Enfant, etc

L’adultisme, le nouveau mot que j’ai découvert sur Instagram et qui m’exaspère

Il est des concepts que je ne comprends pas. Ou plutôt auquel je n’adhère pas. J’ai lu par hasard que certaines mamans Instagrameuse avaient lancé « la semaine de sensibilisation à l’adultisme ». Après la méthode Montessori servie à grosses louches, l’éducation dite bienveillante proposée à tous les repas et qui sert régulièrement à justifier le comportement abject de certains enfants, voici donc l’adultisme. L’une des définitions trouvées sur Internet dit que l’adultisme, c’est ça: « Tous les comportements et les attitudes qui partent du postulat que les adultes sont meilleurs que les jeunes, et qu’ils sont autorisés à se comporter avec eux de n’importe quelle manière, sans leur demander leur avis. » L’Internaute dit ceci: « L’adultisme désigne le fait pour un enfant ou pour un adolescent d’avoir des comportements et des réactions d’adulte. L’enfant se montre alors plus raisonnable qu’il ne devrait l’être à son âge. ».

On m’explique ailleurs que l’adulte doit mettre l’enfant à sa hauteur, le traiter comme son égal, le laisser pleinement décider de ce qui est bon pour lui (pour ses repas, son sommeil, l’apprentissage de la propreté, les vêtements qu’il va porter…). Cela permettrait au petit de se sentir respecté. Le cadrer, le gronder, choisir ce qu’il va manger, et à quelle heure il va dormir, même s’il dit qu’il n’est pas fatigué, font partie de nos jours des « violences éducatives ordinaires ». J’ai donc dans la foulée découvert le hashtag #VEO. Au risque de me prendre une volée de bois, je fais entendre la voix de celles qui remettent en question ces concepts d’éducation. Voici mes arguments.

Avant de crier au scandale, je tiens à dire que je n’ai rien contre la bienveillance. C’est juste que je ne définis pas ma façon d’éduquer mon fils comme ça. Je ne suis pas malveillante pour autant. J’ai juste l’impression que dès qu’il existe un terme pour définir une mouvance éducative, on est tout de suite dans l’extrême. L’amour, quand il est sain et équilibré, est spontanément bienveillant. La bienveillance est, selon le Larousse, « une disposition de l’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autri ». Pour une grande partie des jeunes mères, cette « disposition de l’esprit » naît, je pense, en même temps que l’enfant. Je ris un peu quand on me dit qu’on doit faire preuve de bienveillance perpétuelle et être d’humeur égale à tout moment, face à tous les challenges de la maternité, peu importe la journée de merde qu’on a dans les pattes et l’humeur excécrable de notre môme… L’éducation bienveillante et l’adultisme refusent le chantage, la menace, le poids de l’autorité. Mais dites-moi, celles qui pratiquent ça au quotidien, celles qui arrivent à garder leur sang froid tout le temps, sans jamais flancher, elles ne travaillent pas, elles n’ont ni vie sociale ni vie de couple? Parce qu’il en faut de la patience et de l’énergie pour essayer de comprendre EN PERMANENCE ce qui se passe dans la tête de notre enfant. Parfois oui, je crie, je m’énerve, et franchement, tête de mule comme il est, il n’y a que ça qui fonctionne avec mon petit garçon. Et non, je ne rate pas mon éducation, il est épanoui, enthousiaste, souriant. C’est un enfant, il me tient tête, c’est son droit et c’est de son âge. Mais c’est mon droit et de mon âge de lui expliquer pourquoi je ne suis pas d’accord et pourquoi… j’ai raison. En tout cas, généralement plus que lui.

J’aime mon fils de tout mon coeur, ça me bouffe, ça m’obsède, ça m’émeut. Mais il est parfois insupportable, possédé, exaspérant. Et si je promets un dessert une fois qu’il aura fini ses haricots, ça ne fait pas de moi une mère qui ne respecte pas sa personnalité ou son appétit. Je lui demande de manger ses haricots parce que c’est bon pour sa santé, parce ce que c’est mieux qu’un biscuit, parce que c’est ce que je lui ai préparé et qu’il y a plein d’enfants qui meurent de faim sur terre et qui n’ont pas la chance d’en manger, des haricots. Et aussi parce que je passe la majorité de mon temps à l’écouter, le comprendre et accepter ses angoisses et ses humeurs, en faisant fi des miennes… mais que j’ai une vie, en fait. Et que non, je ne vais pas passer trois heures à discuter du pourquoi il doit manger un peu de légumes. Oui, j’ai une vie en dehors de mon fils. J’essaie en tout cas. Il est le centre de mon univers. Mais il n’est pas le centre de l’univers. 

Et vous savez quoi? Votre enfant non plus, au passage. Pardon de le dire, mais c’est ainsi.

Remettre Ezra à sa place d’enfant, qui n’a pas encore l’expérience nécessaire pour comprendre tout ce qu’on lui veut, ne me semble pas être une mauvaise chose. Je ne crois pas que je suis meilleure que lui parce que je suis adulte. Je pense que j’ai un vécu, un recul qu’il n’a pas encore et que mon rôle, en tant que mère, est de l’accompagner sur le chemin qu’il choisit d’emprunter. Si je ne le fais pas, qui le fera? La société pourrie jusqu’à l’os parce que peuplée de petites personnes devenues grandes sans qu’on leur tienne la main parce que ça risquait d’entraver leur liberté et qui, lâchées dans le monde normal, croient être les rois du pétrole? Non merci. Parce qu’à force de faire croire à nos enfants qu’ils décident de tout, ils seront inaptes à la vie en société, incapables de respecter une quelconque autorité. J’aimerais les voir expliquer à leur patron qu’ils arrivent à 9 heures du matin et pas à 8, parce que c’est « mieux » pour eux. Ou bien expliquer au policier qu’ils n’ont pas mis leur ceinture de sécurité parce que ça les gênait… Il y a des règles à respecter et tant qu’on voudra vivre les uns avec les autres, il faudra bien en suivre quelques-unes. Après, je suis d’accord sur l’idée que certaines règles sont débiles et mériteraient d’être changée, que la société va mal et que le bien-être de nos enfants, futur de l’humanité (rien que ça, quand même) n’est pas du tout pris en compte. Il y a des choses à changer mais c’est la société toute entière qu’il faut changer pour que nos enfants puissent s’épanouir.

Depuis quand « éducation » est presque devenu un vilain mot qu’on prononce du bout des lèvres avec un air de dégoût? Là encore, je vous sors la définition du Larousse (puisque je pense que c’est vraiment le problème de nos jours au sujet des enfants: on s’égare complètement). Eduquer veut dire: « Former quelqu’un en développant et en épanouissant sa personnalité. » Que du positif, du beau, du gentil. Eduquer n’est pas synonyme d’abus de pouvoir. J’éduque mon garçon sans le prendre de haut, sans le rabaisser. Je l’aide à mettre un pied devant l’autre en le laissant parfois trébucher parce que c’est bien qu’il apprenne tout seul mais en l’empêchant quand même de se faire trop mal quand je devine la chute imminente. Ca ne veut pas dire que je ne lui fais pas confiance et que je ne respecte sa curiosité et son envie de découvrir les choses par lui-même. Mais je le protège et justement, je le mets en confiance. Il sait que je suis là, s’il en a besoin.

Mon fils a 2 ans et demi. Il connaît les couleurs en anglais et en français, il sait faire un puzzle de 24 pièces et enlève ses chaussures tout seul. Il est malin, débrouillard, autonome. Mais qu’on ne lui demande pas d’être un adulte bien avant l’âge et qu’on ne me demande pas de le traiter comme tel. Si on était capable de prendre des décisions en notre âme et conscience, pour notre propre santé et notre bien-être personnel, en personne raisonnable et adulte, on quitterait le nid familial au moment d’entrer à la maternelle et on serait pas en train de courir tout nus dans l’herbe quand les températures sont caniculaires. La hiérarchie peut être abusive mais elle n’est pas non plus toujours une mauvaise chose: j’ai eu des chefs qui étaient des modèles, qui m’ont donné envie de me dépasser. Je suis contente de les avoir croisés. Il y a eu des cons aussi, mais il y en a partout. Dans le même ordre d’idée, ça serait bien d’arrêter de croire qu’on reproduit forcément l’éducation qu’on a reçue de nos parents, de voir le mal partout, d’arrêter de monter sur des grands chevaux et de donner des leçons à tout le monde. Et si on arrêtait de se juger? Et si on arrêtait de vouloir absolument responsabiliser nos enfants alors qu’ils ont à peine l’âge de tenir une cuillère plus ou moins convenablement? 

Pour moi, l’adultisme n’est qu’une nouvelle façon du culpabiliser les mères qui font autrement. Je n’en peux plus de ces gens qui me disent comment je dois parler à mon enfant, le nourrir, l’endormir alors que je ne demandais pas forcément de conseils. L’éducation bienveillante, c’est un bien joli concept mais la bienveillance, ça serait bien de s’en servir un peu plus dans la vie quotidienne avec nos semblables. Si je pense, comme je le disais plus haut, que j’ai parfois plus raison que mon fils, je ne dis pas ici que j’ai plus raison que vous. Ou que j’ai plus tort que vous non plus. Je dis juste que moi, quand j’ai mis le matelas d’Ezra par terre pour faciliter ses déplacements, je n’ai pas dit que j’avais fait « un lit Montessori » pour me déculpabiliser du fait qu’il n’avait pas de cadre de lit ou de chambre parfaite. J’ai juste parlé de matelas par terre. Parce que c’est exactement ce que c’est. Ni plus, ni moins. Que chacun éduque ses enfants comme il le souhaite et partage son expérience s’il le désire mais sans obliger les autres à faire pareil. Ceci est la mienne. Et vous en faites bien ce que vous voulez.

(28 commentaires)

  1. Merci de partager ton avis ici. Ce que je trouve dommage quand je vois ces concepts sur internet moi aussi, c’est la question de la culpabilisation qui revient souvent. Chacun devrait faire comme bon lui semble. Ceux qui prônent l’adultisme et ceux qui ne le prônent pas devraient pouvoir cohabiter en paix. Sans jugement. Chaque parent sait ce qui est le mieux pour son enfant. Si tu es au clair avec tes propres intentions éducatives alors je pense que c’est l’essentiel 🙂

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  2. J’adore ton article coup de gueule ! En plus, tu m’as appris un nouveau mot : l’adultisme. Je ne l’ai personnellement pas encore vu sur Insta ; probablement que je ne suis pas les « bonnes » personnes pour cela. Ceci dit, ça me va très bien car je trouve le concept aussi aberrant que toi. J’ignore qui sont les têtes pensantes de ces nouveaux modèles éducatifs mais j’imagine qu’elles y trouvent leur intérêt… #ViveLeMarketing

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    1. Je ne les suis pas non plus mais elles m’ont été suggérées par Insta. 🙂 J’avoue que mon post a été écrit instantanément après lecture de documentation sur le sujet. Ce qui est dingue, c’est qu’en l’écrivant, je me sentais parfois presque coupable… Je n’en peux plus de cette culpabilité maternelle. Faut que ça cesse! 🙂 Après, personne ne m’a obligée à pratiquer. Mais j’aime l’idée d’être la voix dissonante dans l’idée d’aller plus loin sur la question… 🙂

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  3. Ah le jugement permanent de la parentalité et le diktat des différents modes d’éducation… il y en des choses à dire. C’est à se demander comment on a pu élever des enfants depuis des centaines de milliers d’années sans tous ces concepts. Tout n’est pas à jeter evidemment, certaines pratiques me parlent personellement, mais ce qui me gonfle c’est le côté « je me prends trop au sérieux » et culpabilisant de certains discours qui me les rend inaudibles. Bref, j’ai pris le parti de m’inspirer des trucs qui plaisent, de laisser le reste et surtout de pas (trop) me prendre la tête, les autres peuvent penser ce qu’ils veulent au final c’est pas eux qui se coltinent mon gamin. Bonne continuation et merci pour ces articles stimulants! Signée une horrible maman autoritaire qui préconise la dictature éclairée dans l’éducation des enfants (shame, shame, shame) !

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    1. Ahahaha, la fin de ton commentaire m’éclate! 🙂 Tout comme toi! 🙂 Et tout comme toi également: tout n’est pas à jeter… Mais parfois, je lève les yeux au ciel et je dis: pitiééééééééé…

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  4. Ton avis (très remonté) se comprend tout à fait, mais perso je suis convaincue que l’adultisme existe tout comme le sexisme ou tout autre forme de discrimination. Je suis convaincue également que la Terre n’est pas peuplée par d’horribles ex-enfants rois mais plutôt le contraire. Si tu es toi même convaincue par ton rôle parental, alors pourquoi culpabilise tu et pourquoi ce concept te fait tant réagir? Perso, lorsque je vois passer des pelletés de concepts, certains me font beaucoup réagir et d’autres pas du tout (ni même culpabiliser). Le sentiment de culpabilité se réfléchi, il appartient à celui qui le ressent. Mais, je suis aussi convaincue que les mères qui se battent contre l’adultisme ne sont pas des mères qui ne crient jamais, bref, on est bien d’accord non que la mère parfaite à l’humeur plate n’existe pas, en tout cas, perso j’en suis très loin! Par contre, je suis aussi convaincue que même on laissant l’enfant écouter ses besoins et les assouvir quand il le ressent ne mène absolument pas à des adultes inadaptés à la société (mais bien le contraire). Bref, euh, je crois que je l’ai dis que j’étais convaincue héhé, ah oui, une dernière pour la route: je suis convaincue ne pas posséder les meilleurs opinions sur la vie, ni la vérité et donc j’aime l’idée de laisser au maximum (mais pas complètement, c’est certain), la liberté à mes enfants d’expérimenter par eux même, de se faire leur propre idée, de se tromper, et d’avoir des idées non conditionnées (on est d’accord que c’est pas possible à 100%), donc ce qui me parait important pour moi ne l’est pas forcément pour eux. Attention aux concepts, juste que, on s’en fout au final des termes utilisés pour définir une façon de faire, disons que perso, l’idée c’est de considérer mes enfants égaux, ça va pas plus loin. En fait, probablement que tu n’es pas la cible visée par le mouvement anti-adultisme.

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    1. Je comprends ce que tu me dis et je te rejoins sur l’idée qu’il fait laisser nos enfants vivre leur petite vie tant que possible parce que c’est comme ça qu’on apprend. Mais ces concepts vont de plus en plus loin et le parent peut de moins en moins s’exprimer sous peine d’être accusé du pire. Il ne remplit plus son rôle.

      Je ne dis pas que je suis convaincue tous les jours, chaque minute, par mon rôle parental. Je n’ai évidemment pas toujours les réactions qu’il faut. Mais je suis humaine et j’accepte de ne pas être parfaite. Et pour rejoindre ta question… On pourrait alors imaginer que les mamans qui pronent publiquement l’adultisme ne sont pas non plus tellement convaincues par leur rôle parental puisqu’elles se sentent obligées d’en parler en long en large et en travers comme pour justifier leurs choix? C’est une interrogation pas une accusation. 🙂

      Je ne culpabilise pas en découvrant ces termes personnellement mais c’est sûr qu’en écrivant ce post, je sais que ça ne plaira pas à tout le monde. Et qu’il y a toujours un risque de se prendre des insultes gratuites. Ce qui n’est jamais très agréable. 🙂 Je pense que beaucoup de mamans sont perdues au milieu de toutes ces nouvelles règles qu’on voit naître sur les réseaux sociaux, tous ces concepts qu’on nous décrit en nous disant que c’est la loi ultime de la bonne éducation. Et honnêtement, ça, ça ne cessera jamais de m’énerver. La formulation, le fait qu’il y ait un mot m’énerve.

      Je considère mon fils comme une personne à part entière mais je pense qu’à son âge, tout en lui laissant une liberté maximale, il y a certaines choses que je sais mieux que lui et sur lesquelles je ne lui demande pas trop son avis. 🙂 Bonne journée et merci pour ton commentaire.

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      1. Vraiment, j’aime ta façon de voir ta parentalité etc. Pour répondre vite fait, sans doute que des mamans ont ce besoin de se justifier via le fait d’en parler souvent (probablement) et d’autres qui sont au contraire tellement convaincues par cette vision des choses que cela les passionne (perso c’est mon cas: je suis passionnée par la révolution que mon premier fils a provoqué en moi). Je ne sais pas ce que tu as vu/lu qui semble t’accuser, je sais simplement que les groupes de mamans anti-adultisme que je côtoie un peu, sont vraiment très cools et pas du tout dans une démarche d’accusation (mais vraiment pas du tout). Leur public cible est: le parent en prise de conscience qui souhaite changer, ou qui se retrouver dans leur vision. Bonne journée à toi aussi 🙂

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  5. Sans culpabiliser, je me demande constamment comment font ces jolies mamans d’Instagram pour avoir un quotidien si parfait, des enfants si sages, si propres et bien habillés, sans parler de leur look à elles (parfait également!). Et le tout, sans crier et perdre patience avec leurs enfants ! Mon quotidien est bien loin de cette belle image d’Epinal: je bosse (certes à 80%), mon mari n’est jamais à la maison avant 21h, ma fille de 10 ans m’en fait voir de toutes les couleurs avec ses devoirs et mon fils de 15 mois a beaucoup de mal à jouer tout seul. Et avec tout ça, je devrais pratiquer l’adultisme!!!
    Je fais au mieux, je gère les situations en fonction des propriétés, pour le bien-être de tous mais aussi du mien!
    Un grand merci pour ce très bon billet, tellement d’actualité 😉

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  6. Sérieusement ? J’aurais pensé à une vaste blague avec ce concept d’adultisme. Les enfants en effet doivent apprendre la vie en société. Et dans la vie en général il y’a de la frustration, il y’a des contraintes. Et oui l’adulte a le rôle de guider l’enfant, et parfois de lui fixer des limites. Et effectivement, je sais mieux que l’enfant ce qui est bon pour lui. J’assume totalement. Sinon je laisse mon gamin seul à la maison toute la journée et je me plante devant Netflix. Essayer de raisonner un enfant qui se roule par terre au supermarché car il veut manger des bonbons à même le sachet ça tient de l’exploit. Pourtant on ne peut pas valider ce comportement.

    D’ailleurs personne ne parler d’adapter ses méthodes d’éducation à la personnalité de chaque enfant. Je dois donc laisser Isaac mordre tous ses camarades pour qu’il puisse exprimer se frustration.

    Mon dieu comment on fait les enfants pour survivre jusqu’à maintenant. Les hopitaux psy devraient être plein d’adultes maltraités émotionnellement car ils ont été contraints de manger des légumes verts et d’avoir du mettre leur ceinture dans la voiture.

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  7. Chouette article autour de réflexions intéressantes!
    Je ne connaissais pas ce terme, l’adultisme!
    Perso, je n’ai pas d’enfant, je me sens un peu illégitime de répondre, mais j’estime que je peux m’intéresser aux enfants et à leurs univers, même si mon point de vue est quelque peu utopiste ou lointain…
    Une de mes visions de l’éducation est celle-ci, un adulte, un parent « forme », éveille un futur adulte, son rôle est de donner des clés, des outils et du soutien pour sa future vie, c’est de dures responsabilités et rôles, donc forcément il y aura des erreurs et des apprentissages dans les deux sens. Un adulte a conscience du danger, des responsabilités et des conséquences des choix, des actes. Un enfant moins voir pas du tout selon les situations. Et c’est le rôle de l’adulte que de le guider et de lui apprendre toutes ces notions, et de l’accompagner dans cette superbe aventure qu’est la vie!
    Je pense que tout accepter ou donner trop de responsabilités a un enfant est le faire grandir trop vite, cela le projecte trop rapidement dans une vie adulte, sans avoir toutes les armes. OK pour le respect, les micro responsabilités qui le rendent autonome mais pas trop non plus je pense.. Qu’ils restent enfants, ils ont tout leur temps de devenir adulte. Et je ne pense pas que ce soit de la domination ou un abus de pouvoir que de penser de la sorte.
    Encore une fois, ce n’est que mon point de vue et je parle sans savoir ce que c’est que d’être maman à temps plein!
    J’aime ta façon de voir la parentalité et l’éducation !
    Une belle continuation a toi et ta petite famille!

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  8. Je viens de tomber sur votre article et là je découvre encore une nouvelle façon d’éduquer son enfant. Mais punaise quand est-ce que toutes ces modes arrêteront ? Pour ma part j’éduque mon fils de manière normal sans passer par toutes ces modes à la noix. Alors oui parfois je suis agressive, je n’utilise pas le bon ton pour empêcher mon fils de faire une bêtise, je suis assez autoritaire avec lui, mais ai-je le choix ? Non c’est une tête de mule et si je n’impose pas les règles alors qu’il a déjà 15 mois, ce ne sera pas à 3 ans qu’il me faudra le faire ce sera trop tard. L’enfant doit apprendre que l’on n’obtient pas tout en claquant des doigts. Oui il y a des choses injustes mais c’est comme ça faut qu’il passe par la frustration pour être un adulte équilibré. Sans règles l’enfant part sans repère et sans limite. Bref je suis d’accord avec votre post.

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  9. J’ai également découvert très récemment ce mot et le concept et ke dois admettre en avoir été assez étonnée et énervée.
    Quand arrêtera t’on cette course à la maternité parfaite, où chacune compte ses points et ceux de la voisine ?! Dans un monde déjà très inégalitaire pour les femmes, je trouve cet esprit de compétition très néfaste et fatiguant.
    Je suis persuadée qu’en tant de parents, nous avons des connaissances et savoirs que n’ont pas encore nos enfants et savons parfois mieux qu’eux ce qui est bien pour eux.
    Je suis tout à fait pour laisser les enfants vivre leurs expériences, appréhender le monde à leur manière, les laisser explorer, découvrir, se tromper et recommencer. Mais ce n’est pas valable partout, tout le temps.
    Je ne suis pas prête à laisser mon fils de 6 expérimenter une grippe ou un rhume car il aura refusé de mettre le pull que je lui impose pour jouer dehors en hiver. En revanche, il peut choisir quel pull mettre. Je ne suis pas prête à le laisser se nourrir exclusivement de Kinder Surprise et poisson plané, ce qu’il choisirait s’il avait le choix des repas.
    Je pense que tout est question d’équilibre. Nos enfants sont voués à vivre en société et à en être acteurs. C’est peut-être malheureux pour certains mais il y a et il y aura toujours des règles, des normes et des hiérarchies. Je pense qu’un enfant y ayant été habitué aura moins de mal à évoluer et s’épanouir en tant qu’adulte qu’un enfant que l’on n’a jamais contraint.
    Enfin, je trouve abject l’utilisation abusive du terme de « violence » pour désigner une éducation avec laquelle on est en désaccord.
    Je suis infirmière, je travaille avec de jeunes enfants et je côtoie au quotidien des enfants qui ont vécu des violences. Des vraies. Et qui paieraient cher pour être obligés de manger des légumes ou aller se coucher quand leurs parents l’indiquent. Alors un peu de respect quand aux termes employés, les mots ont un sens.

    Merci encore de cet article, je j’aurais su mieux dire.
    Très belle journée à tous.tes

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  10. Rien à ajouter c est tout simplement ce que je ressent en voyant ces mères s exhiber sur Instagram et dire aux autres ce qu’ils doivent faire, ce qui est bien etc … bravo pour votre article qui est du bon sens pur et dur !

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  11. Mais mille merci pour cette article ! Enfin une explication sur l’éducation dans laquelle je me retrouve. La tendance du moment c’est vraiment de faire culpabiliser les mères et pères qui ne suivent pas cette nouvelle mode Montessori, adultisme etc. Dans mon cas je suis maman d’une petite fille d’1an, ma belle sœur pas le plus grand des hasard a accouché 2mois avant moi, c’est une de ces mamans Montessori et bienveillance envers son enfant, des réflexions avec mon conjoint ont en ramasse chaque fois qu’on la voit, ça devient pesant. Alors merci pour cette article qui me redonne une bouffée d’oxygène.

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  12. Rien d’autre à dire que merci pour cet article. Ce concept d’adultisme m’effare autant qu’il m’horripile.
    Cela me fait penser à ces parents (plutôt des mamans) qui habillent leur enfants (plutôt des filles) comme des adultes… talons hauts, soutien ‘gorge’, décolleté et maquillage : la panoplie complète…
    Ensuite elles s’étonnent des regards des gens qui ‘jugent’ leur enfant…
    Un enfant est un enfant, le sexualiser jeune c’est le faire rentrer dans une case qui sera restrictive sur son développement… enfin c’est ce que je pense

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  13. Je trouve votre article extrêmement pertinent et je suis tout à fait en accord avec votre analyse. Par curiosité, je me rends sur le net afin de trouver d’autres arguments allant dans votre sens et là, surprise, je constate que la plupart des articles ou pages web vont au contraire dans le sens d’une dénonciation de l’adultisme, emballée sous une épaisse couche de culpabilisation du parent (en clair, il ne faut pas traumatiser le pauvre chouchou en lui refusant quoi que ce soit). Je me rends compte que l’enfant-roi n’a pas fini de régner… et c’est bien triste…Pour avoir un jeune de 18 ans qui a subi notre « adultisme » pendant toute sa vie et le subit parfois encore, le résultat est loin d’être calamiteux : un jeune épanoui, posé, très ouvert au monde et extrêmement tolérant. Pour moi, c’est une démonstration évidente que mettre des limites, ne pas laisser tout passer, s’énerver, crier parfois, bref être soi-même n’est pas une méthode d’éducation passéiste à oublier à tout prix.

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  14. En plus du présent article, j’ai lu :
    https://www.oveo.org/ladultisme-ce-poison-invisible-qui-intoxique-nos-relations-avec-les-enfants

    Le combat contre « l’adultisme » est à première vue issu d’une réflexion simpliste et biaisée.
    Quand un adulte utilise de son pouvoir sur un enfant, ce n’est pas forcément
    – pour jouir de cette différence de pouvoir
    – dans le propre intérêt de l’adulte
    – pour causer du tort à l’enfant, par sadisme
    – parce que c’est ce que font les adultes avec les enfants depuis plus ou moins toujours

    Un enfant n’a pas la connaissance et l’expérience des adultes. Il n’a pas les mêmes responsabilités, pas les mêmes besoins ou envies. Il n’a pas atteint la maturité physique/psychologique.

    Le laisser faire et décider sans s’y opposer (toute opposition pouvant s’apparenter à de l’adultisme ?) peut souvent avoir des conséquences négatives plus ou moins graves, à plus ou moins long terme, pour l’enfant, l’adulte, ou quelqu’un d’autre. Il y a clairement des cas ou contraindre un enfant est le mieux à faire.

    Par ailleurs, pourquoi comparer « l’adultisme » au sexisme ou au racisme par exemple ? Abuser de son pouvoir dans son propre intérêt, au mépris des plus faibles, ou par méchanceté, ce n’est pas la même chose que d’user de son pouvoir sur son enfant par bienveillance envers lui.

    Évidemment, il y a toujours eu et il y aura toujours des abus à combattre. De là à vouloir combattre toute utilisation de pouvoir d’un adulte sur un enfant, en ne tenant compte d’absolument rien, c’est juste idiot.

    Sinon, le meilleur moyen d’obtenir d’un enfant qu’il fasse ce qui est bien pour lui, par exemple de manger des fruits et des légumes, est de lui expliquer les choses. Malheureusement, cela ne fonctionne pas systématiquement.

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    1. C’est dommage que dans ce débat, on ait tendance à confondre : ne pas vouloir s’inscrire dans une relation de pouvoir vis-à-vis de son enfant = le laisser tout faire.
      Vous dites : « Un enfant n’a pas la connaissance et l’expérience des adultes. Il n’a pas les mêmes responsabilités, pas les mêmes besoins ou envies. Il n’a pas atteint la maturité physique/psychologique » : tout à fait d’accord. Justement, prendre en compte ses besoins fondamentaux et sa maturité est au coeur du changement de regard qui existe derrière cette question de l’adultisme.
      Pour beaucoup, le terme d’autorité parentale évoque l’idée de « pouvoir sur l’enfant », alors que si l’on raisonne en terme de responsabilité parentale, on s’inscrit plutôt dans une logique de « devoirs envers l’enfant ». Cela ne veut surtout pas dire laisser l’enfant tout faire, mais au contraire, être là pour le protéger (y compris contre lui-même parfois, pour sa santé, sa sécurité, son hygiène), et lui permettre de comprendre les codes de la vie en société, le respect des autres, de leurs besoins, les conséquences de ses actes, etc.
      Contraindre ne veut pas forcément dire être dans un rapport de force : en tant que parent, la plupart de ces contraintes s’imposent à nous aussi, et on en est le garant vis-à-vis de notre enfant car c’est notre responsabilité…
      Mais il vrai que ce n’est pas facile de changer de regard, de déconstruire des schémas que nous avons intériorisés comme notre normalité depuis notre naissance, de faire face à nos émotions et nos propres blessures, tout ça dans un quotidien stressant…

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      1. Je ne comprends pas. Si en tant que parent on contraint son enfant, pour moi, c’est dans un rapport de force, de domination, en utilisant son « pouvoir ».

        Quand je lis l’article dont j’ai donné l’URL, « L’adultisme, ce poison invisible qui intoxique nos relations avec les enfants », je comprends que toute utilisation par un adulte de son pouvoir sur un enfant relève de l’adultisme. J’ai peut-être mal compris et dans ce cas, il ne faut pas hésiter à m’expliquer plus clairement ce qu’est l’adultisme.
        extrait de l’article : [Car je n’avais pas éliminé l’idée la plus fondamentalement nocive de notre culture : celle de croire que les adultes ont le droit d’utiliser leur pouvoir sur les enfants.]

        Mais quand même, il est bien question de dire que l’enfant sait au moins aussi bien que les adultes ce qui est bon pour lui ?
        extrait de l’article : [Le besoin d’autonomie et de libre arbitre est sacrifié au profit des besoins d’ordre et de productivité]

        Et que que les adultes ne doivent pas utiliser leur domination en cas de désaccord avec l’enfant parce qu’utiliser son pouvoir de domination sur quelqu’un c’est fondamentalement mal, toujours, quoi qu’il arrive, quelque soit la situation ?

        Ou alors je n’ai rien compris.

        Je précise que je n’ai lu en gros que l’article « L’adultisme, ce poison invisible qui intoxique nos relations avec les enfants » et le présent blog.

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      2. Désolée, la réponse est un peu longue…
        La nuance est liée au paradigme dans lequel on s’inscrit par rapport à notre façon de considérer l’enfant. On a longtemps considéré que les enfants étaient en quelque sorte la propriété de leurs parents, et toujours un peu aujourd’hui quand on entend « c’est mon enfant, je fais ce que je veux ». Le droit de correction découle de cette idée. Traditionnellement, on estime que le but de l’éducation est de corriger la nature de l’enfant, vue comme mauvaise, sauvage, et qu’on doit inculquer la culture, les règles de vie de la société, pour que l’enfant devienne un adulte conforme à ce que la société attend de lui. On entend encore dire parfois que l’enfant est forcément dans la recherche de plaisir immédiat, dans la « toute puissance », et qu’il faut absolument le frustrer pour ne pas qu’il devienne un enfant roi… Cette logique permet de justifier beaucoup de comportements de l’adulte qui, du point de vue de l’enfant, ne sont pas respectueux de ses droits et besoins fondamentaux.
        L’adultisme découle de cette conception, en considérant que l’adulte a plus de valeur que l’enfant, et que, de ce fait, l’enfant a le devoir de lui obéir, du fait même qu’il est un enfant (on a toujours dans notre code civil : « l’enfant, quel que soit son âge, doit honneur et respect à ses père et mère »…). En tout cas, c’est la façon dont je comprends cette notion, il y a peut-être d’autres façons de la considérer.
        Quand j’ai eu un enfant, j’ai cherché à me renseigner sur la question de l’autorité, des limites, parce que ce n’était pas évident pour moi… Mieux comprendre les réactions et les besoins de mon enfant m’ont vraiment fait changer de regard. Moi qui étais plutôt pour les punitions avant, je me suis rendue compte que cette logique était à l’opposé de ce que je souhaitais pour mon enfant, et au-delà, qu’il y avait là un puissant levier pour agir contre les phénomènes de violence dans la société.
        On se rend compte aujourd’hui des capacités, des potentialités impressionnantes des enfants, au niveau intellectuel, émotionnel, et humain. La « violence éducative ordinaire » a essentiellement pour effet de limiter ces potentialités, et, à l’échelle de la société, engendre des inégalités et des rapports de soumission que l’on considère comme normaux, car ce sont des schémas que l’on a intériorisés depuis notre enfance.
        Aujourd’hui, je ne cherche pas à ce que mon fils m’obéisse, je ne me considère pas comme supérieure à lui, même si j’ai plus d’expérience. Mon rôle est de le protéger, de l’accompagner, le soutenir, lui permettre de comprendre les règles, les contraintes, les dangers, etc (en prenant en compte sa maturité). Il ne peut pas faire ce qu’il veut, tout comme nous, nous sommes aussi contraints. Mais ces contraintes ne s’inscrivent pas dans un rapport de force. On dit souvent non, qu’on n’est pas d’accord, on le stoppe parfois dans ses comportements, mais on est en mesure de lui expliquer pourquoi s’il nous le demande, et on ne cherche pas à le faire taire s’il est en colère ou triste. Et lui aussi a le droit de ne pas être d’accord, d’exprimer son avis, son ressenti. Ca ne veut pas dire qu’on dira oui… Bien sûr, il ne sait pas tout, et nous lui transmettons notre expérience. Mais par exemple en ce qui concerne ses besoins fondamentaux, il sait mieux que quiconque s’il a faim, soif, sommeil, froid, mal, besoin d’un calin… le problème c’est que les petits ont du mal à exprimer leurs besoins clairement, on doit souvent décrypter, et c’est là toute la difficulté d’être parent, c’est qu’on n’a pas appris… Je n’ai pas la prétention d’être « un parent parfait », personne ne l’est… j’ai juste changé ma façon de concevoir les choses… je ne sais pas si j’ai pu clarifier un peu la question ?

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  15. Je suis assez d’accord avec ton avis, mais tout comme certains commentaires je crois que tu te trompe l’adultisme ce n’est bien évidemment comparer son enfant à un adulte et lui demander de réagir et penser comme tel. Ton ex des haricots est normal on apprend à nos enfants à manger ou du moins gouter de tout, par contre je me rappelle petite avoir été forcée à rester à table finir une assiette de petits pois qui n’étaient pas terrible (2 ans après j’en ai remangé chez une autre personne des frais et là j’ai préféré) du coup je ne peux plus en manger sans avoir des hauts le coeur. Et ce dessin illustre parfaitement https://www.instagram.com/p/Bls-XHGgvDC/?taken-by=fannyvella

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    1. Ca clarifie un peu et je comprends l’idée mais je reste convaincu que :

      -« stopper dans ses comportements » c’est utiliser son pouvoir, quand bien même on explique et on laisse s’exprimer

      -le pouvoir d’un adulte sur un enfant ne se limite pas aux violences ordinaires. Le simple fait de parler, de lancer un regard, d’avoir une certaine attitude : il y a une telle différence, plus l’enfant est jeune, que l’on est forcément en permanence dans une relation de pouvoir, consciemment ou non.

      -« il sait mieux que quiconque s’il a faim, soif, sommeil, froid, mal » : Certes, ce n’est pas pour autant que c’est une bonne idée de le laisser choisir systématiquement quoi et quand manger et boire, quand aller se coucher et se lever, etc.
      Ou de se borner à donner des conseils, ce qui peut de toute façon s’apparenter à de la manipulation et donc à l’utilisation de son « pouvoir » et le laisse donc de toute façon l’enfant agir à sa guise.

      -Je trouve que le mot adultisme en lui-même est mal « choisi » et que sa définition est bancale

      -« l’enfant a le devoir de lui obéir » : un enfant doit effectivement obéir à ses parents. Ca ne veut pas dire qu’en plus il doit le faire avec le sourire et ne pas s’exprimer, ça ne veut pas dire non plus que ses parents ont tous les droits en cas de désobéissance. Ca veut encore moins dire qu’il serait dans son tort de désobéir à un ordre qui serait déplacé.
      Simplement, si on part du principe que l’enfant n’est pas censé obéir à ses parents, ou plus généralement à des adultes, ça veut dire qu’a priori il n’a pas à obéir à qui que ce soit ni ne suivre aucune loi ou règlement ?

      En résumé : considérer un enfant d’égal à égal avec ses parents c’est une bonne chose. En déduire que les parents ne doivent en aucun cas user de leur pouvoir sur les enfants, parce qu’un adulte serait identique à un enfant, est une erreur.
      L’idée qu’un adulte ne doit pas se croire tout permis vis-à-vis d’un enfant, on peut très bien le comprendre. Mais cette histoire d’adultisme donne vraiment l’impression de passer d’un extrême à l’autre et que sous prétexte « d’adultisme », on n’aurait plus aucune autorité sur les enfants. Ni aucun droit : un enfant de tout âge pourrait décider de quitter la maison (partir définitivement) à tout moment et on n’aurait pas le droit de l’en empêcher ?

      Discriminer un enfant parce que c’est un enfant, ce n’est pas bien (tout comme le sexisme, le racisme, etc.). Ça ne doit pas vouloir dire qu’il faut oublier que c’est un enfant. Pour son bien, il vaut mieux, entre autre, lui fixer des limites, des contraintes. Cela se fait forcément dans une relation de pouvoir.

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      1. « Pour son bien, il vaut mieux, entre autre, lui fixer des limites, des contraintes » : c’est là où je dirais plutôt : « lui permettre de comprendre les limites et les contraintes qu’il rencontre » : on entend souvent que l’enfant a besoin de limites, mais c’est surtout qu’il a besoin d’en comprendre le sens pour pouvoir les respecter de son propre chef et pas par peur d’une sanction ou par souhait d’obtenir une récompense. C’est là toute la nuance entre être responsable et être obéissant. Mais bien sûr, c’est un apprentissage progressif, en fonction de son développement, on ne peut pas mettre l’enfant dans une situation où il serait responsable de lui-même dès sa naissance… C’est un peu comme le fait de conduire : on peut aller où on veut, mais pas n’importe comment. Et comprendre comment fonctionne une voiture, apprendre le code de la route demandent du temps, et quelqu’un pour nous apprendre, nous guider. Laisser quelqu’un conduire sans qu’il ait appris c’est le mettre en danger et mettre en danger les autres.
        « cela se fait forcément dans une relation de pouvoir » : quand il s’agit d’être responsable de quelqu’un, de le protéger, d’être dans une posture d’apprentissage, lui montrer l’exemple… est-on forcément dans une relation de pouvoir ? je ne crois pas, mais c’est une question intéressante 😉

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  16. Ce n’est pas parce que l’on a des responsabilités que l’on en est digne. Trump en est un parfait exemple.
    Et par exemple, comprendre un règlement (et comprendre dans quel but ce règlement existe) ne signifie pas pour autant qu’on va le respecter, en particulier dans le cas d’un jeune enfant.

    Pour reprendre l’exemple de la conduite : on peut très bien savoir conduire (et connaitre la loi, et le pourquoi du comment), cela n’empêche absolument pas de causer volontairement des dégâts matériels et humains à l’aide d’une voiture. Il n’y a qu’à penser au copilote qui a volontairement craché son avion de ligne dans les Alpes.

    Et donc dans le cas d’un enfant, il ne s’agit pas de le laisser en permanence agir et décider sous prétexte qu’il serait responsable de ce qu’il fait. Parce qu’un enfant, et notamment un jeune enfant, n’est pas en mesure d’avoir les mêmes responsabilités qu’un adulte.

    A tout moment, il faut avoir en tête qu’en tant qu’adulte et parent, on se doit d’agir quand cela est nécessaire, avec les outils appropriés à la situation. Tant mieux si c’est rare et si cela ne nécessite que très peu de pouvoir.

    Et il ne faut pas oublier que l’on ne vit pas dans un monde idéal. Les parents n’ont évidemment pas tous et tout le temps les moyens, l’énergie, l’argent, le temps, les connaissances, et tout ce qu’il faut pour agir de manière idéale.
    Encore une fois, c’est très bien de chercher au maximum à ce qu’un enfant fasse le bon choix de lui-même. Pour autant, il ne faut pas écarter ou nier toute idée d’obéissance et de pouvoir parce que ce serait une erreur, que ce n’est pas possible.

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  17. « Ce n’est pas parce que l’on a des responsabilités que l’on en est digne. Trump en est un parfait exemple. »
    → Tout à fait. D’ailleurs, c’est intéressant de voir en quoi l’enfance et l’histoire de la famille de Trump ont contribué à faire ce qu’il est aujourd’hui : http://www.regardconscient.net/archi18/1804trumpetnous.html

    « Et par exemple, comprendre un règlement (et comprendre dans quel but ce règlement existe) ne signifie pas pour autant qu’on va le respecter, en particulier dans le cas d’un jeune enfant (…). »
    → Pour le cas des accidents volontaires, il s’agit de pathologie ! Pour le jeune enfant, oui, bien sur, cela prend du temps, en lien avec la maturation de son cerveau notamment (la partie du cerveau qui permet de réfléchir, prendre du recul, etc, est très peu mature avant 5 ans, et la maturation complète se termine vers 25 ans !). Quand quelqu’un ne respecte pas un règlement qu’il pense pourtant être juste, c’est qu’il y a un problème… Sanctionner est une chose, mais ça ne règle pas le problème de fond… A ce titre, est-ce que vous connaissez les travaux de Muriel Salmona sur les mécanismes de la mémoire traumatique ?

    Sinon, on est tout à fait d’accord sur le fait qu’un enfant ne peut pas avoir les mêmes responsabilités qu’un adulte, et que les adultes doivent intervenir s’il le faut, de façon appropriée. Mais on n’est pas d’accord sur la notion d’obéissance et de pouvoir…

    Et 100 % d’accord aussi pour dire que c’est difficile en tant que parent. On est dans une phase de transition, et l’une des difficultés tient au fait que nos schémas éducatifs, que l’on considère comme normaux depuis notre naissance, sont remis en cause. Déconstruire nos idées reçues est une phase difficile, on culpabilise, on perd nos repères. Et on doit gérer notre colère, les conséquences de nos blessures d’enfance (que nos enfants sans le vouloir, nous renvoient), et nos besoins qu’on n’a pas appris à identifier et à gérer, tout ça dans un quotidien stressant. Oui c’est dur d’être parent… Ce n’est pas qu’on fait « comme on veut », on fait surtout « comme on peut »…

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