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Californie

Les soins de santé en Californie ou comment j’ai consulté un médecin virtuel

Après deux ans en Californie, il fallait bien que ça arrive: j’ai dû prendre deux rendez-vous médicaux, coup sur coup. J’ai donc été confrontée à la réalité des soins de santé en Californie et j’ai pu vérifier certaines choses qu’on m’avait dites, d’autres m’ont surprise. Voici mon expérience.

D’abord, un bref résumé de ma situation médicale. Je vis en Californie mais mon statut professionnel sort un peu de l’ordinaire. Je ne suis pas complètement expatriée au sens propre du terme: je suis toujours domiciliée en Belgique, j’y paie mes cotisations sociales et je continue à payer ma mutuelle pour continuer à bénéficier des soins de santé quand je rentre au pays. Je garde, pour l’instant, quelques habitudes: mes rendez-vous annuels chez le gynéco, le dentiste, etc, je les fais en Belgique.

Parce que les soins de santé en Californie coûtent cher, je suis assurée médicalement ici pour tout ce qui est soins médicaux traditionnels et hospitalisation. En cas de problème, je n’ai pas de soucis à me faire. Je ne suis par contre pas assurée pour les soins dentaires. Ce qui veut dire que je paie le dentiste de ma poche. Et c’est évidemment chez le dentiste, ou plutôt chez l’orthodontiste que j’ai dû me rendre pour ma grande première.

Lisez tous mes articles au sujet de notre expatriation en Californie ici.

Un problème pas grave mais douloureux

J’ai porté un appareil dentaire pendant un an. Je l’ai posé il y a cinq ans et ôté un an plus tard. J’ai un fil de contention à l’arrière de mes dents, en haut et en bas. Un fil en fer, classique, qui permet aux dents réalignées de le rester. Il se fait qu’il s’est légèrement décollé à l’une de ses extrémités et que le petit bout de fer qui dépassait me faisait un mal de chien toute la journée.

En Belgique, pour recoller le fil, je me rends chez l’ortho qui m’a installé l’appareil dentaire. C’est considéré comme un rendez-vous en urgence, il me trouve une place dans la journée, ou au pire le lendemain, et c’est gratuit. Ça prend 10 minutes. Je ne savais pas à quoi m’attendre ici, j’ai donc passé quelques coups de fil afin d’avoir une idée des prix pratiqués en Californie pour ces soins de santé spécifiques. Pour trouver un orthodontiste dans mon coin, j’ai consulté le bottin des années 2000: Google.

Premier prix : 1000 dollars pour 10 minutes de soin

Comme c’est désormais le cas pour les médecins en Belgique, les praticiens américains sont cotés par leurs patients, comme les restaurants par leurs clients sur TripAdvisor ou sur Yelp. J’ai appelé un premier cabinet d’ortho. J’ai expliqué mon problème par téléphone et lui ai demandé un devis pour la réparation. Prix annoncé: 1000 dollars. Pour un point de colle. J’ai failli m’étouffer. On ne m’avait donc pas menti sur les prix pratiqués pour les soins de santé en Californie.

Soins de santé aux USA

De 1000 dollars à 0

J’ai appelé un autre cabinet. Mêmes explications mais prix tout à fait différent: « Si c’est juste un point de colle, on vous le fera gratuitement. Si ça demande un peu de travail, ça fera 100 dollars. S’il faut changer tout le fil, comptez 250 dollars. » Je n’ai pas cherché plus loin, c’est là que je suis allée. Sur place, il y avait une salle d’attente traditionnelle avec café offert et grande télévision criarde et une autre, pour les enfants: la salle à iPad. Des tabourets étaient installés devant les écrans et étaient accessibles aux gamins. L’iPad est, aux USA, la baby-sitter préférée des parents.

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Une salle d’attente avec iPad pour les enfants

J’ai été reçue dans une grande salle avec une dizaine de chaises de dentiste. À chaque chaise, son orthodontiste. On se serait cru à l’usine. Il n’y avait aucune séparation entre les patients, j’ai trouvé ce manque d’intimité très surprenant, eux qui sont si pudiques. Mais le job, qui a duré 10 minutes comme je le pensais, a été bien fait et mon ortho ne m’a rien fait payer. J’ai eu envie de l’embrasser. J’ai en tout cas appris qu’ici, comme on me l’avait dit, la médecine, c’est du business. Financièrement, tu peux passer du simple au double selon l’endroit où tu vas et le médecin qui te reçoit.

Quelques jours plus tard, mon fils est tombé malade. Fièvre, toux soudaine, intense mal de gorge… Après 48 heures sans amélioration de son état malgré mes tentatives, je me suis dit qu’il serait peut-être bon de consulter un médecin. Je ne suis pas du genre à encombrer les urgences, je ne me rends pas chez le docteur dès le premier refroidissement. J’ai la chance d’avoir un enfant résistant, en quatre ans il n’avait jamais fait de fièvre. Ça aide!

Allo, docteur?

Les quelques fois où je me suis rendue chez le pédiatre en Belgique, je me suis entendue répondre: « C’est viral madame, il faut attendre que ça passe, ça fera 50 euros. » Du coup, j’attends souvent que ça passe en tentant de diminuer l’inconfort. Sur ce coup-là, vu que ça ne passait pas, j’ai cherché un pédiatre. Je me suis fiée aux avis, encore une fois, et j’ai découvert qu’ils étaient peu nombreux à accepter de nouveaux patients. Par contre, je n’avais aucune idée des prix pratiqués. Je me disais que ça risquait, là encore, d’être facturé au prix fort.

Je me suis rabattue sur un médecin virtuel. Ou plutôt un vrai médecin consultable par téléphone ou appel vidéo. Les plateformes qui proposent ce service sont nombreuses aux États-Unis. J’ai opté pour Drsays.com. On s’inscrit, on fixe un rendez-vous, on paie la consultation au petit prix de 35 dollars et le médecin nous appelle à l’heure prévue. J’ai discuté avec un médecin basé… au Texas. Je lui ai expliqué de quoi souffrait mon fils, elle n’a pas demandé à le voir en vidéo, elle n’a pas demandé à vérifier sa date de naissance que j’avais légèrement falsifiée à trois semaines près pour bénéficier du service (cette plateforme-là ne prenait que les enfants à partir de 4 ans et Ezra aura 4 ans en décembre) et elle m’a prescrit… des antibiotiques à large spectre.

Des antibiotiques sous le bras

Une étude réalisée sur 19 millions de personnes aux États-Unis démontrait récemment qu’un quart des antibiotiques était prescrit de manière « inappropriée » et n’avait donc aucune utilité. Ça ne semble pas arrêter les médecins. Quand j’ai raccroché, le médecin m’avait déjà envoyé un justificatif pour l’école et la prescription de médicaments avait directement été transmise à la pharmacie de mon quartier que j’avais indiquée comme étant ma préférée. Incroyable!

Le service existe également en France. Ce n’est pas que pour les soins de santé en Californie. Les plateformes s’appellent Livi, HelloCare ou encore MédecinsDirects et les médecins ainsi consultés délivrent des ordonnances valables dans toute l’Union Européenne. Je trouve ça assez génial lorsqu’on est en vacances dans un pays dont on ne connaît pas la langue et qu’on a besoin d’un médicament spécifique. C’est toujours mieux aussi de se faire conseiller par un professionnel de la santé au lieu de chercher des réponses sur Doctissimo.

Les plateformes virtuelles expliquent qu’elles existent notamment pour désengorger les urgences. Vu que beaucoup s’y rendent pour un oui ou pour un non, ce n’est pas une mauvaise idée. Gros plus: elles sont accessibles 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Après, je reste quand même surprise par l’absence de toucher. Où est le bon vieux médecin de famille qui écoute le coeur, qui nous fait inspirer et souffler bien fort, qui appuie sur notre langue avec un bâtonnet pour voir le fond de notre gorge et qui prend notre tension?

Dans ce cas-ci, j’aurais aimé qu’on fasse un test permettant d’identifier si le problème était bactérien ou non avant de lui filer des antibiotiques. Mais on ne peut pas tout avoir.

Pourquoi je ne trouve pas de pédiatre

En ressortant de la pharmacie avec mes antibiotiques, j’ai poussé une pointe jusqu’au centre d’urgence situé à côté. Je suis allée leur demander une liste de pédiatres. J’ai expliqué que j’avais du mal à en trouver. Je me suis entendue répondre que Palm Springs était plutôt « une ville d’adultes », ce qui expliquait le peu de médecins dédiés aux enfants. Je me demande encore ce qu’il entendait par là. Des restos, des lieux de vacances, des mariages, des soirées sans enfants, d’accord… Mais existe-t-il vraiment des villes « pour adultes »?

Il m’a cependant indiqué que si j’avais un souci avec Ezra, je pouvais venir « en urgence » chez eux mais j’ai remarqué que c’était des urgences qui ouvraient seulement en journée et fermaient à 19 heures. Avant de partir, il m’a remis la liste de prix des services proposés. La consultation de base y est facturée 130 dollars, l’intermédiaire est à 160 et ça grimpe jusqu’à 270. Être malade oui, mais avec une carte visa dans la poche quand même…

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(5 commentaires)

  1. Bien dis donc… Comme tu dis faut une carte visa dans la poche… Perso un tel système de santé m’angoisserait..
    Mo’ homeo aussi parfois me dit quoi prendre par tel mais accpagné d’un « si dans x temps ça ne va pas mieux, tu viens ».

    En tous cas contente que tu aies trouvé des solutions à moindre coût !

  2. Wah… C’est assez incroyable quand meme… Ca met une claque ! On ne se rend pas compte de la chance qu’on a quand on est en France avec notre système de santé actuel. Les prix ça me fait bondir ! Comme tu le dis, tu peux etre malade mais t’as intérêt à avoir le chéquier dans la poche…

  3. Ouais… quand on lit ou qu’on s’informe (et pas seulement sur la toile) on sait que là-bas c’est un peu, comment dire, spécial, mais bon, chacun voit midi à sa porte disait m’an. 🙂
    La médecine a-t-elle tendance à se  »robotiser »?, d’après ce que tu nous contes ça en a l’air ; et des salles d’attente avec iPad…bon sang sont déjà pas assez scotchés sur ces machins les gamins. Enfin soit.
    Oui chez nous Bénéluxiens on est gâtés côté « service dispo » c’est vrai. Quoique certains généralistes ne se rendent plus chez le particulier (ou mettent un répondeur je ne suis pas accessible), et tant pis si t’es pas valide/valide.
    Autre chose question pognon. Oui nous sommes soignés – à prix coûtant on va dire –, mais c’est parfois loin d’être abordable question chirurgie, j’insiste sur le terme, et j’ignore absolument si, au cas où tu n’as pas de blé, ou que tu n’es pas  »solvable » disons, on t’accueillera à l’hosto.
    Merci pour ton témoignage.

    1. On lui a donné jeudi soir alors qu’il était complètement aphone et qu’il pleurait de douleurs en toussant. Vendredi matin, il était mille fois mieux, on a été marcher derrière les lettres Hollywood. Balade de 3 heures!! Donc oui clairement très efficace!

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