La vie comme elle va: retour sur les derniers mois

by seayouson

Ca fait longtemps que je n’ai pas utilisé ce blog pour ce qu’il est: à savoir un petit espace de parole complètement libre. J’avais envie de faire le point avec vous sur la vie, telle qu’elle est, pour moi, pour nous, aujourd’hui. Vous le savez: on est revenus d’expatriation de façon brutale à cause du coronavirus. Beaucoup n’ont pas très bien compris et c’est normal, les choses étaient tendues en coulisse entre moi et l’entreprise pour laquelle je travaillais. Ce retour en Belgique a d’ailleurs été le début de la fin entre eux et moi.

Liberté et vieux réflexes

J’ai vu arriver la fin de mon contrat début novembre avec un vrai soulagement. Ne plus être salariée, c’est tirer un trait sur la sacro-sainte « sécurité » si précieuse en Belgique mais ça me fait un bien fou, pour le moment en tout cas. J’avais vraiment besoin de retrouver une liberté de mouvement. Après, je vous avoue que je suis encore coincée dans mes réflexes d’alors: j’ai du mal à me laisser des plages de temps libres. Je m’agite, j’ai mille projets, je procrastine, je continue à courir et à me demander où sont passées les heures de la journée mais les seuls comptes que j’ai à rendre, je me les rends à moi-même désormais.

J’adore mon job de journaliste et j’avais peur de ne plus l’être en n’étant plus rattachée à un média principal. J’ai tellement d’envies pour le moment que je n’ai pas encore eu le temps d’y penser. J’avais besoin de retrouver du sens et je n’en pouvais plus de me taper la tête sur les murs en ouvrant mon agenda, à force de jongler entre mes obligations professionnelles, amoureuses, familiales et amicales. La vie est plus simple et je souris beaucoup plus depuis que je ne suis plus salariée. C’est un premier constat. On verra sur la longueur.

Des écureuils et de l’espace

Concernant ces derniers mois, la vie en pandémie est nettement plus agréable à la campagne qu’en ville. Depuis septembre, on est dans une maison avec une grande baie vitrée qui donne sur un jardin plein d’écureuils. La maison est très ouverte, il y a peu de portes dans les espaces de vie principaux. C’est très agréable. On a de l’espace et c’est un truc qu’on ne connaissait pas. Tant à Bruxelles qu’en Californie, on a toujours vécu jusque là dans des petits appartements. Ici, on a même une pièce pour recevoir les enregistrements de mon podcast privé A coeur ouvert. On profite de ce que la vie en Belgique propose et au premier coup d’oeil, on pourrait croire qu’on est réinstallés pour de bon.

Fausse impression

Ce n’est pas le cas. Je n’arrive toujours pas à me faire à l’idée qu’on est en Belgique depuis aussi longtemps… Au final, moi qui pensais que notre retour ne durerait que quelques semaines, on est au plat pays depuis plus de 20 mois. Ca me fait halluciner. Si certains croient qu’on est prêts à faire notre vie ici, c’est parce qu’on a racheté des meubles, qu’on a des rideaux à la bonne taille aux fenêtres et même des cadres accrochés aux murs. On a même adopté un chat.

A Palm Springs, on ne s’installait toujours qu’à moitié: on ne savait jamais à l’avance si mon contrat de travail annuel allait être renouvelé pour une année supplémentaire. Du coup, on avait la flemme de décorer à fond notre appart: à quoi bon s’il fallait le quitter 5 mois plus tard?

Une erreur propre à l’expatriation

C’était une erreur propre à l’expatriation, je crois (j’en parlais tout récemment avec ma copine expat Poesy by Sophie, elle me disait pareil). On ne s’installe jamais vraiment et à force, on n’est vraiment chez soi nulle part. Mais la vie, c’est aujourd’hui, pas dans la projection d’un hypothétique départ. Les souvenirs, c’est maintenant qu’ils se construisent. Je n’aurai plus jamais 36 ans, Dan 42 et Ezra 6. Donc on a décidé de se créer un vrai chez nous, un petit cocon. Disons aussi qu’en cas de nouveau confinement, on voulait que ça soit un peu agréable quand même… On n’est jamais trop prudents. Donc on est bien chez nous. Mais nos projets de vie à l’étranger n’ont pas disparu, loin de là.

La Californie dans le viseur mais peut-être autre chose avant

On a toujours la Californie dans le viseur et notre dossier de carte verte est toujours en attente de traitement. Mais un autre projet à l’étranger commence doucement à germer dans nos têtes. Je vous en parlerai quand ça sera plus concret. En tout cas, à ceux qui se demandent comment s’adapte Ezra, sachez qu’il m’épate notamment pour sa capacité à se faire des copains partout où il passe.

Je me souviens du premier jour de cette nouvelle année scolaire. J’étais inquiète de le changer d’école une fois de plus. Trois ans d’enseignement, trois écoles différentes, j’ai presque l’impression d’être totalement inconstante. A la grille, je lui ai dit: « Ca va aller, t’as pas peur? » Il m’a répondu: « Bah non, je vais me faire des nouveaux copains. » La vie peut être simple, parfois. Il nous parle régulièrement de notre retour en Californie, il a hâte de retourner à la piscine après l’école. C’est peut-être la seule chose à laquelle il a du mal à se faire ici: le froid, la pluie, le gris. Il ne comprend pas pourquoi il fait si sombre en Belgique.

la vie comme elle va

Je ne vais pas vous mentir: je suis un peu triste de ne pas avoir pu lui offrir la vie au soleil dont je rêvais pour lui, ces deux dernières années. Même si ce n’est pas de ma faute et même si la vie en Californie par temps de pandémie n’aurait pas eu la même saveur. J’avais déjà repéré des écoles primaires à Palm Springs. Je n’aurais jamais cru, quand je les visitais, qu’il allait quitter sa petite enfance et mettre son cartable d’écolier sur son dos, sous la grisaille et en parka. Mais comme je le disais, la vie, c’est maintenant et on est heureux d’avoir pu lui offrir une scolarité non-interrompue lors de l’année scolaire 2020-2021. Ca n’aurait pas été le cas en Californie, où les écoles ont fermé plus tôt et plus longtemps. Ce rythme, ses petits copains, ça lui aura permis de vivre le coconard-virus sans trop de peine.

Voilà où nous en sommes, le 9 décembre 2021. Ca fait quelques jours que je suis en colère suite aux nouvelles mesures sanitaires ainsi qu’aux réactions et à la condescendance de certaines personnes et que je fulmine derrière mon écran d’ordinateur sans trouver de choses positives à raconter. Eh bien, vous savez quoi? Ca m’a fait du bien de vous écrire ici sans pression. On refera ça?

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2 comments

Lexie 10 décembre 2021 - 3 03 38 123812

Je trouve qu’il y a du positif dans ce bilan des derniers mois et c’est tout ce que je vous souhaite ! Bien hâte d’en savoir plus sur vos nouveaux projets (tu viens chez moi ??).

Reply
seayouson 10 décembre 2021 - 10 10 15 121512

Oui, si on profite pas de la vie maintenant, quand?! Si je viens chez toi, ça sera au printemps. J’ai déjà tellement froid, là, en Belgique alors que l’hiver n’a pas encore commencé… 🙂

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