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Famille + Couple

Il y a un enfant dans mon lit, la nuit…

J’avais dit que « moi, jamais », qu’il était hors de question que je sacrifie mes nuits, que je partage mon lit avec un autre que mon mari. Que franchement, il ne fallait pas avoir beaucoup d’autorité pour en arriver là. Que c’était la porte ouverte à toutes les exagérations, qu’il fallait des limites claires. On était d’accord. Le papa peut-être même plus que moi. Et pourtant, avec le temps, on a assoupli les règles… Notre enfant s’invite souvent la nuit dans le lit conjugal et on le laisse régulièrement se glisser sous les draps.

Il arrive en silence, les cheveux en bataille et les yeux gonflés de sommeil. Je le sens grimper à l’extrémité du matelas. Il effleure mes pieds. Il y va en douceur. Il sait que s’il nous réveille brusquement, il risquerait d’être renvoyé à l’expéditeur. Alors il rampe, il fait preuve d’une délicatesse que je ne lui connais pas en journée. Il s’installe, soupire d’aise, je sens ses petits pieds dans mon dos et sa respiration me dit qu’il est déjà endormi. A-t-il seulement été réveillé ?

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Que s’est-il passé pour qu’on autorise une chose qu’on n’envisageait absolument pas quand il était petit ? Je n’ai jamais fait de cododo avec mon bébé. Je n’en ai jamais eu envie, jamais ressenti le besoin. Il n’a même pas dormi dans notre chambre au retour de la maternité. On l’a directement installé dans son petit berceau, dans une pièce qui lui était dédiée. Ça a été facile : il a fait ses nuits très vite. On n’a jamais dû calmer de chagrin inconsolable et incompréhensible. On se disait qu’on avait bien fait de faire comme ça. Que ça semblait convenir à tout le monde. Le temps a continué à s’égrener, on est passé du berceau au lit à barreaux, du lit à barreaux au matelas au sol, du matelas au sol au premier lit de grand.

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Il aura bientôt 4 ans et depuis peu, il a peur. Du noir, des monstres, du bruit. Il grandit, son imagination fonctionne à plein régime. Il nous confie ses angoisses, on le rassure comme on peut. Mais les mots ne seraient rien sans la puissance de notre présence. C’est la seule chose dont il a besoin: nos corps chauds et nos bras ouverts. Alors la nuit, quand il se réveille, il ne s’épanche pas sur ses angoisses. Il a juste besoin de nous. Et quels parents serait-on si on le laissait seul face à des craintes bien plus grandes que lui? Alors on le laisse venir se rassurer au rythme de notre respiration.

Mon fils est devenu une petite personne. Il a ses opinions, son propre agenda, ses rêves, des attentes. Il tire des conclusions et fait des raisonnements logiques. On se rend compte tous les jours, pour le moment, de ses apprentissages. Et je crois qu’on voit tellement le temps passer qu’on se dit que si on ne profite pas de lui maintenant, on finira par le regretter amèrement. Nos enfants n’ont qu’une seule petite enfance. C’est un one shot, un moment bref, une parenthèse, destiné à prendre fin un jour. Je vois la fin arriver, déjà. Alors je prends tout ce qu’il y a à prendre.

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Je prends l’amour et la douceur, même s’ils se manifestent la nuit. Et tant pis si je dors moins bien. J’en profite pour le détailler, pour observer son petit nez, sa bouche entrouverte, ses paupières closes, sa peau sans défaut.

Je sais qu’il est capable de dormir seul. Je sais que ça ne durera pas toute la vie. Je doute qu’à 16 ans, il vienne encore se faufiler dans notre lit. Je sais qu’un jour, j’aurai toute la place dans mon lit mais que les draps seront froids. Que je me souviendrai en souriant de ses bisous sur mon épaule pour me dire bonjour et de sa petite main qui cherche la mienne dans l’obscurité.

J’aime l’idée que son visage et celui de mon mari soient les premières choses que je vois le matin. C’est une douce manière de débuter ma journée. C’est ma tribu, ce sont mes amours. Et mon lit ne sera jamais trop petit pour qu’ils viennent y dormir.

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(4 commentaires)

  1. Mon fils a eu cette période entre 3 et 5 ans aussi. Il se faufilait dans mon lit au milieu de la nuit. J’adorais le regarder dormir, si paisible, rassuré.Je ne me suis jamais sentie coupable de le laisser faire. C’était une phase, à cette période, il en avait besoin.
    Et tu as raison, ça ne dure pas. Il a 16 ans maintenant et cela fait des années qu’il ne vient plus dans mon lit 🙂

  2. …comme tu dis, il découvre, et son imagination fait le reste :-)) donc la peur, enfin, l’appréhension du noir, de l’ombre, du silence. Et cette  »peur » peut se prolonger jusqu’à l’adolescence si elle n’a pas eu de réconfort quelque part ou de quelqu’un. Donc tu fais bien.
    J’ai eu peur jusqu’à 15 ans, eh oui, mais c’était en grande partie dû au chien féroce qui se trouvait dans la cave des proprios au fond du hall d’entrée ; au lieu de se moquer de moi les vieux auraient mieux fait de me rassurer…;-)

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