Grossesse + Accouchement

(Ne pas) avoir de vergetures sur le corps ne fait pas de nous des mères moins légitimes

C’est l’été et comme chaque année, la pression est là. C’est le moment où on va devoir se désaper, s’épiler, s’afficher en petite tenue pour supporter la chaleur et supporter aussi les regards des autres sur ce corps qui ne satisfait jamais à nos envies depuis qu’on est devenues mères. On pousse les femmes à s’accepter telles qu’elles sont. Les shootings qui nous montrent les corps des mères tels qu’ils sont « réellement » fleurissent un peu partout: les vergetures s’affichent fièrement, on montre la peau flasque, le ventre mou et confortable, la cellulite sur les cuisses trop charnues. C’est la vie et c’est génial. Stop au body-shaming. Mais vous savez quoi? Ça marche aussi dans l’autre sens.

Les mamans qui ont eu la chance d’être épargnées par les aléas de leur grossesse, celles qui ont eu la peau ferme avant, pendant et qui l’ont toujours après, celles qui retrouvent leur corps d’avant, leur poids initial en un clin d’oeil, celles qui trouvent le temps et l’envie de se remettre au sport dans les semaines qui suivent leur accouchement…

Instagram post by @tinakunakey * Jul 5, 2019 at 1:04pm UTC

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On les a longtemps enviées et maintenant qu’elles sont mères, on les accuse de frimer avec leur corps parfait, on les engueule presque parce qu’elles ont cédé à « la pression », qu’elles ont délaissé leur bébé pour s’occuper d’elles, ces égoïstes.

Be proud of your body 🙏🏻 #1weekpostpartum

223.6k Likes, 2,524 Comments – Caroline Receveur (@carolinereceveur) on Instagram: « Be proud of your body 🙏🏻 #1weekpostpartum »

Parce qu’après un accouchement, aucune mère n’a, on le sait, ne serait-ce le temps de prendre une douche… Alors, le sport, vous pensez bien que c’est impossible… Celles qui font du sport le font juste pour énerver les autres, c’est bien connu!

Et si on arrêtait de se critiquer les unes les autres? Et si on acceptait l’idée que celles qui se remettent au sport après leur grossesse sont peut-être des sportives de base, que ça leur fait tout simplement du bien de suer sur un tapis de course, que leur corps réclame cette montée d’endorphines, par habitude? Qu’on a toutes des priorités, des bébés et un capital génétique différents? Que certaines ne se débarrasseront jamais des kilos pris pendant leur grossesse malgré leurs efforts alors que d’autres n’auront plus aucun souvenir de leur gros ventre dès leur bébé dans les bras. C’est injuste, mais c’est comme ça.

Je ne fais pas partie de ces corps parfaits mais j’ai vite refait ma taille 38 initiale. Mon ventre n’a pas gardé de séquelles des 13 kilos pris pendant ma grossesse. On ne voyait pas mes abdominaux avant, on ne les voit toujours pas depuis. Je ne suis pas trop mal lotie. Mon corps de mère pourrait être mieux, ça pourrait être pire. Je fais un peu de sport et je mange des frites. Par contre, autant j’adore les mouvements qui prônent la libération de la parole des femmes, des corps, qui rassemblent un groupe d’individus jusque-là stigmatisés, tout ça, autant ça m’exaspère quand ça devient un prétexte pour diviser et critiquer.

Il n’y a pas deux camps opposés, qui s’affrontent l’un contre l’autre. On est toutes dans le même bateau. TOUTES.

J’ai vu Caroline Receveur se faire défoncer sur les réseaux sociaux, les mannequins de Victoria’s Secret s’en prennent plein les dents parce qu’elles retrouvent généralement la ligne en quelques jours après leur accouchement et récemment, c’est Eva Longoria qui posait en bikini avec son bébé dans les bras qu’on taxait de frimeuse et Tina Kunakey, la femme de Vincent Cassel, qu’on jalousait (je vous laisse lire les commentaires des rageux sous la photo dans cet article. Exemple: « Franchement c’est ridicule ce genre de photo quand tu sors d’une grossesse, encore une nana superficielle qui participe au dictat de la mode, un poids chiche à la place du cerveau… » ). On les accuse d’avoir des nounous pour s’occuper de leur bébé, un coach personnel, et de l’argent pour se payer une nutritionniste. Facile du coup pour ces mères-là d’avoir un corps de rêve, n’est-ce pas? Dois-je vous rappeler qu’elles avaient un corps de rêve AVANT aussi? Elles étaient déjà toutes clairement « jalousables » avant leur grossesse… Ce n’est pas pour rien qu’elles sont mannequins, actrices, égéries L’Oréal, etc.

Bikinis and Babies, these are a few of my favorite things! #nationalbikiniday 👙

397k Likes, 1,357 Comments – Eva Longoria Baston (@evalongoria) on Instagram: « Bikinis and Babies, these are a few of my favorite things! #nationalbikiniday 👙 »

Et excusez-moi, mais en toute honnêteté, si j’avais un compte en banque aussi bien garni, je le ferais aussi. Je m’accorderais des moments de répits, je prendrais une babysit pour aller me faire masser une heure et je profiterais de la sieste de mon marmot pour aller faire quelques longueurs dans ma piscine à domicile. Vous pas, peut-être?

Ces filles « parfaites » ne sont pas l’exemple à suivre. En entretenant leur corps de la sorte, ces mères n’obligent personne à faire pareil. Les filles « moins parfaites » ne sont pas non plus la normalité. Il y a juste le corps qu’on a, c’est tout. Si on n’a pas de vergetures sur le ventre ni 10 kilos en trop post-grossesse, on n’en est pas moins une mère légitime. L’inverse est vrai aussi.

Foutons-nous la paix. Arrêtons de jalouser, de juger, de mater les copines.

D’en vouloir à celle qui fait plus d’effort que nous qui mangeons des chips devant Netflix. De dire à celles qui n’arrivent pas à perdre le poids pris pendant la grossesse de se « reprendre en mains ».

Qu’est-ce qu’on sait des combats intérieurs et des complexes des autres? Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on a le corps qu’on a et que l’idée est de l’accepter TEL QU’IL EST. Qu’on soit mince, grosse ou entre les deux. Qu’on ait la peau ferme ou des petites vagues sur les cuisses quand on s’assied. La seule chose qui compte, c’est d’être bien dans sa peau, pour soi. Et d’accepter aussi ce qu’on ne peut pas changer. Et puis, d’arrêter d’y penser.

Si vous voulez maigrir, faites-le pour vous et n’accusez pas la société. Parce qu’on fait tous partie de cette société et qu’elle est comme elle est aussi à cause de notre propre comportement. Si chacun opérait un changement à titre personnel, à terme, ça pourrait peut-être changer. Envoyez péter ceux qui ont quelque chose à dire sur votre apparence physique. Arrêtez d’avoir honte de votre corps de mère.

Il y a un an et demi, en été, j’avais acheté un T-shirt en ligne et il dévoilait une partie de mon ventre. Je me trouvais trop grosse pour le porter. Je l’ai oublié dans ma garde-robe. Depuis que je suis retombée dessus cet été, je le porte sans réfléchir et je me trouve même pas mal gaulée dedans. Et pourtant, j’étais un peu plus mince il y a 18 mois qu’aujourd’hui… Parfois, ce n’est pas notre corps qui change mais le regard qu’on porte dessus. Donc faites au mieux selon vos critères du mieux. Soyez indulgentes envers vous-mêmes mais aussi envers les autres.

Le corps qu’on a ne devrait pas être un sujet de discussion. L’idée est qu’il soit fonctionnel et pour ça, il faut qu’on soit en bonne santé. C’est tout ce qui compte.

L’enveloppe, c’est un détail. Et la vie est bien trop courte pour être obsédée par un chiffre sur une balance, d’autant que ce chiffre n’est en rien représentatif de la femme, de l’épouse, de la mère que l’on est. Bref, toutes en maillot!

Sans le savoir, parce que j’ai regardé sa vidéo une fois mon article écrit, je rejoins tout à fait le discours de la blogueuse mode Noholita. Elle n’est pas mère mais on dit la même chose sur l’acceptation des corps: soyons cool, aimons-nous, ne critiquons pas les autres femmes sur leur physique comme on n’aimerait pas être critiquées. Amen.

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(8 commentaires)

  1. Te dire que je suis d’accord avec toi est un euphémisme. Pour certaines, on a l’impression qu’on ne peut être qu’une bonne mère en étant en surpoids, couverte de vergetures, débordée mais évidemment bienveillante (sauf avec les autres mères). Moi non plus je ne supporte plus ces commentaires hargneux qu’on ne retrouve pas seulement sous les photos de mères musclées (croyez-moi, elles avaient un tel capital avant la grossesse qu’elles n’ont même pas eu de sport à faire après pour retrouver leur ligne et moi aussi je me paierais coach et nounou si j’étais pétée de thunes), mais aussi sous la moindre pub de lingerie, où des dizaines de femmes éructent leur haine de la minceur, comme si la minceur était forcément pathologique et obtenue à force de moult privations.
    Il y a eu des progrès dans l’acceptation et la représentations de tous les corps et je m’en réjouis. Mais comme toi je m’interroge sur les dérives en miroir que ça a créé.

  2. AMEN !
    Comme je suis d’accord avec toi. Toutes ces critiques et ces insultes (car des fois il y en a), ça me met tellement mal à l’aise… Pourquoi être aussi jalouses les unes des autres ? Aime toi et cultive l’amour autour de toi. Ça devrait être ça notre devise plutôt que « critique les autres et rabaisse les ».
    C’est d’ailleurs ce qui me désole sur les réseaux sociaux… Il y a tellement de négativité, qu’on se prend de plein fouet… moi qui suis à l’antipode de ça au quotidien, ça me dégoute de lire tant de haine…
    Je suis donc complètement d’accord avec toi ! Soyons en bonne santé et soyons admirative des autres, soutenante avec les autres, et nos lendemains seront meilleurs…

  3. Sââlut les filles. :-))
    Ceci est l’avis, humble, d’un homme (y en a pas bcp ici) 🙂 qui a vécu, donc selon les critères actuel, qui est vioque.
    Dans ma famille, élargie (sic), la majorité des dames était – on va dire : enveloppée – mais soyons un peu plus précis, j’utiliserai le terme  »en chair ». Ça n’a apparemment pas empêché leur mari de les épouser ni de les accepter tells qu’elles étaient. Pas plus que les hommes je ne les ai entendues jacasser sur leurs consoeurs à propos de leur poids, apparence.
    Mais il est vrai que le virtuel, pour y causer, n’existait pas (encore). Elles étaient comme elles étaient. Les fameux critères de poids et de beauté étaient-ils sans importance ? Bien sûr que non ; les hommes regardaient les dames et pensaient ce qu’ils voulaient penser…mais dans leur tête, pas en public. Hypocrites ? Non, puisqu’ils mariaient celle qui allait les accompagner sur le chemin (ardu) de la vie, pour cela ils comptaient surtout sur leurs capacités, sur leur résistance (car elles faisaient tout par elles même – ou presque. Ça c’était ce qu’ils attendaient, et inversement elles escomptaient un compagnon fiable et courageux avant d’être beau et musclé.
    Quand a-t-on ressenti le frémissement du changement des mentalités ? Encore une fois ce fut après la libération et l’arrivée des choses de là bas, outre atlantique. Mais ça a pris du temps pare que les gens avaient d’autres priorités à combler, à commencer par le pouvoir d’achat.

  4. Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, et dans le fond tu as raison ; reste que certaines images publiées par ces femmes là (qui comme tu le rappelle, sont justement des femmes d’image) mettent une pression terrible aux femmes « normales » parce qu’elles imposent l’image de cette perfection qui, si elle est la leur, reste assez rare dans la réalité. Parce que comme tu le dis, pour s’occuper de soi, aussi tôt après un accouchement, il faut des sous, une nounou, une vie que les autres non pas… et laisser croire qu’on peu se remettre aux abdos fessiers 1 semaine après accouchement, c’est dangereux. La faute ne vient pas d’elles, au fond, mais de la société qui avec le succès de ces photos diffuse comme message « regardez c’est possible, faites un effort merde! il faut être belle » – un message auquel beaucoup de femmes ne peuvent pas encore, ou ne pourront jamais, se raccrocher. Cette pression à la perfection, même après une épreuve aussi lourde qu’un accouchement, prouve qu’on ne laisse jamais de répit aux femmes… Mais tu as raison aussi – c’est aussi à nous en tant que femmes de garder ce recul! Ces femmes là, et il faut bien le garder en tête, c’est leur JOB d’être belles! elles y sont aidées, investissent pour ça, peut être même sans en avoir réellement le choix. Ce ne sont pas des femmes lambda, et on serait bien bêtes de se laisser leurrer… ou de leur renvoyer au visage. Sachons garder un peu de perspective sur tout ça – les Kira ou Caroline peuvent bien être aussi belles qu’elles veulent 2 semaines post partum…ça ne m’arrivera jamais, et je m’en fous complètement!

    1. Oui voilà je t’avoue que perso je me suis jamais sentie sous pression en regardant une star… Sinon dans mon boulot je déprimerais grave… mais je sais qu’elles sont payées pr ça, c’est un coiffeur au saut du lit, et un régime en permanence (quel horreur honnêtement). Le truc c est que même elles se font insulter. Donc quand t’es mal foutue c’est bouge tes fesses et quand t’es bien foutue c’est « c’est degueulasse, arrête de frimer ». C’est surtout ça qui me dérange.

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