Californie Voyage

Les deux visages d’Hollywood: le très connu, moche et craignos, et l’épatant

La seule prononciation du mot à le pouvoir de faire rêver le monde entier. Bon, l’affaire Weinstein a probablement un peu terni la blancheur immaculée des lettres perchées sur les collines mais Hollywood a toujours un rayonnement international et une aura indéniable. Quand on va en Californie, ça fait en tout cas partie des cases à cocher sur sa liste de choses à voir. Sauf qu’en vrai, le coin n’a rien de fou et souvent, c’est la déception qui étreint ceux qui le visitent. Du moins quand on met le cap sur le touristique Hollywood Boulevard. On ne va pas tourner autour du pot: dans l’après-midi, c’est bondé, et en tout temps, c’est moche, c’est sale et certains parkings abusent complètement au niveau prix. Les premières minutes, on marche en regardant ses pieds, pour repérer les étoiles de nos stars préférées. C’est le moment sympa. Une fois qu’on lève le nez, ça se gâte…

Les étoiles d'Hollywood Boulevard en Californie

« I blame you Hollywood,
for showing me things
you never should show
a young girl,
in a cruel world. »

Quand on redresse le menton, c’est pour découvrir des boutiques de souvenirs aussi chers que cheap et se faire alpaguer tous les deux mètres: l’un essaie de vendre son CD en nous collant des écouteurs sur les oreilles, l’autre tente de nous vendre « un tour des maisons de stars » à prix coûtant. Je vous préviens si vous vous laissez tenter: n’espérez pas croiser Brad Pitt, ni faire un vrai tour du proprio. Au mieux, vous verrez des grilles et des haies. Et les téléphones au bout du bras des touristes installés dans le mini-bus avec vous.

Enfant sur Hollywood Boulevard devant des manifestants Belive in the lord.

J’aime encore bien le centre commercial Hollywood and Highland. Parce qu’il y a huit ans à peu près, j’ai habité pendant quelques mois à North Hollywood, que je n’avais pas de voiture et qu’il était directement sur ma ligne de métro (je vous avais déjà parlé des transports en commun désastreux dans la région ici). A l’époque, j’avais acheté des chaussures en sortant du Chinese Theatre (attention, petit piège de langage: « theatre », à prononcer Ti-a-ter, c’est aussi le cinéma). Il était 22 heures et tout était encore ouvert. J’étais jeune et dépensière, j’avais trouvé ça très américain et assez génial. En y regardant de plus près, le Hollywood and Highland a perdu un peu de sa superbe. C’est moins fréquenté, et il y a quelques vitrines inutiles.

Centre commercial à Hollywood avec sapin de Noël

Du centre commercial en plein air, on a une vue directe sur les fameuses lettres blanches, le Hollywood Sign. Elles sont loin, mais elles sont là. C’est de là que j’ai posé les yeux dessus pour la première fois. C’était quand même quelque chose. En marchant sur Hollywood Boulevard, sachez que vous marchez là où les stars s’avancent pour entrer dans le Kodak Theater, le jour des Oscars. La portion de rue est fermée à la circulation et le tapis rouge est déroulé sur le boulevard. Ca, c’est pour le côté glamour des lieux.

Hollywood Sign

Dès qu’on s’éloigne des quelques mètres blindés de touristes, ça devient craignos. Tout le reste d’Hollywood Boulevard, particulièrement dès la tombée de la nuit, c’est un repère de sans-abris, de drogués et de prostituées. Pour être tout à fait honnête, c’est mal fréquenté mais on ne vous cherche pas des noises non plus. La semaine passée, j’avais un rendez-vous au cinéma Arclight pour le boulot, j’ai marché seule, à la nuit tombée, pendant vingt minutes. Je n’étais pas à l’aise, j’ai fini par prendre un Uber, mais personne ne m’a pris la tête. Reste qu’il y a des coins plus agréables. 

J’en viens donc au deuxième visage d’Hollywood, celui que j’aime d’amour. Qui me file des frissons à chaque fois, de jour comme de nuit: le Griffith Observatory.

Griffith Observatoire en Californie sous un ciel nuageux

Enfant qui joue au Griffith Observatory

L’Observatoire se trouve à 20 petites minutes d’Hollywood Boulevard en voiture. On traverse de jolis quartiers boisés, ça grimpe sec. A 345 mètres de hauteur, la vue sur Los Angeles est époustouflante. Du moins quand elle est dégagée parce qu’en journée, il n’est pas rare de voir une nappe de brouillard et de pollution (le fameux fog de LA) englober le paysage. La nuit, la lumière de la ville et le scintillement des étoiles donnent l’impression aux gens qui les admirent que tout est possible. Ca file une énergie pas possible ce côté bouillonnant, cette vie 24 heures sur 24, cette immensité, ces rues bien alignées, souvent surchargées, ces phares de bagnoles qui se croisent et qui font plisser les yeux.

« City of Stars, are you shining just for me?
City of stars, there’s so much that I can’t see…
Who knows?
Is this the start of something wonderful and new?
Or one more dream that I cannot make true? »

Femme qui pose au Griffith Observatory

Pour la petite histoire des lieux, Griffith J. Griffith (les parents ne se sont pas foulés à la naissance) a fait don d’un grand terrain à la ville de Los Angeles. Il voulait qu’on en fasse un lieu de détente pour les citoyens. Immigré du Pays de Galles, il estimait qu’il était de son devoir de rendre à la ville ce qu’elle lui avait donné: sa richesse et sa prospérité. Son créneau, c’était la mine d’or. A l’époque, ça marchait pas mal… Le Griffith Observatory était né. Petit couac dans l’Histoire: le généreux donateur a pété un cable en 1903. En vacances à Santa Monica, il a tiré sur sa femme. Boum. En plein visage. Elle a été totalement défigurée. Il a fait deux ans de prison et son procès a révélé qu’il était alcoolique et en proie à des délires paranoïaques. Mais bon, grâce à lui, le Griffith Park existe. On lui doit finalement l’une des plus jolies vues de Los Angeles. 

Le lieu n’est pas seulement très joli, il est aussi très instructif. Pas besoin de pousser la porte du bâtiment à coupoles pour s’improviser astronomes: il y a des références au système solaire un peu partout… En faisant face au bâtiment, un buste de James Dean est installé sur la droite, face aux lettres d’Hollywood, qu’on voit déjà de beaucoup plus près à cette hauteur. « La fureur de vivre » a été tourné en partie à l’observatoire. Plus récemment, on l’a vu dans « La La Land », film que j’ai adoré tant il rend bien cette solitude, cette immensité, les rêves et les déceptions propres à Los Angeles.

De l’Observatoire, on a donc vue sur le Hollywood Sign. On peut le voir de plus près ailleurs, en marchant un peu, le plus souvent, et ne suivant surtout pas les indications des rues de bourgeois qui indiquent que le Hollywood Sign n’est pas par là. Généralement, c’est justement par là qu’il est… Ils préservent leur tranquillité comme ils peuvent… Soyez sympa, jouez la discret si vous trouvez un bon spot… Ces neuf lettres ont été installées en 1923. Enfin, au départ, il y en avait treize. On pouvait lire Hollywoodland. A l’origine, c’était… une enseigne publicitaire pour un nouveau projet immobilier. Laissées à l’abandon une fois la pub terminée, les lettres géantes ont finalement formé le mot Hollywood. Saviez-vous qu’on doit la rénovation des lettres à la fin des années 70 à plusieurs stars du rock dont Alice Cooper. Feu Hugh Hefner a, lui, payé pour redorer le blason de la lettre Y. Ceux qui ont vu « Sexe entre amis » se souviennent de la scène où Justin Timberlake et Mila Kunis sont assis sur les lettres Hollywood. Ne rêvez même pas faire pareil: elles sont interdites d’accès depuis des années. De peur, probablement, des dégradations et des suicides. En 1932, une starlette dépressive répondant au nom de Peg Entwistle a finalement eu ce qu’elle désirait: elle est entrée dans l’Histoire. De façon tragique, certes… Elle est montée au sommet de la lettre H du Hollywood Sign et s’est jetée dans le vide. On raconte depuis que quiconque s’approche du signe pourra peut-être croiser son fantôme… De là où on se trouvait, on ne l’a pas vue… 

Au niveau infos pratiques: renseignez-vous sur les heures d’affluence, certains jours, l’observatoire est invivable tellement il y a du monde. Bon plan: le parking est gratuit avant midi. Mais souEn plus le coin est moins fréquenté le matin, c’est plus agréable… Au sujet du parking, ne vous fiez pas aux panneaux qui vous disent de vous garer au Greek Theater un peu plus bas et de payer pour votre stationnement. Allez quand même voir en haut: il est tout à fait possible qu’il y ait de la place. Ca nous est encore arrivé la semaine passée. Tout était barré et pourtant, il y avait plein de places. Si pas, au pire, vous redescendrez en voiture, la route fait une boucle, vous aurez perdu 10 minutes. Détail qui a son importance: même si le lieu est éminemment touristique, il n’y a pas 400 possibilités pour se restaurer. Il y a un café, avec vue imbattable, qui fait de la petite restauration. C’est tout.

En résumé, expédiez Hollywood Boulevard. Une grosse demi-heure suffit amplement. Un peu plus si vous allez manger un burger au Johnny Rocket dans le Hollywood et Highland. Mais allez promener sur les hauteurs de la ville. Eloignez-vous du chiqué et du superficiel, allez prendre l’air et admirer la vue. Pensez à tous ces rêves qui sont nés face à elle. Et profitez-en pour mettre les vôtres au point… L’endroit s’y prête parfaitement.

Observatoire Griffith à Hollywood

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(8 commentaires)

    1. Oh oui si tu savais… c’est incroyable… ça me file à chaque fois une envie de déplacer des montagnes. C’est fou qu’une simple vue ait ce pouvoir là.

  1. Ça m’énerve tellement à chaque fois que des personnes qui vont au Walk of Fame et trouvent ça moche en déduisent que toute la ville de LA est moche et pleine de SDF. J’espère qu’avec ton article ils se rendront compte qu’il n’y a pas qu’une rue et que même en restant à Hollywood on voit des trucs sympa ! (et same avis que toi pour le Hollywood & Highland, je le trouve sans intérêt, les boutiques ferment, plus rien d’intéressant).

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