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Famille + Couple

Chères institutrices, comment faites-vous?

(Ce texte s’adresse évidemment aussi aux hommes qui enseignent en maternelle. Selon les statistiques officielles de l’enseignement en Belgique, il y avait, en temps plein, dans l’enseignement maternel, lors de l’année 2017-2018, 10.987 institutrices pour 336 instituteurs. On sait qu’en grammaire, c’est le genre masculin qui l’emporte. Dans mon texte, pour une fois, ça sera la majorité.)

Je ne sais pas comment font les institutrices. Je ne me posais pas la question avant d’avoir un enfant. J’ai probablement propagé les habituelles croyances désobligeantes d’usage, mais je me rends compte aujourd’hui de l’ampleur de la tâche. Je ne sais pas comment font les institutrices pour supporter la responsabilité de leur tâche, le bruit, l’agitation, l’ingratitude parentale comme enfantine et les critiques que certains ont à leur égard. Et je ne parle même pas du système actuel qui les ballote d’une école à l’autre, pour des remplacements misérables, sans aucune humanité.

Je n’ai qu’un enfant et je me sens parfois débordée. Elles en gèrent 20 au minimum chaque jour et avec le sourire, en prime. On dépose chaque matin nos enfants pas toujours bien réveillés entre les mains d’institutrices peu soutenues par le système en place, en exigeant silencieusement qu’elles se débrouillent pour qu’ils se sentent considérés, rassurés, tout en attendant d’elles qu’elles les rendent malins et débrouillards. On exige d’elles qu’elles soient justes, impartiales, chaleureuses, à l’écoute. Des choses qu’on n’arrive même pas forcément à être nous-mêmes avec nos enfants.

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Tandis qu’on savoure le silence après la course matinale, elles vivent au milieu des cris. Qu’ils soient joyeux ou énervés ne changent rien à l’affaire : ce sont des cris. Et c’est épuisant. Je ne sais pas comment elles font pour gérer ce petit troupeau de marmots agités en acceptant l’idée que selon l’école où elles enseignent, elles auront du budget ou non.

Je ne sais pas comment elles font pour supporter les inégalités qui se creusent et la pauvreté infantile en hausse permanente.

Pour supporter l’idée que certains enfants n’ont pas de quoi manger le midi et qu’elles ne peuvent rien faire contre ça. Parce que ce n’est pas leur rôle. Comment font-elles, alors qu’elles passent plus de temps avec nos enfants que nous, pour garder leurs distances ?

école cahiers

Je ne sais pas non plus comment elles font pour trouver autant d’idées, tous les jours, pour occuper intelligemment nos enfants alors qu’ils ont, c’est bien connu, la capacité de concentration d’un poisson rouge et qu’ils veulent qu’on change d’activités toutes les dix minutes.

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Je ne sais pas comment elles font pour accuser sans broncher les commentaires des parents.

Ces parents qui leur font savoir qu’ils ont du travail, EUX, et qui oublient que l’éducation de leurs enfants en est un également. Ces parents qui ne délèguent rien dans l’open space, parce qu’ils croient être les seuls à savoir les procédures et les règles et comment faire pour bien faire, mais qui délèguent tout quand il s’agit de leur progéniture. Je ne sais pas comment elles font pour supporter ceux qui arrivent systématiquement en retard, le matin ou le soir, témoignant de la sorte d’un mépris total pour l’organisation générale de leur journée ou leur vie privée. Je ne sais pas comment elles font pour supporter ceux qui leur laissent leurs enfants toute la journée mais qui refusent de leur donner un quelconque pouvoir. Ceux qui montent au créneau dès que leur enfant a été sanctionné pour un mauvais comportement.

Je ne sais pas comment elles font pour avoir le courage de sortir leur matériel de bricolage ou leurs corrections en soirée. Quand ceux qui disent avoir « un vrai job » se délassent en famille devant la télé et que les rageux répètent sur les réseaux sociaux qu’elles sont « tout le temps en vacances ». Pendant que les rageux ragent, elles découpent, elles collent, elles établissent des plannings et pensent au petit Arthur dont les parents sont en train de divorcer et qui encaisse le coup difficilement.

crayon école

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Je ne sais pas comment elles font pour être malades.

Elles ont un choix à faire et aucune solution n’est acceptable. Soit elles vont à l’école, coûte que coûte, avec la migraine et l’écharpe autour de la gorge. Elles tiennent bon, alors qu’elles savent qu’elles risquent de contaminer toute la classe. Soit elles n’y vont pas et elles savent que leurs petits élèves, qui voient en elle un pilier de leur équilibre, seront éparpillés là où il y a de la place, dans des classes déjà bien trop remplies.

Je ne sais pas comment elles font pour tenir tête à ces enfants qu’on n’éduque pas sous peine de les brusquer, qu’on ne punit jamais sous peine de les traumatiser. Ces enfants dont les parents soulignent l’incroyable perfection en permanence, à qui les proches ne trouvent aucun défaut. Ceux à qui on ne refuse rien. Parce qu’on les voit peu et que sur les quelques heures qu’on passe avec eux, on ne veut pas jouer au gendarme. Je ne sais pas comment elles font pour gérer les crises d’un enfant quand 20 autres ont besoin de leur attention.

Je ne sais toujours pas comment elles arrivent à trouver la patience pour leurs propres enfants après s’être occupées de ceux des autres.

Où trouvent-elles les ressources, l’énergie… L’envie? De lire une « dernière histoire »? De faire « un dernier bisou »?

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Le job d’enseignant est peut-être le plus ingrat du monde tant il est peu valorisé. Alors qu’on sait tous l’importance d’un bon professeur dans un parcours scolaire. On sait tous l’importance d’un instituteur empathique, encourageant et intéressant pour donner le goût de l’apprentissage à nos mômes. Je comprends l’immense fatigue qui s’empare du corps enseignant quand je vois comment on le malmène.

Même si c’est un job éprouvant, les instituteurs et institutrices ont la chance folle de faire un métier qui a du sens et qui en aura toujours. Dans un monde où l’intérêt des tâches qu’on nous demande d’exécuter pose question, dans un monde où répondre aux ordres d’un patron déconnecté de la réalité de ses employés pour son unique profit est d’une absurdité sans nom, les institutrices pourront trouver le sens de leur vocation dans le regard des enfants qui leur font face. J’imagine que c’est là qu’elles puisent leur abnégation absolument admirable.


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(56 commentaires)

  1. Ce que tu décris pèse sur le quotidien, c’est certain. Mais les élèves et les parents, c’est loin d’être le plus difficile. Le plus difficile, c’est l’absence de considération salariale. Le mépris de la hiérarchie. L’absence de retour sur son travail. Le manque total de perspective et d’évolution personnelles. Voilà ce qui ce qui a entamé mon énergie, mon envie, et au final, m’a fait rendre le tablier.

    1. Oui, bien sûr, je le savais en écrivant. Mais j’ai parlé de mon point de vue de maman. Si tu me lances sur le côté salarial, mépris et hiérarchie, c’est un livre que je vais écrire. Le truc, c’est que malheureusement, ça, ça n’est pas propre a la profession d’enseignant. Le journalisme en est au meme point: mépris, hiérarchie, salaire, horaires intenables, deadline impossibles… Bref, peut-être un jour.

    2. Le manque de considération salariale… Je suis en désaccord complet dès qu’un collègue enseignant aborde le sujet… Combien voudriez-vous que l’on gagne en travaillant 1 jour sur 2 (si si comptez bien…) Un instituteur ou un professeur approche (voire dépasse) les 2500 euros après 20 ans d’expérience… Pour le reste, d’accord avec vous.

      1. euh… je suis directrice et enseignante depuis 20 ans je ne suis de loin pas à 2 500 euros et j’ai des cours quintuple, double et triple niveaux (classe de cp +ce1+ce2+ …) depuis le début de ma carrière.
        Comment arrivez vous à 2500 euros?

      2. Ma compagne est enseignante, et si elle n’a de « présentiel » devant les enfants « que » quatre jours par semaine, je peux vous assurer qu’elle travaille 7 jours sur 7… et elle ne range pas son cartable le vendredi soir des vacances pour le ressortir le lundi matin de la rentrée. Et il lui faudra bien plus que 20 ans d’expérience pour atteindre les 2500 euros à l’allure à laquelle son salaire évolue. donc merci de ne pas véhiculer des idioties pareilles.

      3. Vous oubliez que la journée d’un enseignant ne se termine pas lorsqu’il quitte ses élèves.
        Il faut ensuite préparer sa classe pour le lendemain, corriger les copies (qu’on rapporte souvent à la maison)…
        Vous oubliez aussi que les enseignants préparent leurs séances de classe le soir chez eux, le week-end, et aussi pendant leurs vacances. Alors lorsque vous dites que nous sommes en vacances 1 jour sur 2, vous feriez bien de vous renseigner un peu.

      4. Bonjour ben hart. J’ai 20 ans de carrière…Sans revenir sur le salaire loin encore des 2500 euros, vous parlez du travail « visible » 1 jour sur 2, face aux élèves…Mais un enseignant ne travaille pas que les jours de classe..Loin de là. Car pour que la classe fonctionne, il y a tous les à-côtés…les préparations de séances, de matériel, les corrections, les programmations, les réunions,les papiers à remplir pour tel ou tel enfant, les rendez- vous avec les parents…Etre enseignant, c’est souvent du 6 ou 7 jours sur 7..Même le dimanche, si, si!
        Cordialement.
        Une enseignante à plein temps.

      5. Encore un rageux mal informé sur le salaire et encore moins sur la réalité du travail d’un enseignant. Le travail en dehors du temps de présence des élèves est ENORME. Donc non, pas un jour sur deux de repos. Peut être un jour sur 10 au mieux (ben oui, faut préparer le contenu des cours pendant le weekend, c’est fou ça).

      6. Bonjour,
        Je suis enseignante depuis 27 ans et je gagne 2300 €. Je ne me plains pas mais je ne peux pas vous laissez dire qu’au bout de 20 on dépasse les 2500. C’est faux.
        Enfin je suis effectivement présente à l’école devant élèves 1 jour sur 2 mais je travaille chez moi (entre midi et 2, 1 heure, tous les soirs 1h – correction – une après-midi entière le week-end – préparation – et la moitié de chaque vacances)
        Et ça c’est hors période de livrets et sans compter les rdv parents.
        Bref je ne me plains pas (il y a pire… mais il y a mieux aussi à diplôme egal) mais je ne vole pas mon argent et même, je mérite mieux…
        Voilà
        Bonne soirée. Moi je vais finir de préparer ma classe…

      7. « Un enseignant travaille un jour sur deux (si si comptez bien…) »
        C’est une blague ???
        Les enseignants sont un jour sur deux avec les enfants mais croyez-vous qu’ils ne font rien en dehors de ces moments ? Qu’il n’y a pas de corrections, de préparations et autres e-mails à faire ?
        C’est scandaleux de dire cela sous prétexte que vous ne voyez pas le reste de leur travail.
        De plus, cela montre que vous n’avez même pas lu l’article dans lequel il es fait mention de cela.

      8. Eeeuuuuh…. Travailler un jour sur deux? Tu confonds travailler et être devant les élèves… Le travail ne se résume pas à ça…Quant au salaire, j’ai 20 ans d’ancienneté, je gagne environ 2100€ par mois… En comparant avec les autres pays de l’OCDE, on voit clairement qu’on est mal payé, je ne vois pas pourquoi on devrait avoir avoir honte de réclamer!

      9. Sur quelle planète un instit après 20 ans d’expérience dépasse les 2500 euros? Pas la planète France c’est certain! Et le coup du travail 1 jour sur 2, vous n’êtes certainement pas enseignant pour sortir une ânerie pareille, je pense plutôt à un vilain troll 😉

    3. Allez restons sérieux, je suis enseignant comme vous. Je suis entouré d’enseignants (primaire, secondaire inférieur) dans mon entourage. Je sais ce que gagne un enseignant à temps plein qui arrive à 45 ans (En Belgique, je ne parle pas de la France) .. Un instituteur ou régent arrive à +- 2000 euros après 12 ans d’ancienneté. Si ça n’est pas votre cas, c’est qu’il y a d’autres choses à prendre en compte. J’ai vu mon papa instituteur toute sa carrière… (je connais le montant de sa pension, ça aussi vous voulez en parler??) Combien voudriez-vous gagner en prestant 180 jours par an? Même ceux qui disent n’arriver qu’à 2300 euros, vous n’arriverez-pas à m’enlever de l’esprit que le salaire d’un enseignant est confortable. Comme vous j’ai beaucoup préparé le soir, corrigé le weekend …. tout jeune enseignant. Les enfants, les parents, le non-soutien de nos directions, le côté administratif de la profession, voilà ce dont nous pouvons nous plaindre. Je suis désolé collègues enseignants, mais le manque de considération à notre égard, vient aussi du fait que notre corporation pleurniche sans arrêt sur des choses qui n’ont pas raison d’être (comme par exemple le salaire et l’énoooorme somme de travail qui vous empêche de profiter de vos weekends et vacances avec vos enfants…).

      1. « Mais combien gagne un enseignant ? Une personne qui fait ses débuts dans l’enseignement maternel, primaire et secondaire gagne environ 1.663,67 euros net par mois. »

        « En tant que professeur débutant, vous êtes bien loti en Belgique. Et plus votre expérience augmente, plus votre salaire est élevé. Après dix ans, un enseignant des niveaux maternel, primaire et secondaire est rémunéré 1.950,07 euros, et, après vingt ans, il touche 2.241,48 euros par mois.  »

        En résumé 20 ans d’ancienneté = +- 2250 par mois pour un instit ou prof de l’inférieur.

        Je suis désolé, mais chaque instit / prof inférieur s’approchera des 2500 euros quand il aura dépassé les 20 ans de carrière. Il les dépassera si il est détenteur d’un Master /licence. Encore quelqu’un pour contester les chiffres?

        Source: https://www.jobat.be/fr/art/voici-que-gagne-un-enseignant-a-letranger

      2. Oups, je me rends compte que j’ai oublié nos 2 pécules dans nos petits calculs. Vous vous rendez compte que tout le monde n’y a pas droit, et que le plus gros de vos 2 pécules, atteint quasiment le montant du salaire net de votre caissière préférée au Aldi? Bonnes corrections …

      3. C’est comparer l’incomparable, selon moi. Au-delà du fait que ce n’est pas le sujet ici, vu que je parlais de mon point de vue de maman. Certains jobs sont moins bien fatiguants que celui de l’enseignement et ils sont, pourtant, grassement rémunérés mais personne ne s’en offusque. Gagner 2200 euros, on dirait que c’est toucher le pactole. Je ne comprends pas qu’on s’offusque toujours du salaire des « petites gens » mais jamais de celui des ministres ou des administrateurs de Publifin. Là, il y a matière à discuter. Parce que c’est à cause de ces gens-là que les gens qui bossent tous les jours ne reçoivent pas un salaire décent. Le problème ce n’est pas ce que les profs gagnent. C’est que les autres professions ne gagnent pas à cause de ceux qui en gagnent trop. C’est là que devrait être canalisée toute l’énergie du peuple.

      4. Je ne suis pas entièrement d’accord avec votre argumentation… en tant qu’enseignante je « preste » plus de 180 jours par an… je ne sais pas quelle discipline/niveau/réseau vous enseignez mais, pour ma part, je n’ai pas un cours « statique ».

        De nouveaux programmes sont arrivés il y a 3 ans pour ma discipline… et les modifications ne sont pas que du glissement d’une année à l’autre : tout doit être revu, corrigé, adapté en fonction de ce qui est maintenant vu les années précédentes, tout en sachant que des modifications peuvent survenir à n’importe quel moment et parfois avec effet rétro-actif…si, si, c’est du vécu.

        Je n’ai jamais, depuis 15 ans que je fais ce métier, gardé des notes identiques d’une année à l’autre. De plus, dans mon établissement scolaire, je suis susceptible de pouvoir donner 13 cours différents, et parfois bien différents alors que le titre du chapitre est proche et cela, en fonction du bon vouloir de la direction. Il n’est pas rare de donner un cours en septembre/octobre et de changer d’attributions en octobre/novembre.

        Alors oui je travaille souvent les « vacances scolaires », le week-end et après ma journée a l’école.

        La charge de travail est conséquente à la base… et quand on ajoute toutes les parties administratives et réunions en tout genre qui bien évidemment sont après les heures en classe, on dépasse souvent les 40h/semaine.

        Ce n’est pas tant le salaire qui me préoccupe le plus mais toute cette absence de reconnaissance de la société, en commençant par les « têtes pensantes », de l’ensemble des tâches à accomplir et de la société décadente dans laquelle nous sommes… les parents des enfants-rois, les pseudo « dys » ( les vrais étants noyés dans la masse) etc

        Alors oui, je trouve l’article bien fait et les remarques/commentaires d’autres justifiées.

        Ah oui, je suis enseignante en mathématiques, DS, réseau FWB.

      5. Ah , alors ,si vous parlez de la Belgique…moi, je suis en France…et tous les arguments que j’ai donnés sont valables ici…Tant pour le salaire que pour la (sur)charge de travail…

    4. Nous savons en commençant ce que l’on va percevoir. Si on y va alors c’est que nous en connaissons les tenants et les aboutissants. Perso je suis en reconversion professionnelle. Je gagnais plus auparavant, je suis donc venue dans l’EN en sachant. Et pour l’instant je ne rencontre pas ce que tu dis…l’absence de retour sur son travail. Les parents qui viennent me dire que leur enfant progresse depuis qu’il est dans ma classe, que l’enfant vient sans la boule au vendre et j’en passe… Pour moi c’est de la reconnaissance !

      1. Si l’on connaissait les tenants et les aboutissants d’un métier en commençant à l’exercer, ça se saurait. J’aurais bien aimé, pour ma part. Pour le retour sur le travail, je parlais d’un ressenti personnel, très fort, très prégnant, mais il ne vaut évidemment pas pour tout le monde et heureusement que tous les enseignants n’ont pas ce sentiment! Bien-sûr, les retours des parents sont agréables, mais quand je parle de retours, je parle de retours de personnes expertes, qui ont une véritable plus-value à apporter sur ma pratique, qui me permettent d’évoluer, de prendre du recul. Les remarques des parents sont nécessaires à leur niveau, mais ne remplacent en aucun cas un regard éclairé sur le métier, et par ailleurs, aucun parent ne permet à un enseignant de donner une autre dimension à sa carrière professionnelle.

      2. Si l’on connaissait en débutant les tenants et les aboutissants d’un métier, les reconversions seraient bien moins nombreuses. Quand je parlais retour sur le travail, je parlais d’un ressenti personnel, très profond et très prégnant. Heureusement, tous les enseignants n’ont pas le même sentiment, et se retrouvent dans les retours des parents sur leur travail. Néanmoins, les retours des parents, aussi agréables soient-ils, ne remplacent pas les vrais feed-backs d’experts sur la pratique, ceux qui permettent de progresser, d’évoluer de se remettre en question. Les parents ne me permettront jamais de donner une autre dimension à ma carrière. Leurs retours sont nécessaires, mais insuffisants.

  2. Coucou suis institutrice primaire, maman solo et une petite puce de 3 ans. Eh bien ça fait vachement du bien de lire cet article sur ce métier si important mais si peu valorisé !
    Merci ❤️

  3. merci pour cet article, cela fait du bien de lire un texte venant de quelqu’un qui a les yeux en face des trous… en revanche, c’est faux de dire que ce métier a du sens et en aura toujours: en Belgique, les réformes amenées par le « Pacte d’Excellence » vont avoir un effet dévastateur…

    1. Ah ouais, ça, vous prêchez une convaincue… Mais disons qu’il aura toujours du sens dans le regard de l’enfant qui vous fait face. Lui, le pacte d’excellence, a 4 ans, il s’en fout. Ce qu’il retiendra, c’est vous…

  4. Je suis le mari d’une de ces fées dont tu décris relativement bien le quotidien, mais elle ont encore un autre métier, c’est infirmière, non seulement pour les petits bobos, mais ma femme a eu il y a 3 ans une fille qui faisait des crises d’épilepsie et à qui il fallait à ce moment la injecter des médicaments, mais il fallait faire un mélange de 2 différentes substances et dans des quantités différentes et bien précises, je lui ai dis de faire signer au parents une note la déchargeant de la responsabilité, elle n’a pas fait des études d’infirmière ni de médecin donc l’erreur due au stress la guettait à chaque crise.
    Enfin effectivement c’est un métier très compliqué et épuisent physiquement et psychologiquement et ceux qui osent critiquer, ayez le courage de venir garder des enfants ne fusse qu’une journée et on en reparle…
    Merci en tous les cas pour votre article, si il pouvait ouvrir les yeux de nombreux parents ce serait formidable pour ces trésors de notre société que sont les institutrices et instituteurs.

    Francis

    1. Bonjour Francis. Il m’arrive la même chose cette semaine. Je suis tellement angoissée j’en ai pas dormi pendant deux jours en attendant le retour de cet enfant qui a fait sa première crise cette semaine et qui peut en refaire à tout moment… je ne sais pas comment je vais réagir si ça arrive je n’ai jamais eu de cas aussi lourd. J’ai l’impression qu’on m’en demande trop là… vivement ces fameuses vacances car je suis à bout du travail, du bruit, des évaluations, des livrets, des rencontres avec les parents (dont trois m’ont fait attendre et ne sont jamais venus alors que je fais garder mon fils de deux ans pour pouvoir voir mes 25 parents…)
      J’ai mal à mon métier.

    2. Malheureusement, certains parents nous disent sans sourciller « que si vous ne savez pas faire votre métier, vous avez qu’à en changer » 🙁
      Nous sommes des êtres humains, enseignants et pas des robots multi-tâches.

      1. Cela dit… Je crois qu’il y a toujours des cons qui diront ça au sujet de toutes les professions. Je suis journaliste. On me l’a déjà dit aussi. 🙂

  5. Un grand merci pour cet article si criant de vérité. Comment faisons nous?
    Personnellement j’ai la chance d’avoir une Atsem à temps plein dans ma classe de petits et son aide est précieuse . sans elle le travail de maîtresse, directrice serait encore plus compliqué.
    Merci pour ces mots qui font du bien.

    1. Merci beaucoup de citer l’Atsem, , je me demandais quand ça arriverait. Je suis entièrement d’accord avec cette description du métier d’institutrices, les côtoyant tous les jours et ayant des amies qui exercent ce beau métier. C’est la même chose pour nous atsem, le salaire en moins et du matin au soir avec seulement 30 mn de pause déjeuner

  6. Merci beaucoup pour ce texte qui fait plaisir à lire et qui relate notre quotidien ! Rare pourtant sont ceux qui le pensent dans notre entourage direct….

  7. Merci pour cet article! Tu as eu les mots exacts pour décrire la réalité des enseignants! Et cela est de nos jours tellement rare que ça fait bcp de bien de te lire!

  8. Merci pour ce moment de soutient.. j ai presque versé une petite larme … tous les métiers sont difficiles et ont leur lot de pénibilité mais le manque de reconnaissance de la hiérarchie et de certains parents est pour moi le plus dur à gérer. Au même titre que les infirmiers ou les puéricultrices nous ne sommes pas considérés à notre juste valeur et on nous rajoute sans arrêt du travail alors que soyons honnêtes , s’occuper de 24 à 32 enfants toute la journée c’est déjà bien plus qu’assez !

  9. Bonsoir,
    Et bien quelle justesse dans la description de cette « vocation d’enseignants ».
    Être capable de décrire si justement et par procuration ce métier, bravo à vous ! Merci également à vous d’avoir pris de votre temps pour écrire ce merci ! Je partage ma vie avec une institutrice, je partage également ses journées par procuration, et en effet tout est identique à votre description ! Elle passionnée, elle est mon amour ! Bien sûr elle est des fois félicitée et remerciée par des parents et leurs enfants, mais les choses changent, je suis fan de ma maîtresse si forte et si fragile à la fois , alors j’en prends soin.
    Merci à vous, merci beaucoup 🙏.
    Michel.

    1. Disons que je suis journaliste et plutôt que de la procuration, mon job à moi, c’est de l’observation. 🙂 Merci pour votre message. Prenez en soin, effectivement.

  10. Merci pour cet article.Enseigner est pour moi, et pour beaucoup, une passion. Mais il est vrai que le manque de reconnaissance et le peu de considération peut-être pesant. Merci donc pour ce point de vue très juste.

  11. Merci beaucoup pour ce texte qui m’a ému. Nous avons trop souvent « le nez dans le guidon ». Nous recevons énormément dans le regard des enfants dont nous nous occupons. Nous n’attendons rien des adultes, ça évite d’être déçu! Alors, quand on lit un texte comme celui-là…
    On se dit que … quelques adultes se rendent quand même compte ! Vous êtes devin? Vous avez une amie instit’?
    Merci! Ça fait du bien ! Merci!

  12. Bonjour,
    Ce message est très beau mais ce qui me touche c’est que nous, les puéricultrices nous sommes toujours oubliées. Pourtant nous sommes tous les jours sur le front toute la journée avec vos bambins avec une 1/2 h de temps de midi. On doit seule, rendre propre quasi 1/2 classe mais ça on en parle jamais. Et mettre au lit presque 40 enfants quasiment seul,… Porter les enfants Et sans possibilité d’evolutionde carrière, pas de nomination, aucune certitude d’emplois, travailler jusque 68 ans. Maintenant, arrêtez svp de nous oublier.
    Bonne journée à tous

    1. Bonjour, j’ai écrit avec mon coeur de maman, qui a actuellement un enfant scolarisé en maternelle. Je ne peux pas faire un article sur chaque profession. 🙂 D’autant que pour tout vous dire, je suis loin de garder un bon souvenir de son passage en crèche. Je ne réfute cependant pas le fait que le travail que vous faites est difficile. Je n’ai « oublié » personne. Je ne peux pas parler de tout, c’est tout. 🙂

      1. Je ne suis pas puéricultrice en crèche mais bien en classe accueil-1ère maternelle. De 8h à 15h30 car depuis 4 ans j’ai pris un 4/5 tps sinon 40h semaine. Et non, il ne faut oublier personne car c’est un travail d’équipe.

  13. Merci pour cette lettre pleine de bienveillance. C’est un métier particulier, c’est un beau métier qui a du sens et qui mériterait d’être davantage soutenu et respecté. Il permet aux futurs citoyens de mettre des mots sur les maux de la société. Que serions-nous sans l’éducation, sans la santé, sans la protection? Voici les piliers de la société, mais des piliers malmenés.
    Je suis admirative des enseignants qui mènent une longue carrière tout en gardant la foi.
    Merci encore pour vos mots si touchants.
    Vive l’éducation! Vive la jeunesse!

  14. Comment font-elles toutes ces personnes qui s’occupent de nos enfants quand on travaille (puéricultrice, instit, prof, …) ? Je ne sais pas.
    Moi j’ai tenu 4 ans avant de fuir (très vite et très loin).
    Maintenant, je suis maman et je me le demande quand je vois le caractère de mes enfants surtout de la plus jeune. Mon angoisse c’est d’arriver à la crèche et qu’on me dise qu’elle a pleuré pendant 1h ou 1h30. Et non elle ne fait pas ça à la maison…

    Toutes ces personnes ont tout mon respect.

  15. Bonjour à tous et à toutes… J’ai beaucoup aimé votre article, Seayouson, car il reflète avec une étonnante sagacité la réalité de terrain du « vrai » métier d’enseignant(e). Je crois qu’il est et sera toujours difficile de faire ouvrir les yeux à ceux qui ne nous côtoient pas de près ! Je peux vous dire que mes enfants sont parfois excédés du temps que je consacre à l’école… Mais a-t-on le choix quand on veut que nos élèves bénéficient du meilleur ? Quand au salaire… On ne parle même pas de nous, maîtres délégués, payés au SMIC (environ 9€/heure) pour réaliser le même métier que les titulaires (et il n’y a aucune amertume à mon discours, juste du regret du manque de considération de notre hiérarchie). Cela fait presque 7 ans que je suis en charge d’un triple niveau CE2-CM1-CM2 d’une trentaine d’élèves et que ce métier, je le fais à fond malgré mes 1300 euros mensuels. Nous avons un des plus beaux métiers du monde et c’est désolant de se sentir reculer petit à petit parce que l’on finit par ne plus avoir l’envie, l’énergie de continuer… Merci, en tout cas, pour ce regard de maman : pour une fois qu’il nous voit vraiment…

  16. Bonjour,

    Enseignante en classe maternelle depuis plus de 30 ans, cette année est ma dernière année d’enseignement.
    J’ai adoré mon métier tout au long de cette carrière.Mais celui-ci a bien évolué. Les enfants sont moins attentifs, plus remuants, plus zappeurs. Ils ne savent plus rêver, créer, attendre. La société leur demande toujours plus, toujours mieux.
    Certains de mes petits élèves de grande section arrivent à la garderie avant 8 heures, sont en classe toute la journée, déjeunent à la cantine, enchaînent les Temps d’Activités Périscolaires (vive la folie de la semaine de 4,5 jours!)repartent en fin de journée à la garderie jusqu’à 18 h ou plus… Ils doivent cohabiter avec 25 « copains » dans la classe, ils croisent une quinzaine d’adultes(enseignants, ATSEM, personne de cantine, animateurs périscolaires…) dans leur journée. Puis certains enchaînent musique ou anglais ou sport, parfois les 3, le mercredi, le samedi ou en soirée. Quel adulte pourrait vivre en permanence dans tout ce bruit, ces demandes incessantes. Ah si, leur enseignante!
    Au bout de 38 années, je travaille encore chaque midi pour préparer mes ateliers de l’après-midi, le soir pour mes prép du lendemain, les samedis et dimanches matins pour la semaine suivante, pendant les vacances pour la période d’après. J’assiste également aux réunions de conseils des maîtres, de cycle, aux animations pédagogiques le mercredi après-midi. Le décompte fait par Ben Hart concernant les heures travaillées est bien loin de la réalité. Je précise également que je n’ai plus aucune journée de formation professionnelle; je n’ai eu qu’une seule visite médicale , à l’entrée à l’école normale. Pas de médecin du travail pour nous.
    Cette année, j’ai plusieurs enfants à profil particulier. Je suis en relation avec 4 assistantes ou travailleuses sociales, un pédo-psychiatre, un éducateur, une infirmière d’hôpital de jour. Je scolarise dans ma classe un enfant autiste en attente d’entrée en IME. J’ai deux élèves ayant une notification pour un accompagnement AVS. Sur les 36 heures notifiés, seules 12h sont pourvues. et l’AVS de ma classe n’a reçu aucune formation. Lorsque je demande à mon inspecteur pourquoi le recrutement d’AVS tarde, je n’obtiens aucune réponse.
    J’oublie les entretiens avec les parents et certainement d’autres choses encore.
    Je termine en disant que ,malgré tout cela, je n’ai jamais regretté un seul jour de me lever pour aller retrouver mes petits élèves. Transmettre des savoirs, faire preuve de bienveillance envers tous (pour certains seule l’école est un havre de paix loin des turbulences de leur maison), rendre curieux ces petits, aider à l’épanouissement de chacun… Oui, le métier d’enseignant est difficile, chronophage, mal payé (n’en déplaîse à Ben Hart) mais il est tellement enrichissant!
    Je partirai en retraite à la fin de l’année scolaire, contente de me reposer mais certainement en versant une petite larme…

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