L'école buissonnière d'Ezra

Plus grand et plus exotique que le jardin de la crèche: le Joshua Tree

Ezra a deux ans, un âge à la fois génial et éreintant. Il n’aime rien tant qu’être sale, courir plus vite que le lui permettent ses petites jambes, grimper sur ce qu’il est possible d’escalader et ramasser des cailloux. Depuis quelques semaines, on est à la recherche de grands espaces. Des endroits où il peut crier, jouer, libérer ses frustrations, sa joie et sa nervosité sans ennuyer personne. Depuis notre arrivée, on lui a fait voir déjà deux fois le parc du Joshua Tree, à cinquante minutes de chez nous. C’est un peu plus grand et nettement plus exotique que le jardin de la crèche qu’il fréquentait encore il y a quelques mois…

Ce parc est celui qui donne son nom à l’album qui a permis au groupe U2 d’entrer dans l’histoire. « The Joshua Tree » rassemble les titres « Where the streets have no name », « I still haven’t found what I’m looking for » ou encore « With or without you ». Gros dossier donc. En l’occurence, Ezra s’en fout. Le Joshua Tree Park a deux visages. Deux différents écosystèmes de désert s’y rejoignent: celui du Colorado et celui des Mojaves. C’est dans cette dernière partie que le fameux Joshua Tree grandit. Son nom a une évidente connotation religieuse: des mormons qui traversaient le désert ont cru voir Josué, bras tendus, leur désignant la Terre promise. C’est vrai que leur look est étonnant. De là à voir un prophète…

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Pour faire le parc avec des enfants, je vous conseille de bien choisir le moment. C’est le désert, il fait chaud dès 10 heures. N’y allez pas l’été. En novembre et décembre, le soleil est assez présent pour faire kiffer les adultes qui savent qu’au même moment, il fait dégueulasse en Europe, mais ne tape pas trop fort pour être supportable des enfants. Prenez de l’eau, des lunettes de soleil, une voiture avec la clim’ et des chaussures de marche. On ne va pas se mentir: on n’était pas équipé pour la rando. On a tenté le Barker Dam, long de 2,5 kilomètres. Ezra a adoré la promenade: il y avait des grosses pierres à escalader, plein de cachettes pour s’abriter, des cailloux à récolter et à mettre dans la poche de maman. Je regrette de ne pas avoir investi dans un porte-bébé de randonnée. Ca aurait été sympa de l’avoir sur mon dos au lieu de plier sous son poids mal équilibré quand il a décidé de finir la marche dans mes bras.

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On a fait un stop à Key View, qui offre une vue absolument dingue sur la vallée de Coachella. L’occasion encore une fois de constater que les enfants ne voient et ne profitent pas des mêmes choses que nous. Tandis qu’on s’émerveillait de l’horizon insondable, Ezra rigolait en regardant les dizaines de bébés écureils qui jouaient à cache-à-cache dans les buissons.

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Adultes comme enfants, prudence dans le joli Cholla Cactus Garden. Un sentier permet une traversée a priori sécuritaire mais on ne baisse pas sa garde, surtout avec des plus jeunes. Les petites boules piquantes se détachent très facilement de leur base et se logent dans la peau avec une violence déconcertante. J’ai entendu une jeune femme hurler de douleur tandis que ses proches tentaient de lui ôter les épines agressives du bras. Lors de notre première visite, je n’ai pas avancé bien loin, Ezra voulait jouer dans le sable avec ses petites voitures. On s’est assis dans un rayon de soleil de fin de journée et je l’ai laissé profiter. La seconde fois, on a fait le tour. Il marchait en équilibre sur les bordures naturellement composées de cailloux. Je lui tenais fermement la main et je regardais où il mettait les pieds. Malgré ma vigilance, je n’ai pas vu la boule de cactus s’enfoncer dans la semelle de sa basket. Il s’est mis à clopiner en me signalant le problème: « Piiiiique ». Je m’y suis résolue depuis: mon fils ne sera pas fakir… Heureusement, j’avais une paire de chaussures de rechange et la voiture était à deux pas (qu’il a fait dans mes bras, encore une fois).

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Pour finir en douceur, on s’est promené à l’ombre des énormes palmiers du Cottonwood Spring. Une petite balade de fin d’après-midi. La lumière commençait à s’atténuer doucement, Ezra avait enfin ralenti la cadence. De dos, je le voyais faiblir. Il était bon pour une sieste ou en tout cas un câlin. Alors on s’est assis par terre, il a dégainé son mini-pick-up pour mettre du sable dans le coffre et j’ai regardé les petits lézards lézarder. On a profité du temps clément: de celui qui donne ses couleurs au ciel et de celui qui nous presse d’habitude.

Je suis heureuse de lui permettre de prendre le temps. De ne pas le bousculer. De ne pas devoir l’emmitoufler: il est libre de ses mouvements et sa peau, protégée évidemment, connaît la sensation du rayon de soleil qui réchauffe juste ce qu’il faut. On mange quand on a faim, assis dans la poussière; il dort généralement sur les routes du retour, peu importe l’endroit d’où l’on vient, d’un sommeil lourd qui fait ouvrir la bouche et lâcher le doudou. J’espère que je lui infuse une sorte de tranquilité d’esprit qui imprégnera son caractère à vie… En tout cas, au Joshua Tree, on lui aura appris un truc: il dit très bien le mot « cactus ». Ce qui n’est probablement pas le cas de ses petits copains belges qui ont moins l’habitude d’en voir…

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