Enfant, etc

Les cinq choses auxquelles je ne m’attendais pas le jour de mon accouchement

On m’avait à peu près tout dit, je me sentais préparée pour le grand jour. Pourtant, le jour de mon accouchement, il s’est passé des choses que je n’avais absolument pas prévues. Deux ans plus tard, j’y repense en souriant. Sur le moment, je rigolais parfois moyen. Alors si ça peut servir à celles qui s’apprêtent à y passer…

La sage-femme m’avait dit que « j’avais le temps ». Je devais surveiller le timing de mes contractions mais pas la peine d’arriver en courant à l’hôpital sous peine d’être remballée à la maison en attendant le bon moment. Petit conseil: bah si, en fait, parfois vaut quand même mieux courir un peu… La fête a commencé vers 4 heures du matin. J’ai donc attendu dans mon lit, pris une douche, fait mes cheveux, vérifié une dernière fois ma valise. J’ai traîné jusqu’à ce que ça ne soit plus possible… Résultat? On a fini dans les embouteillages matinaux, comme des cons. Et là, évidemment, j’avais l’impression que je ne pouvais plus attendre et que le bébé allait se pointer sur le siège passager de ma voiture de société. Je suis arrivée à l’hôpital à 7 centimètres de dilatation. « C’est bien madame, vous avez déjà fait le gros du travail. » Ok, super, mais filez-moi une péridurale. MAINTENANT.

Je n’ai jamais ri autant qu’entre deux contractions. Mais vraiment. J’ai eu mes premières contractions en pleine nuit. La douleur fut immédiatement intense, monstrueuse presque. J’avais l’impression qu’on déchirait littéralement mes entrailles en deux. Chaque contraction me coupait le souffle. J’étais incapable d’articuler le moindre mot, je finissais au tapis… Ou plutôt sur le tapis de la salle de bain, là même où j’ai perdu les eaux en finissant mon brushing. Ma dignité s’était déjà envolée, j’étais nue, à quatre pattes et je hurlais. Mais à chaque fin de contraction, je retrouvais illico mes esprits et j’étais immédiatement prise d’un fou rire. Je riais parce que je savais que la contraction d’après serait pire encore et que je ne voyais pas bien comment ça pouvait être techniquement possible, parce que j’avais croisé le regard de mon homme et qu’il ressemblait, à ce moment précis, à un lapin pris dans des phares de voiture, parce que j’avais toujours redouté d’accoucher un lendemain de grosse bouffe immonde vu la légende qui veut que tu défèques sur le gynéco en plein accouchement et que mon dernier repas était évidemment un McDo. J’ai vraiment beaucoup ri quand je n’avais pas mal. J’ai un peu moins rigolé quand ma péridurale n’a plus fait d’effet après une heure vingt de poussées mais ce n’est pas le sujet.

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J’ai regretté profondément d’avoir coupé mes cheveux. Le geste était beau : les bénéfices de la coupe ce jour-là étaient intégralement reversés à la lutte contre le sida. Je suppose que le fait d’être en bout de course m’a fait perdre la tête avant les cheveux. J’ai coupé quinze centimètres au lieu des deux habituels et les deux dernières semaines de ma grossesse, j’avais le ventre toujours plus gros et les cheveux ultra courts. Dire que je ne ressemblais à rien est un euphémisme. Au moment des premières contractions, j’ai direct pensé à ce que j’allais devoir faire pour avoir un visage à peu près convenable pour saluer mon bébé pour la première fois. Résultat ? J’ai vraiment une bête tête sur à peu près toutes les premières photos avec mon fils et je ne pense pas qu’il frimera à 20 ans en disant à ses potes que sa mère était belle « avant ». Pendant l’accouchement, j’avais chaud (voir plus bas), mes cheveux étaient trop courts pour être attachés, je les sentais coller dans ma nuque et sur mon front. Bref, flop total.

On t’interdit de manger avant l’accouchement alors qu’en fait tu as besoin de force. Mais ok, je peux l’entendre. Mais sérieusement, QUI compose les menus servis aux femmes qui viennent d’accoucher? QUI, après neuf mois d’interdiction alimentaire en tout genre, un effort pareil et une telle dépense d’énergie, se réjouit de manger une tartine à la confiture et un yaourt? QUI? Pas moi, clairement. La femme qui vient d’accoucher est en joie, elle a envie de champagne et d’un steak saignant (bisou la toxo). Ou d’une marée de sushis pour trinquer à la listeria qu’elle n’a pas eue. Ou d’une pizza qui dégueule de fromage non pasteurisé. On ne m’avait pas dit que ce plateau repas post-accouchement serait synonyme de totale dépression.

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On était mi-décembre, je m’imaginais déjà la galère en cas de neige ou de verglas. Mais la Belgique étant ce qu’elle est niveau météo, proche d’un enfant de deux ans en pleine crise : capricieuse et ingérable, ce jour-là était finalement parmi les plus chaud du siècle avec 16 degrés au compteur. Je m’étais commandée une super tenue à longues manches pour chiller avec un minimum de classe à l’hôpital, j’ai fini en débardeur dans une espèce de no man’s look comme tout le monde. J’ai sué comme jamais pendant l’accouchement et j’ai donné le petit au mari rapidement pour qu’il finisse le peau à peau tellement je n’en pouvais plus. Impossible d’ouvrir une fenêtre pour respirer, l’hôpital veut éviter les suicides. C’est vrai que j’aurais pu me défenestrer juste pour sentir l’air frais sur mon visage. Je me souviens avoir prié dans la salle d’accouchement pour que la température soit un peu plus supportable dans notre chambre. Tu parles… J’avais si chaud là aussi que j’ai cru que mon fils ressentirait la même chose. Je l’ai donc laissé dormir en body et chaussettes, juste coiffé d’un petit bonnet pour apprendre un peu plus tard que sa température corporelle avait baissé, les bébés ne sachant pas réguler leur thermomètre interne comme les grands. Oups. Première lose maternelle!

Depuis, ne vous inquiétez pas, je suis enfin devenue une vraie mère: je passe mon temps à poursuivre mon fils avec un gilet, un pull ou une veste. « Parce que tu trouves pas qu’il fait un peu froid, là? »

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(14 commentaires)

  1. Ah ah! Le tout premier repas que j’ai eu à l’hôpital, après mon premier accouchement, qui a eu donc lieu à peut près 24h sans manger compte tenu des horaires, était…des rognons. Déjà en temps normal je n’y aurais pas touché, mais en plus cuisiné à l’hôpital…quelle idée…! En tout cas c’est bien, tu dédramatises un peu ce moment qui, quelque soit la façon dont il se passe, reste inoubliable!

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  2. Haha, très bon billet. J’avoue ne pas avoir trop trainé quand le travail a commencé puisque j’ai perdue les eaux en 1er donc le temps d’une douche et j’étais partie. Par contre le repas de sortie de salle chez moi c’était…de la choucroute!! Et puis bien dégueu la choucroute en plus, surtout super adapté le repas pour une maman allaitante…

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  3. C’est tellement vrai tout ce que tu racontes. J’ai vécu la même chose pour la tenue acheter pour l’accouchement, mon travail a duré 35 heures, je me suis pissé dessus et j’ai eu tellement chaud que j’ai dû me changer, adieu donc jolie petite tenue, bienvenue t-shirt à moitié troué et sale tête. Lol. Et pour le repas de la maternité, je ne sais même plus ce qu’était le mien, je sais juste que je ne l’ai pas mangé et que j’ai envoyé le papa au Subway ^^. Mais bon on en rigole aujourd’hui hein (mais j’ai pas forcément hâte d’y retourner si j’en ai un deuxième)…

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