Famille + Couple

Nous n’avons que 18 étés à passer avec nos enfants

J’ai lu une phrase qui m’a percutée de plein fouet récemment. Un truc banal, rien de nouveau, et pourtant, on n’y pense pas assez souvent. Je cite: « Nous n’avons que 18 étés à passer avec nos enfants. » J’ajouterais: et encore, s’ils ne nous implorent pas de nier les vacances en famille au profit d’une semaine entre copains dès 16 ans.

18 étés à peine. Il m’en reste 16 à passer avec mon fils.

16 étés à appliquer de la crème solaire sur son corps toujours plus fort, saison après saison. 16 étés de glace parfum chocolat ou fraise, son goût « préféré depuis toujours », c’est-à-dire deux jours. 16 étés à découvrir de nouvelles villes et s’imaginer y vivre. Ou autant à ne rien faire ensemble, sous le toit familial. 16 étés à ne jamais le perdre de vue dès qu’il s’approche de l’océan déchaîné.

16 étés de barbecues, de bombes dans la piscine, de siestes sur un transat grillagés qui s’imprimera sur la joue. 16 étés de demi-sommeil lors de longs trajets en voiture, de tours de manège, de pique-nique sur un banc ou une couverture, de balançoire à pousser, de piqûres de moustiques, d’observation de fourmis, de melon qui jute sur les doigts. 16 étés de réveils paresseux; de soirées qui s’éternisent; de jeux de société qu’on joue à la lueur de l’ampoule de la terrasse, celle qui grésille; de nuits qui commencent dans le canapé du salon en cuir un peu trop froid de notre location saisonnière.

16 étés et mille premières fois, de la première balade à cheval aux premières nuits sous tente avec la lampe de poche qu’on rallume précipitamment parce que « toi aussi, t’as entendu quelque chose? » 16 étés à se créer des souvenirs en famille dans lesquels notre enfant viendra se blottir les jours compliqués et qu’il essayera de faire revivre à ses enfants à lui, un jour, quand viendra son tour d’être l’adulte responsable de la tribu.

16 étés à trinquer au vin rosé en fin de soirée avec son père. Le vin qu’on n’achète jamais, sauf en vacances. 16 étés à chuchoter dans l’escalier pour ne pas réveiller les enfants et à trébucher sur l’avant-dernière marche en pouffant.

16 étés qui, je le sais, passeront aussi vite que s’écoule le sable entre mes doigts. Ce post est un message d’intérêt général aux parents qui se prennent la tête sur les réservations de vacances, sous prétexte qu’il « faut bien essayer de contenter tout le monde », et ceux qui s’énervent quand l’enfant trop heureux leur met du sable dans les cheveux: tout ça ne durera pas. L’important, ce n’est pas la destination mais le voyage pour y arriver et les gens avec lesquels le partager.

Profitez de chaque instant, lâchez votre portable et du lest sur les horaires, laissez-les s’éclabousser bruyamment même s’ils vous empêchent de lire. Ces cris stridents, c’est l’expression même du bonheur. Regardez-les vivre, écoutez-les rire, soyez là, dans l’instant, avec eux. On s’en fout de la météo capricieuse, du serveur mal luné, du retard sur le planning. Arrêtez de remplir vos journées de vacances d’obligations en tout genre, de visites culturelles que vous croyez nécessaires. Lisez d’ailleurs cet article de Slate intitulé « Des vacances réussies ne sont pas des vacances bien remplies« . Je ne l’aurais pas dit mieux. Rien d’autre ne compte cet été que d’être ensemble. N’attendez pas de vous retrouver d’ici quelques années, avec votre verre de rosé pour seule compagnie et un silence assourdissant dans les oreilles, pour vous en rendre compte.

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(19 commentaires)

  1. J’en ai les larmes aux yeux à 7h30 du mat’ c’est vrai qu’on n’y pense pas de cette façon quand on est dans le rythme quotidien. Alors on va profiter de chaque instant avec notre Leo d’amour 😉

  2. c’est la grande angoisse de mon mari : compter les étés de vacances avec les enfants, car il veut leur faire découvrir un max de pays… lorsqu’il s’est rendu compte qu’il n’en restait plus que 10, c’était la panique… en même temps, si on s’éclate ensemble, pourquoi ça s’arrêterait à 18 ans ? j’en connais qui partent encore à 20 ans avec leurs parents.. le principal c’est de passer des bons moments, et c’est ce qu’on fait. chez nous c’est camping en tente et en combi, voyage en Europe, (Angleterre, Allemagne, Italie..) et aussi en France. on découvre des régions, on visite un peu car ça plait à toute la famille… et clairement les horaires, on lâche l’affaire, de toute façon en camping on a jamais réussi à les coucher avant 22h !! et à 10 et 12 ans, ils ont déjà des supers souvenirs ! profitons de la vie, elle est si courte…

    1. J’en ai 38 et partons (moi, mon mari et nos 2 filles) toujours en vacances en camping avec mes parents. Nous sommes aussi partis en voyage dans le sud avec ma belle mere et ma belle soeur. Comme quoi la vie s’arrête pas aux 18 ans de nos enfants! Mais oui ceux-ci seront devenus grands. Alors passez du temps de qualité avec eux quand ils sont petits et ceux-ci seront peut-être encore intéressės à l’âge adulte:)

  3. Moi j’ai 31 ans, mon frère Gauthier en a 26 et mon frère Mathias en a 21. Tous les 3 (et nos conjoints et mon fils), allons encore 1 semaine de vacances à Pâques; 2 semaines en vacances avec nos parents en été, et 1 semaine à la Toussaint. Comme quoi 😉 quand on s’amuse et on s’aime on s’arrête pas !

  4. C’est en lisant des mots comme ceux ci si bien écrits et c’est en prenant de la hauteur avec le tourbillon quotidien qu’on réalise ce qui est vraiment important à vivre.
    Merci pour ce si joli et juste texte , ça fait du bien !

  5. Merci pour cette piqûre de rappel. La dernière fois que je suis partie avec mes parents, j’avais 20 ans. Depuis on repart ensemble certaines années, mais je ne suis plus l’enfant. Je suis la maman de leurs petits enfants, ça fait toute la différence.

  6. 16 étés à faire tout ça, je crois que vous rêvez. Ma fille à 11 ans ne voulait déjà plus être avec nous et faire le plus possible de son côté sans nous. Cette génération va très vite, alors profitez surtout des dix premières années !!!

  7. Et si on vivait tranquillement le moment présent sans générer de pensées angoissantes.
    Le futur n’existe pas, le passé n’existe plus.

  8. 18 étés et encore, bien des fois çela est beaucoup moins que çela Et une fois adulte, on oublie çela. Bien chanceux de passer quelques jours en vacances avec nos enfants et petits enfants, ainsi va la vie. Nos enfants font leur vie avec leurs enfants et leur famille, alors apprécions chaque minute passés avec nos enfants et petits enfants.

    1. ?? Je parle d’étés, pas de vacances forcément. On peut passer l’été chez soi. Ça n’empêche qu’il y en a peu et donc autant en profiter

  9. Mes deux garçons sont toujours venus en vacances avec nous et encore maintenant à 35 et 38 ans nous partons en famille et avec les petits enfants tout les deux ou trois ans nous passons de bons moments.

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