Pourquoi vous devez voir le film « Nomadland », couronné aux Oscars

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« Nomadland », de Chloé Zhao, a remporté l’Oscar du meilleur film mais aussi celui de la meilleure réalisatrice et de la meilleure actrice. C’est un film pour ceux qui aiment les grands espaces américains et la solitude qu’on expérimente quand, pendant des miles et des miles, le bitume brûlant nous appartient à nous et à nous seuls. C’est un film qui parle de résilience et du monde qui ne tourne pas rond.

« Nomadland »: la résilience avant tout

« Nomadland », adaptation cinématographique du best-seller de Jessica Bruder sorti en 2017, raconte l’histoire de Fern, veuve et sans emploi à cause d’une crise économique brutale. Fern, à qui il ne reste pas réellement d’autres choix, décide d’investir son van et d’adopter un mode de vie nomade.

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Elle va de ville en ville et travaille quand elle le peut. Sur la route, elle va découvrir et faire sienne une communauté de gens que la vie et ses tragédies ont endurci. « Nomadland » raconte comment ces gens qui, souvent, ont tout perdu se sont adaptés aux difficultés. « Nomadland » parle du passé qui nous colle à la peau et du futur dans lequel on ne se projette plus.

L’incroyable Frances McDormand

J’ai été extrêmement touchée par le voyage, au sens propre comme au sens figuré de Fern, jouée par l’incroyable Frances McDormand. Frances m’avait déjà bouleversée dans « Three Billboards: Les panneaux de la vengeance » en 2018 dans lequel elle accusait la police de ne pas en avoir fait assez pour trouver le violeur et meurtrier de sa fille.

Sa prestation dans « Nomadland » est puissante et complexe: on accompagne Fern sur son chemin de croix sans jamais avoir pitié d’elle. Fern traverse une période difficile et se blinde pour ne plus jamais être blessée. Elle ne s’attache plus, elle regarde passer les gens, elle rit quand elle peut, elle s’accommode de sa solitude quand elle le doit. Elle pourrait être n’importe qui et c’est justement ça qui est fort.

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« Je ne suis pas sans abri, je suis sans maison »

Elle a subi de plein fouet une crise économique provoquée par la minorité de gens riches qui gouvernent le monde. Elle n’y pouvait rien, la crise lui a tout pris et pourtant, elle avance, sans besoin d’être applaudie, sans en tirer aucune gloire, en mettant du beau malgré l’âpreté du quotidien. Elle dit d’ailleurs très joliment: « Je ne suis pas sans-abri, je suis sans maison. Ce n’est pas pareil, n’est-ce pas? »

« Nomadland » interroge l’absurdité du monde d’aujourd’hui qui « encourage les gens à investir toute leur vie dans des économies, à s’endetter, juste pour acheter une maison qu’ils ne peuvent pas se permettre ». Le film est baigné d’une lumière exceptionnelle, une lumière propre à l’Ouest sauvage. J’ai eu des frissons, souvent, en retrouvant les paysages du désert californien dans lesquels j’ai vécu et qui ont imprimé ma rétine pour la vie.

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