L'école buissonnière d'Ezra Voyage en famille

Disneyland en Californie: bien plus cher que Paris donc forcément mieux?

17 juillet 1955, Walt Disney foule les pavés du premier parc Disneyland, celui installé à Anaheim en Californie, le seul qu’il a conçu et qu’il verra de ses propres yeux avant de passer l’arme à gauche onze ans plus tard. Selon Wikipedia (ça vaut ce que ça vaut), c’est « l’endroit le plus joyeux du monde ». Personnellement, lundi, j’avais déjà envie de sauter du petit train qui m’emmenait du parking à l’entrée du parc…

Je suis généralement bon public. En écrivant cette phrase, je m’interroge sur sa véracité, parce que je ne voudrais pas vous mentir, mais je crois que c’est vrai. Un rayon de soleil, un sourire de mon fils, un estomac plein, un verre de vin avec une copine, une chouette discussion avec mon mari suffisent pour me donner la patate. Mais il y a un truc qui me rend dingue dans la vie, c’est l’impression qu’on m’arnaque et l’impression qu’on me fait perdre mon temps. Et pas parce que le temps c’est de l’argent. Non, surtout parce que depuis qu’Ezra est né, je cours derrière sans cesse… Le temps, pas Ezra. Quoique. Les deux.

Malgré l’heure matinale de notre arrivée et le fait qu’il s’agissait d’un jour de semaine, on a passé notre temps à poireauter. À la sortie du parking pour attendre la navette, déjà. Il n’y avait aucune indication pour se rendre du parking au parc à pied, faudrait pas trop se fatiguer non plus… On a attendu longtemps à l’entrée du parc aussi parce qu’ils ont l’excellente idée de faire des photos d’identité de tout le monde et de valider les premières utilisations d’abonnement aux portes principales. Avant même de faire une seule attraction, Ezra en avait déjà ras la casquette (qu’on avait oubliée dans la voiture). Entre le moment où j’ai claqué la porte passager et le moment où j’ai enfin poussé le tourniquet, il s’est écoulé une heure.

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La longue file à l’extérieur me filait quelques angoisses mais j’espérais que tout soit assez bien agencé à l’intérieur pour éviter de passer ma vie à essayer d’expliquer à Ezra pourquoi il devait rester debout entre deux barrières sans toucher les fesses du monsieur devant qui, non, ce n’est pas papa. Papa, c’est celui qui serre les dents derrière maman… Mais non, Gaston: à l’intérieur, c’est encore pire! L’enfer sur terre porte définitivement des oreilles de petite souris.

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On a eu « de la chance »: en arrivant avant 10 heures, on a pu aller sur le manège des chevaux de bois sans attendre. Ezra était content jusqu’à ce que je lui dise que l’idée était en fait de s’asseoir sur le cheval et pas de lui faire des doudouces. Il a pressé ses petits ongles dans mon cou (rappelez-moi de les lui couper la prochaine fois) et je me suis assise sur l’animal immobile avec mon fils agrippé à mon corps comme un panda. Il a fallu ensuite lui expliquer que l’idée, encore une fois, était de se mettre face à la crinière. Débat, négociation, demande de tute et de doudou et enfin, un sourire quand le manège s’est mis à tourner.

Sourire qui s’est vite effacé quand je l’ai installé dans l’attraction Pinocchio, juste en face. J’avais oublié qu’il faisait si sombre à l’intérieur et n’ayant jamais fait Disneyland avec un enfant si jeune, je ne m’étais jamais dit que ça pouvait vous terroriser un gamin. Ezra a pleuré en voyant la baleine et j’ai collé mon nez au sien pour qu’il me regarde dans les yeux au lieu de mater les décors flippants. Ça fait trois jours qu’on est rentré et il me dit encore qu’il a eu peur dans « Pocoyo ». Bien joué, maman. Quand on a quitté la maison de Gepetto, il était 10 heures et le parc avait été envahi brutalement. Le temps d’attente de chaque attraction se situait alors entre 45 minutes et 1h30… Mais pourquoi les gens s’infligent-ils ça? Ou pourquoi le parc ne fixe pas une fréquentation limite histoire que l’expérience reste agréable pour tout le monde? Question à cinq francs au pays du capitalisme, je vous l’accorde.

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On a migré vers la Mickey Toontown qui, sur papier, s’adressait aux petits. Mon plan m’indiquait l’existence de la maison de Mickey, celle de Dingo et celle de Tic Tac. Cette dernière est en fait une cabane dans un arbre en plastique et à l’intérieur il n’y a rien d’autre qu’un escalier. Aucune figurine animée, aucun objet à toucher. La maison de Mickey était sympa mais elle mériterait un gros coup de frais niveau déco. J’espérais une ressemblance avec La Maison de Mickey du dessin animé diffusé sur Disney Junior, je la cherche encore. J’ai trouvé que ça manquait de lumière et de couleurs vives à l’intérieur. À la fin de la visite de la maison, les enfants peuvent rencontrer Mickey. Il y avait plus de 45 minutes d’attente à faire dans un couloir, on a pris la sortie de secours pour aller à plaine de jeux, minuscule.

On a encore fait le petit train de Dumbo (30 minutes de file). On était dans le dernier wagon, dans le sens inverse de la route mais le wagon disposait d’un petit volant. Vu sa passion pour les transports en général, Ezra était plutôt content. Même si, ça ne se voyait pas sur son visage… Ceux qui ont vu mes stories Disneyland sur Instagram peuvent en témoigner.

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Vous allez peut-être me dire que le parc n’est « pas fait » pour un gamin de deux ans, deux ans et demi. Je répondrais qu’à la base, Mickey est l’ami des enfants, pas celui des adultes de 40 ans. J’ai trouvé que rien n’était pensé pour les petits. Ni les interminables attentes, ni les attractions en tant que telles, ni la bouffe: comme à Paris, si on veut manger sur le pouce, c’est de la junk food partout, hors de prix. Finalement, notre meilleur moment au parc, c’était notre pique-nique sur un banc baigné de soleil dans le deuxième parc, Disney Adventure. C’est là notamment qu’on retrouve l’univers de Cars. Il est moins fréquenté et plus récent. On n’y a fait aucune attraction: on a regardé les voitures de Radiator Springs Racers passer à toute vitesse et on en a offert une petite à Ezra. Enfin deux, mais c’était les moins chers de la boutique…

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Ne me prenez pas pour une aigrie ou une râleuse. J’aime vraiment bien l’univers de Disney, j’ai adoré La Belle et La Bête, La Petite Sirène, Toy Story. Mais le parc californien se moque un peu de la tête des gens. J’aime beaucoup le parc parisien, nettement plus spacieux, plus moderne, mieux agencé. Et surtout moins cher. Je vous fais le topo: pour une admission d’un jour dans un seul des deux parcs californiens, c’est 135 dollars (109 euros) par adulte et 127 dollars (102 euros) par enfant de 3 à 9 ans. Pour une journée avec accès aux deux parcs, c’est 185 dollars (149 euros) par ticket adulte et 177 dollars (143 euros) pour un enfant. À Paris, pour la même journée (j’ai simulé le 28 mars), c’est 69 euros/adulte pour un parc, 89 euros pour les deux et 63 euros/enfant pour un parc et 83 pour les deux. Petite remarque: en France, tu es un enfant jusqu’à 12 ans, aux États-Unis jusqu’à 9. Bref, je trouve que c’est ultra cher pour ce que ce qu’est. La touche « historique » ne justifie pas le prix du tout. Ajoutez à ça 20 dollars pour le parking, au moins 50 pour manger en famille à l’intérieur du parc et quelques billets verts supplémentaires pour un petit cadeau… Pour éviter l’attente et voir la parade aux premières loges, il faut se la jouer VIP avec un pass annuel deluxe qui permet de couper les files. Disneyland ou le monde merveilleux qui n’oublie pas de bien faire la distinction entre ceux qui ont économisé toute l’année pour faire plaisir une fois l’an à leurs enfants et ceux qui ont les poches qui débordent. Et sinon, vous couperez bien mes deux bras?

Est-ce que j’aurais préféré Disneyland Anaheim avec Ezra un peu plus grand? Est-ce que je suis tombée un mauvais jour? Aucune idée. A moins de s’installer définitivement en Californie, ce qui n’est pas dans nos plans, on n’y reviendra probablement jamais. Si on fait abstraction des moments d’attente, on a malgré tout passé une bonne journée. Ezra était détendu du slip (maintenant qu’il ne porte plus de couche), on était en famille et il faisait beau. Comme je vous le disais, je suis facile à contenter. Mais on ne m’enlèvera pas de la tête que le parc parisien est bien plus chouette, même si la météo ne suit pas toujours. Comme quoi, parfois, pas besoin d’aller bien loin pour trouver son bonheur…

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(9 commentaires)

  1. J’irais…. mais pas dix fois… alors j’attends un peu lol. Je veux tenter de choisir le bon moment, à la fois pour qu’elles aient l’occasion de faire un certain nombre d’attractions mais aussi pour qu’elles s’en rappellent ensuite 🙂

    1. Oui, attends… C’est exactement ce qu’il faut faire: attendre qu’ils soient assez grands pour en profiter ET s’en souvenir. Je retournerai. A Paris. Plus tard… Bien plus tard… 🙂

  2. J’adoooore la conclusion ! Pour le reste on a déjà échangé sur instagram ! Retour très intéressant cela dit qui me conforte dans l’idée d’attendre pour aller à Disney avec Zoey, même à celui de Paris !

  3. Au moins, on n’a pas trop de regret de ne pas être en Californie 😉
    Mais, je dois t’avouer que pour être aller à DLP en février avec des amis, je ne suis pas prête d’y emmener Tess… Les files d’attente sont interminables même pour les adultes et c’est je pense finalement encore assez peu adapté à son âge. On verra d’ici quelques années!

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