Nous irons mieux demain de Tatiana de Rosnay: amitié toxique et double vie

by seayouson

J’ai lu le livre « Nous irons mieux demain » de Tatiana de Rosnay, auteure de « Elle s’appelait Sarah » et j’ai appelé l’autrice pour en parler.

« Nous irons mieux demain » de Tatiana de Rosnay est sorti aux éditions Robert Laffont. L’histoire commence comme un polar.

La tension s’enroule autour de nos chevilles pour grimper, petit à petit, le long de la jambe et s’infiltrer rapidement dans tous les pores de notre peau. 

« Nous irons mieux demain »: ça raconte quoi?

C’est l’histoire de deux femmes qui se rencontrent par accident, dans tous les sens du terme. Dominique, la cinquantaine élégante, se fait renverser par une voiture sous les yeux de Candice, jeune mère célibataire de 28 ans.

nous irons mieux demain Tatiana de Rosnay

Candice promet, alors que Dominique gît sur le bitume, qu’elle viendra la voir à l’hôpital. Elle tient sa promesse et découvre que Dominique est très seule. 

Sans expliquer la curiosité qu’elle porte à cette femme mystérieuse, Candice va laisser Dominique entrer dans sa vie, dans son appartement, dans ses habitudes. La relation des deux femmes ne plait pas à l’entourage de Candice, qui le lui fait savoir. 

Il y a un truc lourd qui flotte dans l’air tout au long de la lecture. J’ai trouvé ça angoissant, pesant, et pourtant, il ne se passe jamais rien de dramatique ou de sanglant. Mais il y a une sorte de menace qui plane dans l’air en permanence. 

C’est l’histoire « d’une femme qui cannibalise une autre femme »

Tatiana de Rosnay s’intéresse aux zones d’ombre qui existent dans toute relation. Elle nous raconte l’histoire d’une « femme qui cannibalise une autre femme ».

« Certains lecteurs diront que Candice sauve la vie de Dominique autant que Dominique sauve la vie de Candice », me disait-elle, il y a quelques jours au téléphone.

« D’autres y verront une relation toxique. Moi, je dirais que c’est l’histoire d’une jeune femme qui ne se rend pas compte qu’elle a peut-être fait la rencontre la plus importante de sa vie. C’est l’histoire d’une emprise et d’une fascination. »

On y parle aussi de double vie: « Ça peut arriver, de ne pas choisir entre deux personnes »

L’auteure nous parle aussi de double vie en mettant en parallèle celle d’Emile Zola et celle du père de Candice. Emile Zola, parce que Dominique vit dans les murs qui ont abrité la maîtresse et mère des enfants de J’accuse. Elle lui voue un véritable culte.

Une lettre d’Émile Zola adressée à sa maîtresse.

Le père de Candice, lui, est décédé depuis peu et ses filles découvre un vieux téléphone portable lui appartenant et dans lequel se trouve une bien étrange correspondance.

« Au fond, les enfants ne savent pas grand-chose du mariage de leurs parents », écrit Tatiana.

« On a affaire à deux hommes qui sont partagés entre deux femmes », m’explique Tatiana de Rosnay. « Je ne fais pas l’apologie de l’adultère, mais ça peut arriver de ne pas pouvoir choisir entre deux personnes qui vous apportent des choses différentes. »

Et aussi de troubles alimentaires qu’on cache à tout le monde

De double vie, il en est aussi question concernant Candice: elle cache à tout le monde, depuis toujours qu’elle souffre de troubles alimentaires.

Candice déteste son corps, se trouve toujours trop grosse, se fait vomir après les repas. Ça dure depuis toujours et personne ne voit rien: ni sa mère, ni sa sœur, ni son amoureux.

Tatiana de Rosnay me confie que ça, c’est un sujet qui la concerne personnellement et qu’elle n’avait pas prévu de le traiter dans « Nous irons mieux demain ». On le sent à la lecture des passages où elle en parle: les détails sont précis.

« Ça m’a saboté 25 ans de ma vie », dit-elle franchement. « Et oui, on peut le cacher aussi bien que Candice: dans mon cas, personne n’était au courant. »

« Mon mari a compris en lisant le livre à quel point ça avait eu de l’emprise sur moi. Aborder ce sujet dans ce livre, c’était à la fois thérapeutique et douloureux, mais depuis qu’il est sorti, je suis portée par des témoignages extraordinaires. »

« J’aurais pu ne pas dire que c’est de moi qu’il s’agissait, mais je me suis dit que ce n’était pas très loyal vis-à-vis de mes lecteurs. J’ai 60 ans, on peut commencer à assumer des choses à cet âge-là. »

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