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Étonnant: une zone « Bisou & Câlin » dans les écoles belges

80 écoles wallones, en Belgique, ont instauré une zone « Bisou et Câlin » dans la cour de récréation. L’initiative a été lancée par SOS Villages d’enfants qui rappelle que sans amour, un enfant ne peut pas grandir. Le principe est simple: au sol, la zone « Bisou et Câlin » est délimitée par de la couleur. Certaines écoles ont même installé des petits coeurs au-dessus de cette petite zone colorée. Dans cette zone, les parents sont invités à s’arrêter quelques secondes et à prendre le temps d’embrasser leur progéniture. On n’est pas loin des espaces « Kiss & Ride » des aéroports. C’est un espace où on met le temps sur pause dans le classique moment de rush du matin. On se regarde, on se parle, on se prend dans les bras. Les enfants partent alors affronter leur journée chargés d’une belle énergie positive, gonflés à bloc par cette attention parentale. Et les parents aussi. On peut également profiter de cette zone, selon l’endroit où elle est placée et le réglement de l’école bien sûr, pour rejoindre nos enfants à la fin de journée.

Ce que j’en pense? C’est une super idée, même si je trouve quand même ça fou qu’on soit obligés d’inventer cette zone pour se rappeller de dire aurevoir à nos petits bouts avant de les lâcher dans la jungle de la cour de récré. Que s’est-il passé pour qu’on en arrive là? Je ne dis pas ça comme une critique envers les parents qui n’ont pas le temps, qui sont mal garés, qui ont une réunion… Pas du tout. Je pense sincérement que ce n’est pas de leur faute s’ils sont sous pression, c’est la faute de la société qui nous fait croire qu’avoir une belle carrière et l’argent qui va avec est indispensable à notre épanouissement personnel. Et que pour avoir une belle carrière, il faut forcément suer, courir sans cesse, arriver tôt (et partir tard) au bureau, être présent, sur tous les coups, sur toutes les balles et mettre notre vie de famille au second plan. C’est cette société de performance qui m’a fait revoir ma copie quand j’ai eu un enfant et quitter la Belgique et les habitudes que j’y avais. Parce que je sais que dans mon pays d’origine, je ferais certainement partie des mères mal garées qui n’auraient pas vraiment le temps d’accompagner mon petit lapin en classe. Je me connais, je me laisse vite engloutir par mes urgences professionnelles, urgences que je suis la seule à voir comme telles. Et je sais que j’aurais eu tendance à le presser et à m’énerver injustement. Ici, j’ai beaucoup moins de rendez-vous matinaux, et en plus, je travaille depuis la maison

Bref, j’ai le temps. Plus de temps que la moyenne des gens, en tout cas. Quand Ezra est entré à l’école, j’ai eu tout le loisir de constater l’importance de ce moment de transition entre la douceur de la maison et l’agitation de la cour de récré. Il a la chance de n’y aller que trois jours et encore, vu que l’école est privée et qu’ils ne sont pas regardant sur les horaires tant qu’on paie, on ne se prive pas, justement, de ne pas le mettre certains jours pour lui proposer une autre activité épanouissante en famille. Comme par exemple notre nuit dans le désert californien pour mon anniversaire. Mais chaque matin d’école, je lui explique calmement où je dépose ses affaires avec son doudou, son lunch et ses petites affaires pour la sieste. Et on prend un bref moment pour se faire un bisou (et les institutrices nous regardent toujours très bizarrement parce qu’on ne s’embrasse pas dans ce pays). Une fois qu’il est dans la cour, il se retourne généralement vers moi, me fait un petit signe de la main, on se dit « I love you » et « bonne journée » en s’envoyant des bisous avec la main. Un petit rituel qui s’est imposé de lui-même et qui lui permet de partir sereinement vers ses petits copains.

Le premier espace « Bisou et Câlin » a vu le jour dans l’école Saint-Anne de Waterloo en mai 2017. Depuis donc ce sont 79 autres établissements qui ont rejoint le mouvement. Aucune malheureusement dans les « grosses » villes du pays. Elles auraient pourtant leurs raisons d’être: les écoles en ville sont plus saturées qu’ailleurs, le stress du matin encore plus important qu’à la campagne entre la pollution, le bruit et les embouteillages. Les enfants sont nombreux à arriver nerveux à l’école. La coupure entre la maison et la journée en classe est souvent brutale. Mais je me demande: comment faire? Beaucoup déposent leurs enfants en voiture et il n’y a souvent aucune place pour se garer devant l’établissement scolaire. Je pense que les parents qui aimeraient avoir le temps d’embrasser leurs enfants sont nombreux mais que les infrastructures pratiques aux abords des écoles ne permettent pas ce temps de pause. C’est triste mais c’est une réalité.

Pas besoin d’une zone de « Bisou & Câlin » pour s’en faire. Partout, tout le temps.

Reste que là où elles se trouvent, ces zones « Bisou & Câlin » gardent intelligemment et gentiment les parents en dehors de la classe de l’enfant. Pour avoir souvent discuté de la question avec des institutrices, les parents qui envahissent l’espace d’apprentissage de leurs enfants ne leur rendent pas vraiment service. Ils font traîner les aurevoirs, l’enfant ne comprend pas pourquoi son papa ou sa maman ne peut pas rester avec lui « vu qu’il est déjà là », c’est souvent plus douloureux qu’autre chose et ça peut aussi perturber les autres enfants.

La zone « Bisou et Câlin » peut aussi inciter les enfants qui se bagarrent dans la cour à faire la paix. C’est une zone d’apaisement. Selon la directrice de l’école de l’Amitié à Limal, cet espace est également celui des institutrices: elles sont là pour accueillir les enfants calmement, pour les consoler en cas de gros chagrin. C’est une façon de leur rappeler le rôle qu’elles ont à jouer dans la vie de ces mômes en demande d’attention. Et ça leur permet, à eux, de se sentir écoutés et en confiance.

Dites-moi tout: que pensez-vous de ces zones dédiées aux câlins du matin? Vous avez le temps de dire aurevoir à vos enfants le matin ou c’est la course?

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(9 commentaires)

  1. Nous avons choisi d’habiter juste à côté de l’école et de la crèche, donc nous y allons à pied et avons le temps de parler un peu sur le chemin et de se faire des câlins et des bisous avant de partir. Mais nous avons fait d’autres sacrifices (je mets entre 45 et 60 minutes en voiture pour faire les 10 km qui me séparent de mon travail). Dans tous les cas, nous ne le regrettons pas et c’est rare que les enfants pleurent quand on les laisse à l’école pour le grand ou à la crèche pour les petites.

  2. Je trouve ça génial, et même si en effet c’est moins sympa de devoir se le faire rappeler, ça met de la douceur dans ces journées de fous-furieux, ça met de l’affectif à l’entrée d’un lieu qui frôle parfois l’impersonnel. Alors je dis oui! En congé parental, j’ai la chance de pouvoir prendre le temps, mais je sais que pour mon mari c’est plus compliqué. Mais même en plein stress, on n’oublie jamais le câlin.

  3. En réalité, c’est un retour de balancier. Durant de nombreuses années, on a exclu les parents de l’enceinte des écoles: ne pas les amener en voiture jusqu’à l’entrée, ne pas passer la barrière de la cour de récré (à pieds), surtout ne pas s’éterniser … Tout a été fait pour éviter que les parents n’interfère avec l’autorité des instituteurs. Je trouve que c’est une bonne chose, que cela remet de l’humain à l’entrée de l’école et que cela permet de mieux accompagner les enfants

  4. J’adore l’idée ! Mais effectivement je trouve ça fou de devoir en arriver là… En France ce serait d’autant plus utile que la plupart des écoles exigent désormais que l’on pose les enfants à l’entrée (avec Vigipirate les parents ne peuvent plus accompagner dans l’école, y compris les plus petits :()
    Mais franchement, un bisou, un câlin ; ça prend moins d’une minute et ça apporte tellement…

  5. La zone bisou câlin a surtout été créé pour délimiter l’accès des parents au sein de l école. Les enfants savent que c’est à cet endroit que l’on dit au revoir aux parents, puis l institutrice ou la personne de référence prend le relais. C’est pour éviter, du moins pour les petits, les embrassades qui s éternise, les pleurs et les petites mains qui tirent les jupes parfois même jusqu’ à l’entrée de la classe. Ce n’est pas facile pour les autres élèves de voir les camarades qui pleurent. Cela permet aussi de mettre un « cadre » pour certains parents qui s invitent jusqu’en classe sous prétexte que l’enfant ne veut pas lâcher maman ou papa.

  6. C’est une très bonne idée je trouve si ça permet de se poser 2 minutes et de prendre notre shoot de câlins et bisous avant une longue journée. Ici c’est inenvisageable que je parte de chez nounou sans mon bisous, j’espère qu’il en sera de même quand viendra le temps de l’école en septembre 😉

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