain ou de la petite copine chez qui il se trouve. Je suis peut-être trop détendue…

Je suis tombée sur plusieurs articles de presse US qui listaient les questions à poser absolument avant de laisser son enfant s’éclater ailleurs que sous notre toit. Certaines sont hallucinantes. Petit florilège…

« Avez-vous une piscine et les enfants y ont-ils accès? »

C’est sûr que ce n’est pas le genre de questions qu’on pense poser lorsqu’on dépose son môme à Berchem-Saint-Agathe pour une petite sauterie. Dans notre pluvieuse Belgique, les piscines privées sont rares. En Californie, par contre… Un pédiatre installé à Orange County alerte dans le Huffington Post américain: « Si les enfants ont un accès à la piscine, soyez sûr qu’il y a des adultes pour la surveiller. Même si les enfants sont tous de bons nageurs. »

Les noyades sont l’une des causes de décès les plus fréquentes chez les enfants. Un autre médecin précise: « Quand on s’entend répondre ‘non mais ça ira, on est tous là’, c’est exactement comme ça que les accidents arrivent. » Parce que oui, tout le monde est là mais personne ne fait particulièrement attention à ceux qui batifolent dans l’eau. Il faut que les responsabilités de chacun soient précisément établies.

« Quelqu’un sous votre toit est-il malade en ce moment? »

Ca ne me viendrait pas à l’idée d’empêcher Ezra d’aller chez un copain si le frère du copain en question a un gros rhume. Mais nous ne sommes pas sur le même pied d’égalité au niveau du système de santé… En Belgique, la mutuelle et les assurances santé prennent en charge nos frais médicaux. On va chez le médecin presque sans réfléchir. Aux Etats-Unis, vu le prix des soins de santé et le coût exhorbitant des assurances médicales, on réfléchit à deux fois avant de consulter un médecin. Les Américains évitent donc au maximum les germes et les microbes de ceux qui les entourent.

« Quelles sont vos règles au sujet des écrans? »

Une question qu’il serait bon de poser en Belgique aussi. Parce que si c’est pour déposer notre enfant à un anniversaire et apprendre qu’il a en fait passé toute l’après-midi devant la télé, quel est l’intéret? Les Américains s’interrogent aussi sur la supervisation parentale. Regarder un dessin animé, pourquoi pas? Mater YouTube pendant des heures sans surveillance, no way. Il s’agit de trouver un terrain d’entente entre vos habitudes et vos règles au sujet des écrans et celles de la maison où va jouer votre progéniture.

« Avez-vous un trampoline? »

Je n’y avais jamais pensé. Mais depuis mon passage à Get Air à Palm Desert, le genre d’endroit très à la mode où faire du trampoline en famille, je peux comprendre la crainte de certains parents. Sans faire particulièrement l’imbécile, je suis mal retombée sur un des trampolines. J’ai eu une vive douleur au coccyx pendant des semaines. J’étais incapable de m’asseoir correctement ou de faire du vélo. Ce qui est problématique vu que c’est notre moyen de transports principal.

« Y a-t-il des armes chez vous? »

Là encore, c’est une question que les Belges ne se posent pas. Aux Etats-Unis, elle est incontournable. Ou en tout cas, elle devrait l’être selon de nombreux pédiatres… Armes et enfants ne font pas bon ménage. Pour le médecin Mark Del Beccaro, qui travaille à l’hôpital des enfants de Seattle et qui se confie au Huffington Post, s’interroger au sujet des armes à feu, c’est aussi important que s’interroger sur la sécurité d’un enfant dans une voiture.

Sur le site américain Scary Mommy, une maman écrit: « Je ne veux pas que mon enfant devienne une statistique juste parce que j’ai eu peur de poser une simple question: Avez-vous des armes chez vous? » Les enfants ont une curiosité naturelle qui peut les mettre en danger. « Même s’ils ne savent pas où sont cachées les armes, ils les trouveront aussi certainement qu’ils savent que vous êtes en train de manger des chips en cachette à l’autre bout de la maison. » C’est vrai que dit comme ça…

Et les autres…

Parmi les autres questions que les parents américains se posent, il y a « avez-vous un animal et aime-t-il les enfants? » (attendez, je vais lui demander…), « les enfants seront-ils seuls à un moment dans la journée? » et (surtout en cas d’allergie alimentaire) « les enfants seront-ils sous surveillance lorsqu’ils mangent? ». Personnellement, si j’étais amenée à déposer Ezra dans une famille que je ne connais pas, je préciserais peut-être à mon hôte que mon enfant ne boit que de l’eau, au vu des litres de Coca qu’ils boivent aux Etats-Unis dès le plus jeune âge… Chacun ses préoccupations, n’est-ce pas?

La conversation à avoir avec l’enfant avant d’aller jouer

Le site Modernmom va plus loin en expliquant qu’avant de déposer votre enfant chez ses copains, il faut aussi avoir une conversation avec lui. Lui expliquer que son corps lui appartient, que personne ne doit lui toucher ses parties intimes et qu’il ne doit pas toucher les parties intimes de quelqu’un, qu’il ne doit pas se déshabiller, que personne ne doit l’obliger à garder un secret qui le met mal à l’aise. Je trouve ça légèrement alarmiste.

Même si je comprends l’inquiétude, ce sont des choses que j’ai envie de dire à mon enfant « dans l’absolu », pour qu’il connaisse les règles, mais pas forcément avant d’avoir un rendez-vous chez un copain. J’ai envie de croire qu’on peut faire confiance aux parents des enfants qui sont en classe avec le nôtre… Parce que lui rabâcher ça avant d’aller jouer, même si les règles de sécurité sont importantes, est-ce que ce n’est pas finalement l’inquiéter trop tôt, trop vite et le rendre méfiants de tous? Qu’en pensez-vous?

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(9 commentaires)

  1. Wah, c’est sacrément costaud toutes ces questions ! Et le petit discours avant de confier son enfant me parait, à moi aussi, alarmiste. Il est important que l’enfant le sache mais rabâcher cela avant qu’il n’aille jouer… C’est un peu beaucoup non?

  2. Je trouve aussi que c’est assez alarmiste. Mes deux aînés sont déjà allés souvent jouer voire dormir chez des amis et on a assez souvent des petits copains et des petites copines qui viennent jouer ou dormir à la maison. Les seules questions que je pose sont sur les allergies alimentaires et quand l’enfant dort chez nous, s’il faut faire attention à quelque chose en particulier. En même temps, personne n’a de piscine ici. 😉

  3. Bizarrement, ces questions ne me choquent pas, je les trouve même très censées. Si j’habitais aux Etats-Unis, j’aurais les mêmes inquiétudes concernant les armes à feu et crois-moi que je n’attendrais pas d’être sur le paillasson pour poser la question. Pareil pour les piscines. Pour ce qui est des maladies, évidemment, cela peut sembler saugrenu pour un Français ou un Belge mais sachant comment fonctionne le système de santé américain, je comprends tout à fait que les parents s’interrogent avant de mettre en contact leur enfant avec d’autres. Bref, moi je valide (idem pour les écrans !)

    1. Dans l’absolu, bon, je peux comprendre l’inquiétude. Mais si j’autorise Ezra à aller jouer ailleurs, c’est parce que je me sens en confiance à priori. Donc je suis pas sûre que je poserais toutes ces questions. Mais c’est vrai que je n’ai jamais été amenée à le déposer chez qq1 qui avait une piscine. 😀

  4. Pour la première playdate de mon fils, certains m’avaient tellement alarmé que j’ai mis un ‘disclaimer’ dans l’invitation…. genre ‘on s’occupera au mieux de votre enfant mais ce sont des enfants et ils jouent, tombent et se font parfois mal, c’est la vie!’.

  5. C’est vrai que c’est assez inattendu mais finalement quand tu expliques le contexte elles paraissent toutes censées ! Celle qui concerne le système de santé me rappelle à quel point nous sommes chanceux ici… On a parfois tendance à l’oublier, n’est ce pas 😉

  6. Amusant encore une fois 🙂
    Nous avions eu aussi la visite d’une maman furieuse parce que son fils avait été, chez nous, confronté à la présence d’une arme! En fait, il s’agissait simplement d’un jouet représentant le pistolet de Jack Sparrow 🙂
    Très mal imité, fait d’un gros plastique dur et avec un gros bouchon rouge fluo au bout du canon! Bref…

    Il y avait eu aussi la question de savoir si nous étions Catholiques et pratiquants.
    En cas de réponse négative, il n’était pas question que son enfant soit autorisé à avoir un sleep over chez nous.

    Bah, ca surprend au début, mais bon, on s’adapte lol

  7. « Le site Modernmom va plus loin en expliquant qu’avant de déposer votre enfant chez ses copains, il faut aussi avoir une conversation avec lui. Lui expliquer que son corps lui appartient, que personne ne doit lui toucher ses parties intimes et qu’il ne doit pas toucher les parties intimes de quelqu’un, qu’il ne doit pas se déshabiller, que personne ne doit l’obliger à garder un secret qui le met mal à l’aise. Je trouve ça légèrement alarmiste. »

    Si cela vous paraît alarmiste, c’est que vous ne connaissez pas les statistiques des agressions sexuelle sur les enfants, ni les conséquences destructrices de ces actes. C’est un vrai problème de santé publique, sur lequel repose un tabou intolérable. Avoir cette conversation qui protègera votre enfant a minima, peut sauver sa santé mentale. Qu’est-ce que cela vous coûte…? Vous n’aurez pas à le faire à chaque fois. Les agresseurs sont dans l’impunité totale, et une fois que le mal est fait, c’est trop tard.
    Vous vous brossez bien les dents tous les soirs contre les caries en prévention, et l’enjeu n’est pas aussi grave…
    Merci pour eux !

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