Un an en Californie Voyage en famille

Qu’est-ce qu’on met dans sa valise quand on part un an?

En juillet 2017, à la veille du premier départ, j’avais bouclé ma valise en ayant plus ou moins l’impression d’avoir pensé à tout. J’ai vite compris que j’avais tort. Je suis à nouveau plongée dans mes sacs, voici mes réflexions. Ce que j’ai pris et qui ne m’a pas servi, ce que j’ai laissé et que j’aurais dû prendre… Notons que nous vivions sur un seul salaire, l’idée étant du coup d’éviter de devoir faire du shopping pour racheter ce que nous avions déjà en Belgique. On part avec 4 valises de 20 kilos chacune, deux bagages à main et une guitare électrique en guise de troisième bagage à main.

La Californie a le bon goût d’être ensoleillée toute l’année, particulièrement la région où l’on vit, du côté de Palm Springs. Le changement de saisons ne m’effrayait du coup pas trop. En bref, j’ai mis des tongs, deux shorts et des débardeurs dans mon sac. J’ai vite compris qu’en hiver, même si en journée les températures flirtent encore avec les 28 degrés, on peut aussi se les cailler. It was chilly, comme on dit. Comprenez qu’il faisait frisquet. Et je n’étais absolument pas équipée. Je n’avais même pas un jean dans ma valise, persuadée que j’aurais dû mal à le supporter par ces temps caniculaires. Mais il faut aussi composer avec la climatisation. Partout et à fond. J’ai donc traîné dans le seul sweat à capuche que j’avais pris pendant dix mois. Cette année, je porterai un jeans pour voyager (parce que c’est lourd dans une valise et quand on part longtemps, le moindre gramme à son importance), une veste et j’ai pris un foulard léger mais enveloppant à mettre autour du cou ou du corps, selon les besoins.

Evidemment, on prend des vêtements adaptés à la météo locale. Dans mon cas: des tissus légers et agréables à porter (je ne supporte pas les trucs près du corps quand il fait chaud) et de quoi se couvrir la tête quand le soleil est au zénith. Surtout, surtout, on pense intemporel. Même si vivre à l’étranger peut donner le sentiment qu’on va se réinventer, ça ne passe pas forcément par un changement de garde-robe. On ne prend pas ces fringues qu’on ne porte jamais mais « tiens, ça serait peut-être bien le moment ». Ben non, si on ne les porte jamais, c’est qu’il y a une raison. Je me suis demandée toute l’année passée pourquoi je n’avais pas pris plus de débardeurs noirs et blancs à la place de cette blouse étoilée aux manches « originales » (en fait, étranges). J’ai appris de mon erreur. Cette année, je reste fidèle aux vêtements que j’aime et dans lesquels je me sens bien. Et je me rappelle que je ne pars pas en vacances mais que je vais vivre là-bas: faire des courses, travailler, aller conduire mon fils à l’école. Donc même s’il fait chaud, l’idée est d’être habillée « normalement » et pas en paréo. Donc qui dit vêtements d’été ne dit pas forcément vêtements de plage.

Des adapteurs pour les prises US en suffisance. On pensait en trouver facilement là-bas du coup, on n’en avait pris que deux. Alors oui, on en a trouvé, mais c’était ultra cher. Je viens d’en commander un lot de cinq pour 12 euros sur Amazon. Ce n’était même pas le prix d’un seul vendu en Californie.

Je ne prends d’ailleurs pas mon sèche-cheveux: en Europe, l’électricité est sur du 220 volts, aux Etats-Unis, c’est moitié moins. Résultat: même avec un adapteur, les petits électroménagers à moteur fonctionnent au ralenti ou pas du tout. J’en ai acheté un là-bas, il m’a coûté 20 euros et il fonctionne très bien. Par contre, j’embarque mon lisseur à cheveux, il fonctionne sans moteur et donc sans souci. Hé hé.

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Une trousse de médicaments de secours. Les pharmacies comme on en connaît chez nous n’existent pas. Il s’agit en fait d’un guichet dans un supermarché. On trouve un comptoir au Target, par exemple, qui s’apparente aux grandes surfaces que l’on connaît chez nous mais… avec beaucoup plus de surface. On y vend des meubles, des fringues, de la nourriture comme des céréales, des chips, de l’eau mais quasi rien au rayon frais à part quelques fruits et légumes. Ou dans un CVS ou un Rite Aid qui se dit « pharmacy » mais qui vend de l’alcool… et qui vendait des clopes jusqu’en 2014. (Une pharmacie qui vend des clopes, welcome in America!) Le guichet est destiné aux médicaments sur ordonnance et croyez-moi, le bonhomme derrière le comptoir n’est pas là pour vous conseiller ou vous orienter mais pour exécuter ce que lui dit le papier du docteur, c’est tout. Mais il y a aussi des rayons et des rayons de médicaments en vente libre, les Américains étant fans de l’automédication probablement parce que les soins médicaux sont hors de prix. Les médicaments vendus sans contrôle sont nombreux à se délivrer sur ordonnance chez nous. Je me méfie de tout ce que j’ingère là-bas (la nourriture fera l’objet d’un prochain post, je suis intarissable sur le sujet) et donc des médicaments aussi: les dosages sont généralement plus forts, les Américains aiment la cortisone et les antibiotiques. Bref, je prépare de quoi survir en cas de maux de ventre, maux de tête, maux de gorge, je suis parée pour l’année au niveau contraceptif et je prends du spray à l’eau salée de type Stérimar pour Ezra. C’est difficilement trouvable et ça se vend à prix d’or: j’en ai vu à 10 dollars le flacon (plus de 8,50 euros).

Je prends des photos, des copains, de la famille, de nos voyages passés. Pour décorer le frigo, mon bureau ou pour qu’Ezra s’en rappelle. Ça ne prend pas de place et ça fait chaud au coeur. Avec la tête des gens qu’on aime sur le mur, on est un peu moins seuls.

Je prévois quelques vêtements de rechange dans mon bagage cabine. L’année passée, TOUTES nos affaires (quatre valises, une poussette, un siège auto et une guitare électrique) sont restées à Manchester, notre escale, à la suite d’une alerte à la bombe au moment où notre avion se posait. On a dû attendre une semaine avant de récupérer nos affaires. Une semaine de désespoir: quand tu rassembles toute ta vie dans quatre sacs, tu aimerais bien qu’on fasse quand même un petit effort pour ne pas les perdre ou les oublier. Donc, dans mon bagage à main, je mets une tenue de rechange au cas où. Et j’y mets tous mes objets de valeur: ordinateur, parce que j’en ai besoin pour travailler dès mon arrivée, appareil photo, iPad, adaptateurs, cable de recharge pour mon téléphone, tous les papiers dont j’ai besoin à l’arrivée pour la location de la voiture et du Airbnb, carnet de santé d’Ezra.

Celui-là, je ne l’oublie pas: il est la preuve que mon fils est en bonne santé et vacciné et qu’il peut donc fréquenter l’école.

Au niveau nourriture, je voudrais mettre du fromage qui coule dans ma valise mais c’est interdit. Je me contente de quelques tablettes chocolat au lait, que je mange sans réfléchir ici mais que je savoure petit carré par petit carré là-bas.

Pour Ezra, je mettrai cette année assez peu de jouets. Parce que je connais ma tendance au sacrifice personnel: au lieu d’acheter des trucs dont j’ai besoin, je préfère le gâter, lui. Et au final, on accumule. On a gardé les quelques meubles achetés l’année passée et aussi ses jouets. Circuits de train et de petites voitures l’attendent sagement dans un entrepôt. Il va être surexcité en les retrouvant. J’ai fait un tri drastique dans ses livres: j’en prends quelques-uns en français. C’est difficile à trouver: on va devoir repasser à la littérature anglophone d’ici peu. C’est chouette mais parfois ça me manque de ne rien savoir lui lire dans notre langue maternelle.

Dans l’idée de le rassurer (même s’il n’a jamais manifesté aucune inquiétude), je prends quelques objets typiques de sa petite chambre, qu’on déplace au fil de nos voyages. Il a les mêmes petites taies d’oreiller à l’effigie d’un petit chat en super-héros masqué depuis toujours, la même boîte à musique avec deux pingouins qui tournent sur eux-mêmes, une peluche Mickey, une peluche Minnie. Ca suffit pour le mettre en confiance et se dire qu’il est chez lui.

Dans ma valise aussi, je mettrais bien tous mes copains mais ils sont un peu lourds. Comment ça, « dans tous les sens du terme »?

(10 commentaires)

  1. La clim aux US est terrible, il doit pas faire plus de 18 degrés dans les restos ou salles de ciné. Je me souviens aussi que j’avais toujours avec moi un gilet et un foulard.
    Pour ce qui est des livres, pourquoi ne passes-tu pas au Reader ? Ça te prendrait moins de place et tu pourrais varier entre français et anglais.

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  2. Merci pour ton article ! Pour les livres, peut-être que la bibliothèque du coin a des livres en français pour enfants ? C’est notre cas ici en Suède, mais ça commence à 5-6 ans je dirais, donc encore un peu trop tôt pour le cornichon. Sinon ben j’en commande sur amazon mais si le but et de ne pas accumuler c’est raté 😉

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