Un an en Californie Voyage en famille

La Californie n’est pas qu’un cliché fait de palmiers et de sable doré: notre dernier trip en est la preuve

C’est bon, on peut rentrer: la Californie n’a plus de secret pour nous. On connaissait la côte ouest de San Francisco à San Diego. On s’était fixé comme objectif de découvrir l’autre partie de la mythique Route 1, celle dont on parle moins et qu’on disait plus sauvage: la partie au-dessus de San Francisco. On est monté jusqu’à Eureka avant de redescendre vers la Napa Valley. Tout est résumé en une minute et en vidéo tout en bas de l’article. Première constatation: alors que le soleil pique les yeux toute l’année du côté de Los Angeles, c’est la brume qui nous a cueillis dès la traversée du mythique pont du Golden Gate. Elle a mis du temps à nous quitter et c’est là que je me suis rappelée à quel point la météo influençait mon état d’esprit. Difficile dès lors de vous parler de Bodega Bay, qui a accueilli le tournage du film « Les Oiseaux » d’Alfred Hitchock en son temps et le tournage d’un film d’horreur baptisé, clairement pas par hasard, « Fog ». Le paysage était en effet enveloppé dans un épais brouillard qui semblait ne plus jamais vouloir se lever. On ne s’est donc pas éternisé.

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Après une route aux lacets qui chatouillaient l’estomac, on a été accueilli par un bref rayon de soleil à Point Arena qui n’était habité que par 453 personnes en 2017. Ou quand l’expression « bled paumé » prend tout son sens. On a logé dans un hôtel, le seul (le Wharf Master’s Inn), au bord de l’océan. Les escaliers en bois de cette mystérieuse bâtisse accrochée à la montagne semblaient implorer qu’on les épargne à chacun de nos pas. Le ciel était du même gris que l’océan agité. Ce voyage m’a permis de découvrir que l’automne existait aussi en Californie. On a donc plongé dans le bain à bulles installé dans notre chambre. Il n’y avait que ça à faire et finalement, c’était bien.

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First Stop. Point Arena. Nous, quand on part en vacances, c’est pour aller là où il fait gris. 😂 Non, honnêtement, j’avais pas prévu notre arrivée comme ça. Mon mec me répète que "ça change", vu qu’on a du soleil toute l’année à Palm Springs. Mais moi j’en ai jamais assez!! Enfin, du coup, j’ai pu constater que "ah oui, on est en octobre, tiens"… On fait donc toute la côte californienne au-dessus de San Francisco. On connaît bien la partie entre San Diego et San Francisco, on pourra dire après ça qu’on a tout fait. C’est un défi comme un autre. 🤓 *** Still in California but here, I can see that winter is coming… * * * #belgianblog #belgianblogger #travelblog #california #usa #roomwithaview #oceanview #ocean #coast #roadtrip #familytrip #holidays #weather #autumn #travelblogger #pacific #view #breath #pointarena

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Toujours plus haut, on a découvert Mendocino, adorable petite bourgade avec vue sur l’océan qui fut le décor de la série « Arabesque ». On n’a pas croisé Jessica Fletcher mais on s’est arrêté pour manger au Goodlife Cafe and Bakery. C’était bon, c’était sain et c’était abordable. C’est suffisament rare pour que je le signale. Autre coup de coeur: la mignonnerie du magasin de jouets Village Toy Store, avec plein de petites choses pour tous les âges, tous les goûts, le tout très Instagramable.

On a dormi à Fort Bragg, un peu plus haut, et un peu moins joli. Du moins au premier coup d’oeil. En vrai, on avait un motel parfait avec terrasse et vue sur l’océan. La végétation, l’alignement parfait des maisonnettes bleues, le petit sentier de promenade, on se serait cru au Zwin. On a laissé le soleil nous réchauffer les joues et on a respiré l’iode à plein poumons.

Dans le coin, deux choses à faire. La première, s’arrêter à la gare et embarquer à bord du Skunk Train. Il existe plusieurs itinéraires, on a fait simple: on a pris le trajet basique d’une heure à travers la forêt de sequoias géants. Ezra a passé le nez collé à la fenêtre mais surtout sur la plateforme extérieure, les yeux en l’air. C’était dépaysant et surprenant: la Californie a tellement d’autres visages que celui que le grand public lui connaît. Une fois à quai, on a dû passer par la boutique qui, pour une fois, n’était pas un attrape-nigaud. Il y avait de très jolis circuits de trains pour les enfants, dans une qualité qui ne leur permettra d’être refilés à la génération suivante, mais à un prix tout à fait raisonnable.

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Si on n’avait été qu’à deux, on n’aurait même pas regardé la gare… 😝 On se serait probablement pris une bière dans le pub du coin. Et on aurait peut-être poussé la porte du smoke shop, aussi. Parce que c’est normal, ici. Depuis San Francisco, ça sent l’herbe partout. Les réceptionnistes d’hôtel fument, les voisins de chambre, les gens dans leur voiture… Mais voilà. Je suppose que c’est ça être parent: faire des trucs que tu n’aurais jamais pensé faire juste pour voir le regard de ta progéniture briller. On a vu des arbres, on a fait tchuga tchuga (parce que non, aux Etats-Unis, les trains ne font pas tchou tchou), on a eu froid. Mais c’était chouette. En images et en couleurs en story. Sifflements de @julienvizzini. 😂 *** Trees, squirrels and very happy child. *** * * * #train @skunktrain #fortbragg #california #ezraauxusa #blackandwhite #video #play #happy #child #station #westcoast #roadtrip #familytrip #holidays #belgianblog #belgianblogger #travelblogger #redwood #redwoodforest #forest #family

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Deuxième activité immanquable: Glass Beach, soit la plage de verre. Elle est la preuve vivante de la pollution humaine. Dans les années 1950, les habitants de la région balançaient leurs déchets, leurs appareils électroménagets défectueux, des épaves de voiture directement dans l’océan. A l’époque, on ne se demandait pas vraiment ce qu’il allait bien pouvoir faire de tout ça. On se disait juste qu’on avait fait de la place et que c’était très bien comme ça. Il a fallu des années pour que cette décharge sauvage soit interdite. En attendant, l’océan a répondu à sa façon: en rejetant des millions de débris de verre sur les plages des alentours. Le soleil, le vent, le sable ont tranformé ces déchets en petits galets colorés et tout doux.  Ils jonchent encore aujourd’hui les plages du coin mais c’est Glass Beach la plus touchée. Il est normalement interdit d’en récolter. L’idée étant de pouvoir sensibiliser les générations suivantes à la pollution humaine. J’ai pourtant vu quelques touristes s’en mettre des poignées dans les poches. Il y en a décidément qui ne comprennent rien.

On a quitté la côte pour traverser l’Avenue des Géants: 56 kilomètres au coeur d’une forêt chargée d’histoire. Certains des plus vieux sequoias du monde s’y trouvent. On se sent tout petit et bien jeune à côté de ces ancêtres silencieux. On a fait un arrêt au Shrine Drive-Thru Tree: un arbre tellement grand (29,50 mètres) et tellement large (5,26 mètres) qu’on peut le traverser en voiture. Un trou a été créé et stabilisé dans le tronc et c’est devenu une attraction touristique à 10 dollars et de 2 minutes. Mais c’était rigolo. On en a profité pour se dégourdir les jambes sur la plaine juste à côté. Le soleil était enfin de la partie, il était hors de question de manquer ça.

On a retrouvé la pluie à Eureka, dont je ne peux pas vraiment vous parler. On a failli divorcer en arrivant au motel parce que j’avais mal fermé le bain douche du petit et qu’il s’était complètement renversé dans la valise. Et en plus, il faisait froid et humide. Bref, une étape peu intéressante. Notre road trip a pris fin dans la Napa Valley, qui a un air de Toscane et de Sud de la France, le charme d’époque en moins. Les vignes inondées de soleil, c’est joli. Mais il y a assez peu de choses à faire pour qui ne picolent pas. Les dégustations de vin dans la région ne sont pas franchement destinées aux familles, on a préféré s’éviter un petit moment de solitude, on a passé notre tour. Reste qu’on a passé deux jours très agréables. Il y a eu une glace gratuite offerte sur le petit marché d’artisans à deux pas de la plaine de jeux du Crane Park, au milieu des vignes. Il y a eu le sourire de mon fils dans les petits avions « qui tournent, qui tournent » et « qui volent, qui volent » dans le tout petit parc d’attractions Train Town. Et il y a eu un vrai hamburger avec viande « organic » et pain maison, copieux, goûteux au Oxbow Public Market, un grand entrepôt à la new-yorkaise où la boucherie cotoie la pizzeria, le vendeur de cupcakes et l’étal des épices. Evitez le Old Geyser, pourtant recensé dans les guides de la région. C’est un (petit) geyser, comme son nom l’indique, entouré de biquettes et d’un lama. Sur papier, ça pouvait être sympa. En réalité, on s’est un peu demandé ce qu’on faisait là.

Je garderai une préférence pour la lumière éclatante des villages côtiers au Sud de San Francisco (Big Sur, Carmel-by-the-Sea, Santa Barbara…). Je l’ai retrouvée d’ailleurs en me rapprochant de l’aéroport et en faisant un stop à Sausalito, très agréable, avec sa vue sur les buildings de SF. La Californie m’a cependant encore démontré qu’elle n’était pas qu’un cliché fait de sable doré, de palmiers et de surfeurs. Entre les cascades du Yosemite, la pureté du lac de montagne du Lac Tahoe, les criques sauvages de la route 1, l’énergie bouillonnante de Los Angeles, la Californie a bien des visages et c’est pour ça que je l’aime autant.

(4 commentaires)

  1. Merci pour ce joli carnet de voyage! On se demandait justement ce que donnait la pacific highway au-dessus de San Francisco. On l’a faite en partant de Los Angeles et on a tellement aimé San Simeon, Big Sur, Peable Beach et la 17 miles drive…
    L’avenue des géants ça a l’air vraiment sympa et le train aussi! Une bonne idée à faire en remontant la côte jusque Seattle pour un prochain road trip! Merci pour les jolies photos et ces petits moments de vie!
    Mélanie

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