Enfant, etc

En voiture ou en avion: mes secrets pour voyager en paix avec un enfant

Ezra n’aime pas enfiler sa veste, finir son assiette et avoir de l’eau dans ses yeux quand on lui lave les cheveux. Mais il aime bien les trajets en voiture et en avion. Heureusement, parce qu’on bouge beaucoup… Il peut rester des heures à regarder le paysage défiler par la fenêtre. On a déjà traversé la France entière, la Californie en long et en large, l’Arizona, on a visité les parcs nationaux américains… et même fait Bruxelles-Amsterdam en voiture avant Amsterdam-Manchester-Los Angeles en avion puis Los Angeles-Palm Springs en voiture tout ça au cours des mêmes 24 heures. Moi, j’ai failli crever, lui, on ne l’a pas entendu broncher.

Je vous donne mes astuces pour que les trajets avec un enfant se passent au mieux, selon mon expérience perso. Ne vous servez pas de votre progéniture comme excuse pour ne plus voyager, ça serait tellement dommage de passer à côté de toutes ces belles expériences à vivre ensemble… Et même si ça se passe mal et que le trajet est pénible, n’oubliez jamais que tout ça n’est que temporaire et que vous finirez bien à arriver à destination.

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Avant tout, sachez que voyager avec un enfant, c’est voyager avec un sac entre les pieds. Tu fais tout pour que ton môme soit détendu du slip mais toi, t’es mal mise, c’est comme ça. Dans ce sac, j’ai tout mon nécessaire de survie. Enfin, le sien, mais du coup ça sauve mon trajet donc c’est lié. En plongeant la main dedans, voici ce qu’on peut y trouver:

*** De la nourriture à profusion. Que des trucs qu’il aime bien. Une banane, des petits biscuits animaux (il les examine un à un pour découvrir de quel animal il s’agit, temps gagné: 10 minutes), des compotes en gourde, et le moins de chocolat possible histoire d’éviter qu’il en mette plein la portière. Pour parer à la saleté, je suis évidemment équipée de lingettes. Pour essayer sa bouche, ses mains et la portière.

*** Même si on compte s’arrêter quelque part ou qu’un plateau repas est servi dans l’avion, je lui prévois toujours un « vrai » repas: un petit sandwich au fromage frais, des morceaux de melon coupés en carré et du jambon de parme à manger avec les doigts dans un Tupperware. Quelque chose de simple mais de bourratif. Si vous tablez sur le repas a priori prévu et qu’il ne veut pas manger (parce qu’il n’aime pas, parce que ce n’est pas du tout son heure habituelle et qu’il n’a pas faim, parce qu’il veut vous contrarier), vous allez flipper ou vous énerver: un enfant qui ne mange pas quand il devrait est un enfant qui a faim l’heure d’après. Sauf que dans une heure, l’hôtesse aura remballé son plateau repas… Et bonne chance pour le caler avec deux crackers. Donc soyez prévoyante, quitte à jeter le petit repas prévu à la fin du vol. C’est triste, c’est mal, on gaspille, mais c’est le prix de la tranquillité.

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*** Dans le sac de survie qui m’empêche toujours de tendre les jambes du coup ça pique aux mollets au bout d’une centaine de bornes, j’ai aussi des petites voitures, ses petits trains préférés, et quelques jouets inédits que je dégaine quand il commence à s’ennuyer. Ces petits cadeaux, c’est pour l’effet « découverte »: il ne connaît pas du coup il jauge, il évalue et il joue plus longtemps qu’avec ses trucs habituels. Je précise que les jouets sont neufs mais déjà déballés. Sinon dans trois mois, les emballages en carton seront toujours dans ma voiture. Et puis, merci mais le moindre centimètre de place a son utilité dans mon sac. Je sais que lui offrir ces petits cadeaux avant de démarrer la voiture est tentant (je pense que je préfère offrir des cadeaux qu’en recevoir) mais quand on voyage, il y a une règle à ne jamais perdre de vue: GARDEZ DES CARTOUCHES. Le livre de stickers est pas mal efficace (celui-là ou cette collection-là) pour occuper l’esprit et les petits doigts, celui où il faut retrouver l’un ou l’autre objet dans une image encombrée aussi. Les livres aimantés (de la marque Lee Publications pour ma part), que je vous avais déjà montrés en stories sur Instagram, ont récemment eu un beau succès.

*** Dans mon sac encore, de l’eau, un biberon de lait (ça peut l’aider à trouver le sommeil). Là encore, dans l’avion, je n’attends pas que l’hôtesse propose des boissons: j’ai tout sur moi, pour éviter que le marmot s’énerve… et m’énerve du coup (la patience, une vertu qu’il mette du temps à connaître, n’est-ce pas?).

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*** La tute (ou sucette si vous préférez) et le doudou sont respectivement dans sa bouche et dans ses mains. Au quotidien, la tute, c’est seulement pour les moments de repos. En voiture et en avion, j’ai d’autres combats à mener. Ça l’apaise, ça le tranquillise (et ça l’empêche d’avoir les oreilles bouchées au décollage). En voiture, une fois à bon port, il sait qu’il doit laisser sa tute dans son siège (ou dans ma poche quand on quitte l’avion). Il s’exécute généralement sans rechigner, content d’être arrivé.

*** En avion comme en voiture, j’essaie le plus possible de faire coller le début du trajet avec l’heure de la sieste. Pour bien dormir, il faut être bien à l’aise. Je lui enlève donc son manteau et les fringues encombrantes, je lui ôte ses chaussures. J’ai pensé à l’habiller cool: plutôt un petit pantalon de training qu’un jean. Et j’ai toujours une petite couverture dans mon sac magique. Bien au chaud, on se détend. Je sors le biberon, qui est le signal du dodo depuis toujours pour Ezra. En voiture, je tire sur le pare-soleil pour qu’il ne soit pas dérangé par la lumière, en avion, je ferme les hublots. Le bruit du véhicule quel qu’il soit le plonge généralement assez vite dans une sorte de coma les yeux ouverts. On ne lui parle généralement plus à ce moment-là et on évite de se retourner: s’il accroche notre regard, ça perturbe son endormissement.

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*** La tentation d’atteindre sa destination au plus vite avec un enfant en bas âge à l’arrière est énorme. Mais en voiture, on fait de vraies pauses, régulièrement, histoire de l’épuiser. On opte pour des aires d’autoroute avec plaine de jeux ou en tout cas un peu d’herbe au-delà du parking afin de se dégourdir les pattes. On anticipe. On s’arrête avant même qu’il en ait conscience d’en avoir besoin. S’il est trop énervé, ça n’a pas le même impact sur sa capacité à sombrer après. On joue, on rigole, on prend l’air, on ne se met pas la pression.

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*** D’ailleurs, dès le début, on ne se met pas la pression. Je sais qu’en avion, on a tendance à capter les regards des passagers qui prient pour que cet enfant qui est le nôtre ne soit pas leur voisin de siège. On a peur qu’il crie, qu’il pleure, qu’il tape dans le siège de devant, qu’il ennuie tout le monde. Si vous lui en parlez pendant des jours et que vous en faites tout une montagne, il y a de grandes chances pour qu’il vous fasse la misère. Les gosses sont des éponges: s’il vous sent intérieurement agitée, stressée, angoissée, il le sera aussi. C’est aussi simple que ça. En voyage comme à la maison, les moments en famille les plus chouettes sont ceux où tout le monde est détendu, maman en tête. Donc on se répète que même si c’est le carnage, on ne reverra jamais ces gens et qu’ils ont, pour beaucoup, eu ou auront des enfants un jour, donc un peu d’indulgence, merde!, et on respire. Pratiquez la bonne vieille méthode Coué: oui, ça peut mal se passer mais pour le même prix, tout ira bien. Si le regard des autres vous angoisse trop, désamorcez! Prévoyez des petits sachets de biscuits ou de bonbons accompagnés d’un petit mot expliquant que vous ferez du mieux possible pour que votre progéniture se tienne bien mais qu’en cas d’échec, vous vous excusez d’avance. Je ne l’ai jamais fait mais je trouve l’idée piochée en ligne pas si bête. Les gens savent que vous les considérez et rien que pour ça, ils feront preuve d’un peu plus de patience. Vous pouvez aussi prévoir quelques paires de boules Quies pour vos voisins directs. En cas de vol de nuit, ça peut leur être utile.

*** Comme je le disais plus haut: gardez des cartouches. NE SORTEZ PAS L’IPAD dès la clé sur le contact. Déjà, parce qu’il va comprendre le mécanisme (voiture = iPad, youhou!) et qu’il vous le demandera même quand il s’agira d’aller faire des courses au supermarché du coin. Mais ça fonctionne aussi pour l’avion: attendez le fol ennui avant de sortir la carte secrète. L’iPad ça abrutit et ça rend les enfants encore plus pénibles. En tout cas, le mien. Après 30 minutes d’iPad, il geint, il se tortille, il pleurniche, il veut « aut’ chose » mais « nan pas ça ». Les écrans sont vos amis avec parcimonie. Et une fois qu’il a goûté aux dessins animés, il ne voudra d’ailleurs plus ni dormir, ni feuilleter un livre. Rien de ce que vous lui proposerez n’aura l’air aussi chouette à côté. Et vous faites quoi, alors? Par contre, ayez-le avec vous malgré tout, avec des dessins animés de son âge téléchargés d’avance afin de ne pas être tributaire d’une connexion wifi ou 4G. Netflix, je t’aime.

(8 commentaires)

    1. Rho merci, ça, ça me fait vraiment plaisir comme commentaire. Je raconte vraiment les choses comme je les vis et j’essaie d’être la plus honnête possible donc merci pour ta remarque, ça fait plaisir de savoir que ça plaît.

  1. Hello

    Encore une fois un très bon article! Merci pour ces précieux conseils. Est ce que dans tes nombreux voyages Ezra à voyage sur vos genoux ? Je dois fais 11h avec mon fils très prochainement et comme il a moins de deux ans il n’aura pas de place assise.

    1. Pour faire Amsterdam-Los Angeles, il avait 18 mois, je l’avais sur mes genoux. Pour notre voyage à New York, c’est la première fois qu’il avait son siège. Je n’ai pas trouvé ça plus ou moins confortable sachant qu’il a quand même tendance à venir squatter mes genoux pour lire un livre, poser sa tête pour dormir, etc…
      J’appréhendais très fort les 13 heures sur mes genoux à l’aller. Il était alors incapable de s’endormir dans mes bras à la maison. Du coup je pensais que ça serait pareil dans l’avion et qu’on allait vivre un enfer. Mais pas du tout… Il s’est immédiatement mis en position câlin et il a sombré… Je suppose que le bruit blanc du moteur a aidé… Tu vas où? Tu me raconteras? 🙂

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