Enfant, etc

« L’objectif c’est d’être une mère suffisamment bonne, pas d’être une mère parfaite »: les conseils qui font du bien

Après une longue tendance de « mères parfaites », quelques trublionnes sont venues jeter un pavé dans la mare et crier haut et fort que hé, ho, faut arrêter avec les faux semblants. Parmi elles, la Belge Véronique Gallo, ancienne prof devenue humoriste, qui décortique sur scène sa vie de famille rock’n’roll. Dans la vraie vie, Véronique est séparée depuis un an et a trois enfants. Sur scène et dans les capsules drôlissimes diffusées sur YouTube il y a encore un an et sur Téva (en France) désormais, son conjoint s’appelle Bertrand et elle est mère de quatre enfants. Elle décrit son quotidien chaotique avec énergie et humour, les oreillettes vissées aux oreilles, à sa psy d’abord, sa soeur ensuite, sa mère bientôt: vous vous y retrouvez d’office. Vu que ça fait des années qu’elle potasse le sujet, je me disais que Véronique Gallo avait peut-être des choses à nous apprendre. Je l’ai rencontrée, un jour où Ezra m’avait sortie du lit une fois de plus avant 6 heures, entre un sandwich mangé au volant en guise de lunch, deux rendez-vous dans le centre de Bruxelles et le trotteur du petit vendu dans le hall d’entrée de RTL. Bref, le genre de journée où tu ne sais même pas si tu as pris une respiration depuis que tu es réveillée et où tu parles vite comme si ça allait te permettre de caser plus de choses dans la journée.

A l’écran comme sur scène, Véronique est survoltée. Et elle force à peine le trait. Pour elle, toutes les mères sont « un peu hystériques ». « Il y a un vrai fossé entre ce que l’on croit qu’on va être avant d’avoir des enfants et qui on est vraiment une fois qu’on a des enfants, un boulot et des rêves à soi. Et puis, il y a le manque de sommeil, une forme de torture bien connue. Les pétages de plomb sur nos enfants, ils sont logiques. Ca me paraîtrait anormal qu’il n’y en ait pas. » Soupir. Hochement de tête. Sourire entendu.

« Quand je suis devenue maman à l’âge de 23 ans, j’en rêvais, c’était voulu, je me souviens qu’on ne pouvait même pas dire que c’était difficile. On me disait: oh tu as des enfants, c’est formidable, tu dois être comblée. » Véronique l’était mais son job de prof ne lui suffisait pas. Elle rêvait déjà de la scène. Et je ne me suis pas trompée quand je vous disais qu’elle avait bien quelque chose à nous dire. Si elle travaille plus qu’avant, avec des horaires compliqués, elle se sent « meilleure maman » qu’à l’époque. « Je bosse énormément mais vu que je n’ai pas l’impression de travailler puisque ça m’éclate, j’ai moins besoin de break. Je me sens meilleure maman que quand j’étais prof parce qu’il y a moins de frustration. J’ai adoré enseigner mais je rêvais déjà de la scène, ça prenait de la place dans ma tête. »

« Maintenant quand je suis avec les enfants, je suis à fond avec eux. Je n’essaie plus de faire 22 choses en même temps. Je coupe mon téléphone. Parce que de toute façon, ça ne sert à rien de passer un coup de fil avec des enfants à côté. Espérer peler ses pommes de terre, avoir le temps de faire ses ongles, quand les enfants sont là, c’est illusoire. En tout cas moi, je trouve ça illusoire. Il faut lâcher prise. Il faut accepter qu’on est ici et maintenant dans ce qu’on fait et le reste viendra après. C’est aussi simple que ça mais ce n’est pas toujours facile à tenir. »

Son conseil pour une parentalité épanouie ? « S’il y a un truc à conseiller aux mamans, c’est d’abord de se concentrer sur elles-mêmes. N’écoutez pas ceux qui disent que c’est égocentrique. C’est faux. Dans la nature, la maman lionne ne passe du temps avec ses enfants que quand elle a chassé et qu’elle s’est nourrie elle-même. » Elle insiste : « Dans le cycle de la nature, les mères mangent d’abord et on peut parler de nourriture dans tous les sens du terme », précise-t-elle. « Dans notre société, on a tendance à dire qu’il faut se consacrer aux enfants et puis prendre du temps pour soi. C’est faux. D’abord, on prend du temps pour soi et ensuite on est libre de tout régurgiter à ses enfants. Ça, ça marche. Si on s’oublie, on pète un plomb. » Voilà qui change des discours ordinaires. Quand je vous disais qu’elle secouait un peu le cocotier.

Et de conclure, avec une phrase pleine de bon sens : « L’objectif c’est d’être une mère suffisamment bonne, pas d’être une mère parfaite. »

Véronique Gallo sera sur scène en France et en Belgique dans les mois à venir. Toutes les dates ici. Ne la ratez pas. Elle fait du bien au moral.

(4 commentaires)

  1. On a la même philosophie elle et moi! Je me suis toujours fait passer avant, dans le sens: prendre soin de moi, être bien dans mon corps et dans ma tête parce que ce dont les enfants ont besoin, c’est d’une mère qui tient la route. Avec option heureuse. Côté exemple, c’est le meilleur qu’on puisse leur donner.

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