And just like that: j’ai vu la suite de Sex and the city, il fallait que je vous en parle

by seayouson

J’ai vu And just like that…, la suite ou plutôt la non-suite de Sex and the city, et il fallait que je vous en parle.

J’ai découvert Sex and the city en pleine adolescence. J’avais 13 ans quand la série a été lancée, 19 quand elle a pris fin. Cette série irrévérencieuse et en avance sur son temps levait tous les tabous qui planaient sur les relations amoureuses. Et moi, à cette époque-là, je m’enflammais pour n’importe qui et je faisais souvent n’importe quoi. J’aimais l’assurance de Carrie, clope au bec et talons qui claquent; le cynisme de Miranda; la liberté que s’accordait Samantha et l’innocence et le romantisme de Charlotte. J’avais un peu des quatre héroïnes en moi.

J’ai vu les films qui sont sortis dans la foulée. Alors oui, scénaristiquement, ça n’avait rien de terrible mais j’ai failli pleurer quand Charlotte a giflé Big avec un bouquet de fleurs en plein Manhattan, et mon coeur a sauté un battement quand Carrie a croisé Aidan dans les souks. J’étais heureuse de savoir ce qu’elles étaient devenues, ces femmes avec lesquelles j’avais grandi. Quand la suite de Sex and the city a été annoncée douze ans après la sortie du dernier film, je savais que je serais au rendez-vous. En 12 ans, je me suis mariée, j’ai eu un enfant, ma vie a changé et je me suis adaptée comme j’ai pu. Et elles?

Le premier épisode de And just like that… dresse l’état des lieux. Arrêtez-vous ici si vous ne voulez pas en savoir plus. Je vous résume le premier épisode, spoiler compris.

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ATTENTION SPOILER: le résumé du premier épisode

Carrie, Miranda et Charlotte sont toujours amies. Samantha s’est occupée un temps de la promotion du livre de Carrie mais celle-ci a mis un terme à leur collaboration professionnelle. Sam l’a mal pris, a déménagé à Londres et a coupé les ponts avec les filles. Voilà comment l’absence de Kim Cattral est expliquée.

Stanford est agent de stars et son mari Anthony a ouvert une boulangerie. Carrie n’écrit plus. Elle intervient désormais dans un podcast sur la sexualité emmené par Che Diaz, une humoriste non-binaire. Che Diaz est jouée par Sara Ramirez, connue pour son rôle de Callie Torres dans Grey’s Anatomy.

Miranda retourne à l’université: elle se retrouve au milieu d’étudiants 20 ans plus jeune qu’elle et elle a du mal à trouver les bons mots pour s’adresser à sa prof, afro-américaine. Miranda et Steve font ce qu’ils peuvent pour supporter Brady, leur fils de 17 ans, qui s’envoie en l’air bruyamment sous le toit familial. Au moins, il y a quelqu’un qui s’envoie en l’air dans cette maison…

Charlotte tente d’être une bonne mère pour ses deux filles, aussi différentes l’une de l’autre qu’il est possible de l’être. Lili est studieuse, porte des robes et des noeuds dans ses cheveux, et ses talents au piano font la fierté familiale. Rose est un garçon manqué, indépendant, incompris.

Les filles se retrouvent au récital de piano de Lili. Big préfère rester à la maison. Après une séance de sport intensive sur son vélo d’appartement, il s’effondre, la main sur le coeur. Quand Carrie rentre, Big est encore vivant. Ils ont le temps de s’échanger un dernier regard avant que Big ne rende son dernier soupir. Rideau. Fin du premier épisode.

Voilà le message que j’ai envoyé à l’une de mes copines juste après.

Fin du spoiler et pourquoi j’ai d’abord été troublée

Je ne vous cache pas que j’ai eu du mal à accepter la fin tragique réservée à ce personnage que j’ai tant aimé et détesté à la fois. Big, c’était l’amour qui flamboie, qui dévaste, qui sauve, un indécis qui rend folles celles qui s’attachent à lui, un gros connard souvent… mais capable de grandes choses par amour malgré tout.

and just like that carrie big

Au cours des deux premiers épisodes, j’ai eu du mal à me faire aux cheveux gris de Miranda et aux réactions perpétuellement en décalage des trois héroïnes. Carrie, Miranda et Charlotte sont larguées: elles ne comprennent plus grand-chose au monde qui les entoure.

Carrie, qui écrivait sur son amant qui voulait lui uriner dessus, est aujourd’hui choquée quand le thème de la masturbation est abordée dans le podcast auquel elle participe. Miranda, à trop vouloir s’assurer qu’on ne la prenne pas pour une raciste, enchaîne les bourdes avec sa prof noire. Charlotte fait semblant de ne pas voir le mal-être de Rose parce qu’elle ne sait absolument pas comment réagir face une enfant qui ne suit pas la route qu’elle a décidée pour elle.

Ce qui m’a fait mal, ce n’est pas tant de les voir vieillir

Et puis? Et puis, après avoir passé leur visage au crible minutieusement, après avoir dressé la liste de tout ce qui a changé chez elles, c’était comme retrouver des amies d’enfance que j’avais perdues de vue depuis longtemps. On a repris la conversation là où on l’avait laissée.

carrie dans and just like that...

Je me suis rendue compte que si j’avais été tant troublée au départ, c’est que j’avais envie de garder ma fin heureuse. C’est mon côté Charlotte: je voulais garder l’image de Carrie intacte, sa jeunesse, sa fougue, son audace. Revoir ces filles à l’écran, ça m’a rappelé celle que j’étais moi-même quand je n’avais pas encore ni job ni responsabilité et que tout était possible. Mille routes s’offraient à moi, je pouvais choisir celles que je souhaitais emprunter. Si je changeais d’avis, j’avais encore tout le temps de faire demi-tour. Ce n’est pas tant de les voir vieillir qui m’a fait mal, c’est de savoir que moi, j’avais vieilli. C’est d’admettre que j’ai bientôt 37 ans (putain!) et que je suis parfois grave larguée sur certains sujets de société. Non, je ne comprends pas toujours le monde dans lequel je vis.

And just like that… n’est pas la suite de Sex & the City

La série a changé de nom et ça a son importance. Je m’attendais à la suite de Sex and the city et mon trouble vient de là. C’est la suite sans l’être. Ce n’est pas un autre chapitre du livre, c’est un nouveau tome. Carrie, Miranda et Charlotte ne parlent plus de sexe ou en tout cas, plus comme avant, et elles ne sont plus les reines de New York. And just like that… aborde les thèmes du deuil, du syndrome du sauveur blanc, de la difficulté de trouver sa place dans le monde quand on est une femme de 55 ans, d’alcoolisme, de la transidentité, de comment le couple évolue après vingt ans de vie commune, de ce besoin de tout contrôler pour ne pas sombrer.

And just like that… est une série audacieuse parce qu’elle fait redescendre Carrie, Miranda et Charlotte de leur piédestal alors que tout le monde rêvait d’être comme elles. Elle les rend fragiles et finalement, bien plus proches de nous qu’elles ne l’étaient avant. Carrie m’a émue: elle doute beaucoup plus, ou en tout cas encore plus, aujourd’hui qu’avant. Professionnellement, elle a moins d’assurance. Elle a laissé la place à d’autres femmes plus jeunes, moins expérimentées mais avides de découvertes et finalement plus curieuses qu’elle ne l’était à l’époque. Emotionnellement, elle doute aussi. Le départ soudain de Big la terrasse et réveille chez elle de vieux démons, la renvoie dans leur passé un peu flou.

carrie dans la série and just like that

Et puis c’est beau cette amitié qui résiste au temps qui passe, cette acceptation de l’autre, de toutes ses contradictions et de ses manquements, ces mots qu’on n’a plus besoin de dire tant on se connaît bien. And just like that… est moins drôle et moins piquant que Sex & the City mais plus profond. La série est finalement en phase avec son époque, compliquée, sombre et ultra connectée.

Carrie, Miranda et Charlotte aujourd’hui, c’est moi, demain

Carrie, Miranda et Charlotte dans And just like that…, c’est moi, demain. Et pas un demain très lointain. C’est déjà un peu moi aujourd’hui: j’ai quitté une place confortable de salariée pour tout remettre en jeu et je me demande si je ne suis pas déjà trop vieille sur le marché du travail. J’ai du mal à comprendre certains combats féministes même si je pense l’être vraiment. Je me noie parfois dans mon rôle de mère au point d’oublier la personne que je suis. Quand on parle de sexe avec mes copines, c’est plus souvent pour dire que l’intimité, c’est compliqué sur la longueur et que le désir s’étiole avec les années et les enfants, que pour parler des derniers fantasmes qu’on a réalisés.

Avec And just like that…, j’ai retrouvé ma place à table avec Carrie, Miranda et Charlotte. On s’est dit que merde, on a bien le droit de vieillir, même quand on est des meufs. Ca n’empêche pas d’avoir des aspirations, des rêves, des envies. Et me suis rendue compte à quel point elles m’avaient manqué.

Où voir And just like that… en Belgique

En Belgique, vous pouvez voir And Just Like That… sur Streamz, plateforme de streaming néerlandophone. Elle est donc disponible en anglais sous-titrée néerlandais. Je n’ai rien de mieux à vous proposer actuellement. Rien n’est jamais proposé aux francophones en temps et en heure et c’est désespérant.

Alors, vous comptez regarder la série? Ou vous l’avez vue? Si oui, qu’en avez-vous pensé?

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