Le merchandising Montessori et l’arnaque Céline Alvarez: la vérité sur ces pédagogies que vous croyez connaître

by seayouson

Pédagogie traditionnelle, Montessori, Freinet, Decroly… Quand vient le moment d’inscrire son enfant à l’école, on est tous un peu perdus. J’ai personnellement suivi un parcours scolaire des plus classiques: un enseignement catho, avec des bulletins, des points, des punitions et un professeur monopolisant la parole. Les élèves n’avaient droit au chapitre que lorsqu’on leur demandait de le faire. Avec le recul, il y a énormément de choses qui m’ont déplu. Mais suis-je prête pour autant à mettre le feu à ce qu’on m’a enseigné et à opter pour un enseignement radicalement différent? La réponse n’est pas forcément évidente. Je sais ce que je suis devenue suite à l’enseignement que j’ai reçu. Comment savoir ce que mon fils deviendra si je le dirige vers une pédagogie dite “nouvelle”?

Comment savoir, en fait, quelle pédagogie convient à nos enfants? Premier début de réponse: en sachant, avant tout, ce que chacune propose réellement. Le dernier livre de Bruno Humbeeck, psychopédagogue et directeur de recherche au sein du service des Sciences de la famille de l’Université de Mons, s’intéresse à la question. « Quelles pédagogies pour mon enfant? » dresse la liste des pédagogies existantes. Bruno Humbeeck les analyse, se fait un plaisir de déboulonner les statues de ceux qui en sont les dignes (ou non) représentants… Il ne se positionne pas pour l’une ou pour l’autre pédagogie, il estime qu’il y a du bon et du (parfois très) mauvais partout. Il nous aide en fait surtout à démêler le vrai du faux, à faire le tri entre les “on dit” et la vérité, et honnêtement, j’ai appris un tas de trucs. Le mieux, c’est qu’il vous explique tout ça par lui-même. Allo, Bruno?

Parlons d’abord des méthodes traditionnelles. En résumé, l’enseignant est le maître, il a le monopole de la prise de parole, il domine le groupe. L’enseignant n’est pas là pour se faire aimer. Il faut dominer, dompter, être obéi, respecté, admiré. C’est bien ça?

(Il rigole) Oui, tout ça à des fins de démonstration et d’explications. On caricature un peu la pédagogie traditionnelle. Dis comme ça, ça peut donner l’impression qu’on a affaire à des monstres mais ce n’est pas vrai du tout. Au contraire, la pédagogie traditionnelle a bien évolué. Le but n’est pas de dire qu’il y a un courant ringard à évacuer, comme le font trop souvent les lectures rapides en pédagogie active. La pédagogie active n’avait pas pour vocation, à la base, de chasser la pédagogie traditionnelle: elle voulait la moduler. Ce que vous listez, c’est exactement comme ça que ceux qui veulent torpiller la pédagogie traditionnelle la présente… mais sans votre sourire.

La pédagogie traditionnelle aime les classements et les palmarès. “Un bon élève est un élève performant”, écrivez-vous. Mais vous dites aussi: “Ne laissez jamais un classement ou un déclassement porter atteinte à l’estime de soi de votre enfant.”

Tout courant radical exclusif m’agace prodigieusement. Il ne faut pas chasser les autres pédagogies. Il y a des dérives partout. Dès qu’il y a un classement, vous avez des meilleurs mais aussi des mauvais. Il y a de l’exclusion. On doit tempérer les mécanismes de la pédagogie traditionnelle. Là où elle devient intéressante, c’est quand elle se met à faire de la pédagogie différenciée. La pédagogie de maîtrise ou la pédagogie par objectif, ce sont les déclinaisons positives d’une pédagogie qui s’adresse à tous, puisque ça reste de la pédagogie simultanée, mais en se préoccupant de chacun.

pédagogie enfant bruno humbeeck

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Vous dites que quand la société bouge, l’école se métamorphose, mais la société bouge bien plus vite que l’enseignement, non?

Oui. On l’a vu avec la pandémie. La société a bougé de façon massive. Et sur quelle pédagogie s’est-on retourné? Sur la pédagogie traditionnelle. La pédagogie active, on ne l’a pas entendue. On s’est arc-bouté sur la pédagogie traditionnelle aussi pour le pire. C’est toujours la pédagogie traditionnelle qui prend les premiers coups et qui s’adapte. Le reste suit. 

L’école online de ces derniers mois, on ne peut pas dire que c’était une franche réussite….

Certains ont fait des choses super. Mais il fallait les accompagner. Ce n’est pas la faute des enseignants. J’ai vu des enseignants faire des cours ex-cathedra à des élèves toute une après-midi: ils allaient évidemment dans le mur. La Fédération Wallonie-Bruxelles n’a fait que des circulaires mais il aurait fallu mettre des pédagogues dans les classes pour les accompagner. Des professeurs se sont retrouvés à se filmer avec leur petit téléphone, sans être techniquement soutenus et pédagogiquement accompagnés. Les parents ont appris au passage qu’enseignant, c’était un métier. Qu’il fallait séquencer les apprentissages et ne surtout pas faire l’enseignement à la maison, parce que c’est une catastrophe. Faire l’école à la maison, c’est l’enfer. Beaucoup de parents ont cru que vu qu’il y avait trois heures d’école, ils devaient faire trois heures de cours à la maison. Mais la concentration d’un jeune enfant, c’est dix minutes par heure. Hors les parents exigeaient une heure de concentration, se mettaient à hurler. Ça a été l’enfer et de la contre pédagogie en permanence.

Vous écrivez que le discours économique est désormais partout dans l’école traditionnelle: les élèves doivent être performants, les profs efficaces… Mais l’école n’est pas une entreprise!

Ca, il fallait le dire et le rappeler surtout pendant cette période. J’ai entendu des bêtises innommables: notamment qu’il fallait relancer les matières très vites parce que les cerveaux allaient ramollir. Un cerveau n’est pas un muscle. Il fallait faire du sport, ça oui, parce que les muscles ramollissent. Un an sans sport pour les adolescents, c’est une catastrophe. Par contre, un an sans matière, votre cerveau ne va pas ramollir. Vous serez moins instruit mais vous serez tout aussi intelligent. Le concept de génération sacrifiée m’agace au plus haut point. Est-ce que vous savez repérer le niveau d’intelligence de gens qui ont connu la guerre? C’est impossible. Ils sont tout aussi intelligents. Ils ont été capables de réfléchir le monde, il y a autant de penseurs, d’imbéciles, de gens intelligents qu’à n’importe quelle autre époque. Notre période, c’est pareil. Le fait de ne pas aller à l’école n’est pas dangereux. Le fait d’avoir arrêté le sport est nocif. Il aurait mieux valu garder le sport parce que les contacts sociaux, quand on ne les a pas, ça ramollit. C’est un engourdissement affectif. Un cerveau, lui, ne ramollit jamais.

On en vient aux pédagogies dites “nouvelles”. Vous n’êtes d’emblée pas tendre avec Céline Alvarez: sa sculpture est en kit, elle fait une pédagogie de pacotille, c’est une pédagogue de grande surface, elle joue à Super Nanny en maternelle…

Les livres de Céline Alvarez sont vides. Elle donne la leçon aux enseignants, je trouve ça insupportable. A la lire, elle sait, eux pas. Elle n’a aucune autre référence qu’elle-même, elle ne cite même pas Montessori, elle fait comme si elle avait tout inventé alors qu’il n’y a absolument rien de nouveau. Il y a des photos d’elle dans ses livres la montrant en train de bouger des meubles dans une classe. Mais bouger des meubles dans une classe, c’est bouger des meubles: j’appelle ça un déménagement, pas de la pédagogie. La pédagogie Céline Alvarez, c’est moi je, moi je, c’est tout. Elle dit: une année pour tout changer, mais qu’a-t-elle changé? Je vais tous les jours d’école en école, elle prétend avoir révolutionné l’enseignement en Belgique mais je ne vois rien. Ce qui m’agace c’est qu’elle laisse penser que tout est simple. Mais en maternelle, si vous leur lancez des lettres en espérant qu’ils forment spontanément l’alphabet, sachez qu’ils vont juste les bouffer, les lettres. L’enseignement n’est pas simple. Et quand Céline donne ses petites recettes, elle dit à ceux qui n’y arrivent pas que c’est de leur faute. 

Les livres de Céline Alvarez sont vides. Elle donne la leçon aux enseignants, je trouve ça insupportable. A la lire, elle sait, eux pas. Elle n’a aucune autre référence qu’elle-même, elle ne cite même pas Montessori, elle fait comme si elle avait tout inventé alors qu’il n’y a absolument rien de nouveau.

Bruno Humbeeck

Vous l’avez rencontrée?

Non. Elle ne le souhaite pas, je crois. (Il rigole) Elle connaît ses limites. Elle va dans les terrains conquis. Elle se fait interroger par des gens qui ne sont pas des pédagogues, elle va dans des émissions ou elle est interrogée à la grosse louche. 

Pourquoi il vous énerve tant son slogan: “Un an pour tout changer”?

On ne révolutionne rien en pédagogie et on doit avoir beaucoup de modestie, il faut lire des milliers de livres pour en écrire un. J’ai maturé mon livre presque 30 ans pour pouvoir oser l’écrire, je n’aurais jamais écrit ça il y a 10, 15 ans et je ne prétendrai jamais changer quelque chose. Je regarde les enseignants et je mets des mots dessus. Je traduis ce qu’ils font. On fait une évolution et sûrement pas une révolution. Un an pour tout changer, c’est de l’arnaque. Je n’ai rien contre Céline Alvarez personnellement, je ne la connais pas. Mais je ne donne de leçon à personne: tout le monde fait ce qu’il peut, du mieux qu’il le peut. 

Au sujet de Montessori, vous rappelez qu’elle n’a jamais enseigné, à personne. Elle n’a aucune expérience de terrain. Ce n’est que de la théorie, qu’elle est la seule à valider puisqu’elle ne cite personne comme référence. Vous dites qu’elle aime bien la lumière.

D’emblée, elle, c’est du merchandising. C’est une marque. C’est tout l’inverse de Freinet, qui était enseignant, technicien. Freinet disait aux enseignants: je vais vous donner quelques techniques pour aider les enfants. Montessori, elle disait: on fait ça et rien que ça. C’est un système cloisonnant. On ne fait pas de petits révolutionnaires de nos enfants en les mettant en Montessori, c’est du moutonnage. On vous dit que tous les enfants sont des surdoués, on dit que Bill Gates, Jeff Bezos, ceux qui ont bien réussi dans la vie, viennent d’un enseignement Montessori: c’est de la pub, simpliste, exclusive, dangereuse. Les pédagogues actifs, comme Adolphe Ferriere, ils ont réellement voulu faire avancer la pédagogie, pas juste avoir la notoriété. Si vous lisez vraiment Montessori, pas les livres qui racontent ce que Montessori a dit, c’est édifiant, c’est plein de concepts qui n’ont plus de sens. C’est une théoricienne de la pédagogie à la grosse louche mais c’est attractif et elle a de bons arguments de vente.

Il y a une chose que je ne savais pas au sujet des jouets Montessori et des lectures de conte…

Les jouets, chez Montessori, ne doivent pas sortir de leur fonction. Vous ne trouverez jamais un petit magasin de fruits et légumes pour “faire semblant” dans une école Montessori. Et il n’y a pas d’histoires, de contes: tout doit être ancré dans le réel. C’est l’enfer. Sur les photos des écoles Montessori, il y a 600 têtes d’enfants et zéro sourire. Personne ne sourit parce que ce n’est pas une pédagogie marrante, les enseignants sont des guides mais ils n’amusent pas, ils ne stimulent pas. Je m’agace contre Montessori, à cause de ce qu’on en a fait. Elle a du sens dans l’histoire de la pédagogie mais comme les autres, parmi d’autres. Je lui concède que le matériel mis à hauteur d’enfant, c’est une bonne chose. On lui doit ça. Mais elle n’a rien révolutionné.

Les écoles Montessori sont hyper chères alors qu’au départ, Montessori, c’était pour les familles défavorisées…

Le but, c’était d’éduquer la famille de force, pas comme Freinet qui voulait émanciper les petits enfants pauvres. Quand il a rencontré Montessori qui demandait que les enfants se contrôlent mutuellement sur leur propreté, il se demandait: mais que ferait-elle avec mes petits hirsutes? Il faut lire Montessori et Freinet. Un enseignant qui lit Montessori ne va rien comprendre, un parent non plus. Elle a très peu écrit et ce qu’elle a écrit ne vaut pas la peine d’être lu. Les gens se basent sur ce qu’on leur raconte et en fait, ils mélangent tout. 

Au final, ce livre, c’est l’occasion de dire qu’il n’y a pas un courant meilleur qu’un autre: l’enseignant doit aller puiser partout. Mais le parent, il fait comment pour choisir?

Il fait comme vous le faites: en choisissant ce qui correspond à vos aspirations de base et en optant pour une école ouverte. C’est le degré d’ouverture de l’école qui est à privilégier. Je parle du Cercle des poètes disparus, qui est un très bel exemple de pédagogie libertaire dans un enseignement traditionnel. A la fin, le professeur s’en va. Il n’a pas transformé l’école mais les élèves ont appris à se mettre debout sur les bancs. C’était un moment libertaire.

Mais si on se trompe de pédagogie? Si on inscrit notre enfant dans un système qui aurait été peut-être bon pour nous mais qui ne l’est pas pour lui, on fait quoi?

Continuez à vous tromper mais trompez-vous mieux. On a le droit de se tromper, de tâtonner, il n’y a pas d’école parfaite. Il faut surtout s’assurer que notre enfant a un parcours qui l’ouvre et ça, ça peut être à l’école, ou ailleurs. L’école n’est pas tout.

Pour vous procurez le livre « Quelles pédagogies pour mon enfant? » de Bruno Humbeeck, c’est ici. Et pour prolonger la discussion, Bruno Humbeeck donnera une conférence en ligne le 23 février prochain à 20 heures pour la plateforme Parents-Thèses. Vous pouvez donc suivre l’événement partout dans le monde. Infos ici.





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13 comments

Maman Lempicka 2 février 2021 - 9 09 33 02332

Je savais qu’Alvarez était partie prêcher en Belgique ce qu’elle n’a pas réussi à prêcher en France auprès des profs des écoles. Les enseignants détestent cette donneuse de leçon et ne sont dupes de rien. Son expérimentation à Gennevilliers s’est faite dans des conditions qui ont laissé ses collègues totalement sur le carreau. Heureuse que sa mascarade (largement relayée dans le milieu de la petite enfance) commence à être percée à jour. Et merci aussi pour cet éclairage sur la pédagogie Montessori, qui a permis à l’enseignement pré-élémentaire de se renouveler, mais qui ne saurait être considérée comme LE modèle à suivre. Merci pour cet article ?

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seayouson 2 février 2021 - 9 09 41 02412

Merci à toi. Je ne savais absolument pas que Montessori, à la base, c’était pas vraiment rigolo.

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petitsruisseauxgrandesrivieres 2 février 2021 - 10 10 10 02102

Merci Deborah, très intéressant ! J’ai lu et apprécié les lois naturelles de l’enfant il y a qq années, puis avec le recul et davantage de recherches, je me suis rendu compte de la tromperie. Mon aînée a 15 ans, et même si cela n’avait pas le nom de Montessori, c’était quand même bien cela qui était à l’oeuvre, par des des enseignantes « classiques » et dévouées, imaginatives, encourageantes… Rien de très nouveau donc chez Madame Alvarez, en dehors d’un sens du marketing très aiguisé !

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chamcham 2 février 2021 - 11 11 40 02402

Personnellement, j’ai aimé lire les deux livres de Céline Alvarez.
Je salue sa volonté de faire bouger les choses dans les écoles et de rendre tout cela public via les livres, les conférences ted, youtube etc
En revanche, il me semble que les profs n’ont pas attendu qu´elle arrive pour faire les choses différemment en se fondant sur ce qui fonctionne avec les enfants .
Cela dit, elle peut servir d’inspiration si jamais le besoin se faisait ressentir.
Quant à Montessori, en mourant, elle a dit : Ils n’ont rien compris.
Ce qui rejoint les propos de Bruno Humbeeck.

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Cordisco 2 février 2021 - 21 09 41 02412

Je pense que Mr Humbeeck n’a rien compris ou n’a pas essayé de comprendre…

J étais perplexe à propos des changements mis en place par Céline Alvarez mais j ai lu, suivi les formations, j’ai été sur le terrain voir comment ça se passait..et avec mes collègues nous avons mis en pratique…
Je suis institutrice maternelle depuis 25ans en Belgique . Si je n avais pas changé m a façon de travailler je pense que j aurais arrêté d’ enseigner.

Je vous assure que ça a changé notre vie.
On retrouve une toute autre ambiance de classe où respect, entraide ,empathie…règnent.
On forme une équipe …
L’ autonomie, l évolution et progression des enfants sont impressionnantes..
Et le plus important, les activités proposées ont du sens !

Moi je dis Merci Céline ???

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Faussone 3 février 2021 - 19 07 42 02422

J’ai également réorganisé ma classe et changé ma manière de travailler… Je n’ai qu’une seule chose à vous dire Monsieur, venez dans ma classe.

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Maryline Kroonen 3 février 2021 - 10 10 37 02372

Bonjour, j’ai travaillé 20 ans en école Montessori auprès d’enfants épanouis et très souriants! Leur confiance en eux et l’autonomie acquise grâce à l’école (et bien entendu toujours en lien avec les familles) était vraiment belles à observer. Personnellement je mettrais les visages tristounets de l’époque sur le compte de la photographie de l’époque (où ils devaient rester des plombes sans bouger afin d’avoir une photo correcte).
Je vous recommande la nouvelle biographie de Maria Montessori écrite par Martine Gilsoul. Elle donne un visage de Maria très humain et on peut se rendre compte de tout ce qu’elle a traversé de pénible pour défendre la cause de l’enfant. Comme tant d’autres pédagogues. Je peux comprendre la réflexion de Mr. Humbeeck car elle a longtemps été encensée comme une sainte. Mais j’aime cette biographie car elle redescend de ce piédestal tout en montrant la profondeur du travail d’une vie, travail impressionnant !
Je crois vraiment en la pertinence de cette pédagogie, et je suis heureuse qu’elle soit utilisée parmi d’autres approches dans les écoles et dans les familles. Car bien utilisée et certainement pas de façon rigide elle offre selon mon expérience la possibilité aux jeunes enfants de grandir paisiblement et avec l’esprit ouvert. Une excellente base en santé mentale si importante à notre époque ! Et bien entendu pas la seule…

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Julien Maréchal 3 février 2021 - 14 02 00 02002

Cher Monsieur Humbeeck,
En voyant l’intitulé de votre interview, je pensais avoir trouvé une critique constructive de Céline Alvarez et de Montessori. Je m’en réjouissais car je trouve qu’il y a du bon dans ces pédagogies, mais qu’elles souffrent de certaines limites qu’on n’a pas assez mises au jour, faute d’un débat serein.
Malheureusement, votre propos est tout autre. Vous semblez détester Céline Alvarez au-delà de toute raison et semblez plus attentif à la disqualifier qu’à argumenter votre critique. Pire, vous dites des contre-vérité. « Céline Alvarez n’a aucune autre référence qu’elle-même », dites-vous. Avez-vous seulement ouvert « Les lois naturelles de l’enfant »? Si non, je vous invite à lire les 35 pages de notes et de bibliographie qui clôturent le livre. « Elle fait comme si elle avait tout inventé alors qu’il n’y a rien de nouveau », dites-vous encore. A nouveau, je vous invite à lire son livre. A la page 16, elle explique justement que sa méthode semble novatrice mais se base en réalité sur des courants pédagogiques qui remontent au 18e siècle. Je m’arrête là.
Ma réaction ne vise pas du tout à dire qui a raison ou qui a tort de Céline Alvarez ou de vous. Justement, si votre interview m’intéressait, c’est parce que je suis en questionnement. Au final, je n’ai rien appris, car votre propos n’est pas scientifique, il est simplement polémique et transpire l’animosité, ce qui ne me semble pas digne du chercheur que vous êtes. L’enseignement, en tout cas, ne s’en trouve pas grandi. Et les élèves méritent mieux que cela.
Bien à vous,
Julien Maréchal

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Burnotte Kristel 6 février 2021 - 21 09 37 02372

Voilà qui est bien dit! Merci !

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Masson Anne 3 février 2021 - 19 07 44 02442

Bonjour

Merci Julien pour votre commentaire, je vous rejoins totalement.

Je suis tellement navrée de lire de tels propos sans fondements avec de nombreux faits erronés, sans compter la méchanceté gratuite qui n’a rien de tangible.

Je suis enseignante en maternelle depuis 21 ans… j’ai modifié depuis 7 ans ma pédagogie (qui n’était pas tellement « traditionnelle », plutôt orientée PEMV mais qui ne me convenait pas pleinement). J’ai digéré un certain nombre de lectures, de conférences, de formations (oui j’ai lu Maria Montessori, Céline Alvarez ou Stanislas Dehaene et bien d’autres !) et ma pédagogie en a été transformée : j’ai des élèves avec des énormes sourires qui s’épanouissent et les résultats sont nettement supérieurs à ceux que j’obtenais « avant » (autant sur les compétences « scolaires » que sociales).

Bien à vous,

Anne

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Tchartorijsky Séverine 3 février 2021 - 20 08 15 02152

Cher Monsieur Humbeeck,
Je suis institutrice maternelle depuis plus de 20 ans. Voilà 5 ans que j’ai changé ma façon d’enseigner grâce à Céline Alvarez. Apparemment vous ne connaissez vraiment pas Céline Alvarez. Elle ne cesse de dire qu’elle ne propose pas une pédagogie et qu’elle n’a rien inventé. Elle ne fait que mettre en lumière toutes les recherches en neurosciences qui devraient faire évoluer notre façon d’enseigner. Les lois naturelles de l’enfant, simplement respecter le développement de l’enfant et lui proposer un environnement suffisamment riche à la hauteur de son intelligence en plein développement, voilà ce que Céline Alvarez propose. Mettre en avant l’importance des fonctions exécutives primordiales pour le développement des enfants et dont on ne nous parle toujours pas.
Les enfants ont soif d’apprendre et, oui, ils entrent naturellement dans la lecture avec joie dès 4 ans. Bien souvent, un enfant agité, difficile en classe, est un enfant qui s’ennuie.
Pour rien au monde, je ne retournerais en arrière. Quelle joie d’enseigner de cette façon. Quelle joie de voir les enfants rayonnants dans la classe.
Merci Céline Alvarez.

Juste une question Monsieur Humbeeck : « Avez-vous déjà enseigné en maternelle? »

Belle soirée.

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Maman Lempicka 6 février 2021 - 10 10 32 02322

Coucou Déborah,
J’ai lu les commentaires qui ont suivi le mien et je constate qu’il est très difficile de critiquer Mme Alvarez. Pourtant, nombre de professeurs rejoignent l’analyse de Mr Humbeeck. Je rejoins également ce monsieur quand il met en avant la pédagogie Freinet, dont on parle trop peu de nos jours, peut-être fait-elle moins vendre… En tous les cas n’oublions pas que Mme Alvarez, contrairement aux nombreux commentateurs ayant réagi, a elle, très, très peu enseigné en maternelle…J’admire d’ailleurs sa capacité à sortir une méthode clé en main d’une simple année d’enseignement, qu’elle a vécu dans des conditions qui n’ont strictement rien à voir avec celles des collègues. Comme Petits Ruisseaux, je lui reconnais en revanche un grand sens du marketing.

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