Voyage en famille

Ce que j’aime et ce que je déteste à Beverly Hills, ce coin qui fait rêver tout le monde

Beverly Hills, c’est Brandon et Brenda, des virées en voiture décapotable, les péripéties du flic voyou Alex Foley incarné par Eddie Murphy et la virée shopping de Vivian, prostituée aux cheveux flamboyants et au sourire magnifique, qui tourne mal chez Boulmiche. Beverly Hills, c’est aussi là que Whitney Houston est morte d’une overdose la veille des Grammy Awards en 2012, c’est là que les stars se donnent rendez-vous pour faire la promotion de leurs nouveaux films. Et c’est souvent pour ça que je suis amenée à m’y rendre.

Le coin est animé, les automobilistes plutôt apaisés en Californie ont ici le klaxon nerveux. J’ai souvent arpenté les trottoirs de Beverly Hills seule. J’ai redécouvert le quartier en famille et j’ai eu une prise de conscience : la ville avec un enfant de 2 ans, ça craint. Moi qui suis une vraie citadine, j’ai été soudainement soûlée du bruit et du manque d’espace. Le centre névralgique de Beverly Hills est actuellement en travaux, les quelques poumons verts au milieu du bitume sont difficilement accessibles et je ne parle même pas des plaines de jeux. Beverly Hills est faite pour frimer, pour prendre le soleil au bord des piscines installées sur le toit des hôtels de luxe, dépenser toute sa paie en fringues et manger en terrasse, pour se montrer et être vu. Rien d’autre. En famille, franchement, ça n’a que peu d’intérêt. Voilà les choses que j’aime et celles que je déteste dans ce quartier mythique.

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J’adore

Si Hollywood s’inscrit en lettres blanches dans les collines, Beverly Hills marque son territoire dans le Beverly Gardens Park. Juste derrière, il y a deux rues parallèles qui m’enchantent : la North Canyon Drive et la North Beverly Drive. Elles sont toutes les deux bordées de palmiers aussi hauts et chevelus que leur tronc est fin et de jolies maisons luxueuses. Celles des stars n’ont jamais pignons sur rue, ne cherchez pas, ce n’est clairement pas là qu’elles vivent. La promenade est reposante mais interminable. À Beverly Hills comme partout ailleurs à Los Angeles, la bagnole est reine. Si vous arpentez ces rues un jour, pensez à moi quand vous déboucherez sur le carrefour en étoile à six embranchements. Chaque rue est réglementée par un STOP et le code de la route californien veut qu’on cède le passage à la voiture arrivée juste avant nous. Si on arrive à six en même temps, le petit balai de voitures demande un peu de mémoire. J’adore malgré tout l’immensité de ce croisement. Visuellement, c’est impressionnant.

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Derrière moi et face à Ezra en vélo, l’une de mes rues préférées à Beverly Hills.

Il y a un Pain Quotidien. Ça peut paraître léger comme raison mais croyez-moi, après huit mois sans pain frais valable, j’ai envie de faire des claquettes quand je croise l’enseigne. Je suis un peu à la maison, parce que c’est Belge, le Pain Quot’, rappelons-le. Je suis mentalement parachutée en Belgique quand je mange les mini-muffins au chocolat présentés près des caisses. Les connaisseurs savent de quoi je parle.

Les hôtels sont évidemment à la hauteur de la réputation du quartier: un peu surfaits et hors de prix. Mais il y a des très jolies choses quand même. Pour croiser de la star, je vous conseille d’aller prendre un café au Four Seasons (la photo principale, c’est un coucher de soleil vue d’une chambre du Four Seasons), le repère du people américain par excellence. Révélation: l’acteur hollywoodien est comme tout le monde. Pour monter au 12e étage, il doit prendre l’ascenseur, donc il traverse le hall. Où vous vous trouverez peut-être. Pour en prendre plein la vue et avoir l’impression d’avoir beaucoup de sous sur votre compte en banque, allez piquer une tête dans la piscine chauffée du Sixty. Elle est installée sur le toit de l’établissement, à ciel ouvert mais protégée du vent par de larges baies vitrées. C’est chic et dépaysant.

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La vue et la piscine du Sixty. Difficile de trouver ça vilain.

Autre détail qui a son importance: tout est cher dans le coin, sauf le parking. Tous les parkings publics offrent les deux premières heures de stationnement. Vu que tu es obligé de te déplacer en quatre roues, c’est la moindre des choses mais quand même c’est sympa.

J’hésite

Rodéo Drive a du charme. Les palmiers, nombreux, étaient en tenue de soirée ces derniers mois – peut-être le sont-ils toute l’année ? -, des guirlandes de petites lumières sont enroulées autour des troncs. C’est joli comme tout à la tombée du jour. Il y a des espaces de repos agréables qui ont été aménagés le long de la rue. On peut se poser avec un café qu’on a pris plus loin à emporter. La rue est à taille humaine, ce qui est rare à Los Angeles. Et puis on peut y traverser en diagonale, ce qui est aussi inattendu que rigolo. Il y a par contre un truc qui me dérange, c’est le côté lèche-vitrines qui se transforme en attraction de foire. Quand les touristes en short et casquette ne se photographient pas devant les voitures de sport alignées dans la rue, ils sont plantés devant des boutiques vides de clients qui proposent des fringues improbables, importables et évidemment hors de prix. À part pour les touristes chinois qui déboulent en mini-van entre deux visites express pour se rhabiller chez Louis Vuitton, ça ne s’adresse pas à grand-monde.

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Le Farmer’s Market est un peu en dehors du centre de Beverly Hills et rassemble des dizaines de petits restaurants sympa. On commande au comptoir et on se pose là où on trouve de la place. C’est globalement sympa mais c’est un peu l’enfer le week-end et l’été. Il y a beaucoup de trop de monde et ça génère trop de files et un irrespect général avec des tables moyennement débarrassées. C’est toujours sympa pour les suivants. Ce petit marché est le premier du genre, l’original, et il est situé à deux pas d’une rue agréable, bordée de boutiques: The Grove. Il y a une jolie fontaine et un sapin de Noël géant en hiver et… un petit train électrique qui traverse le bazar et fait des stops tous les trois mètres parce qu’il ne faudrait pas non plus risquer de se fatiguer. Ezra a aimé le regarder passer, moi j’ai regretté qu’il faille faire attention avant de passer d’un côté à l’autre pour ne pas se faire écraser. Si c’est piétonner, c’est piétonner, non mais dites.

Je déteste

Los Angeles est le porte-drapeau de la Californie mais honnêtement: sans le soleil et l’océan, c’est moche à crever. C’est du béton partout, certains coins hyper célèbres comme la célèbre artère d’Hollywood Boulevard sont sales et mal fréquentées, l’architecture n’a aucun charme la plupart du temps. Beverly Hills n’est pas le pire quartier, c’est entretenu, c’est bling bling mais c’est gris et honnêtement, c’est un peu creux tout ça. Comme je vous le disais au début, arpenter la ville avec Ezra me l’a fait voir sous un autre jour. Je l’ai trouvée peu accueillante et mal aménagée. Et sans surprise, hors de prix: les logements sont surcotés, de l’hôtel à l’Airbnb et un bête plat de pâtes te coûte un bras.

J’ai profondément détesté le centre commercial Beverly Center à côté de l’hôpital des stars, le Cedars Sinaï (là où Johnny est tombé dans le coma et où Beyoncé a accouché de ses jumeaux). Il y a sept ans, le lieu était fréquenté et était considéré comme l’un des temples du shopping. C’est désormais un gigantesque lieu déserté. L’endroit est fantomatique, d’une tristesse absolue sous la froideur des néons. J’avais lu un article du Time il y a quelques mois (si ça vous intéresse, il est ici) qui parlait de la lente mort des « malls » américains. J’ai pu constater l’agonie de mes propres yeux. C’est déprimant.

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(13 commentaires)

    1. D’ailleurs ça me fait toujours rire mais on les présentait un peu comme les pauvres du coin alors que vu la maison dans laquelle ils habitaient et connaissant un peu le prix des loyers du coin… CA VA, j’ai envie de dire! :-))))

  1. Jamais visité Beverly Hills, mais ta description me fait un peu penser à Naples en Floride, à ceci près que cette ville a réussi à conserver un caractère authentique et familial malgré les immenses maisons et les grosses cylindrées…En somme, tout ce que tu aimes à Beverly et rien de ce que tu détestes.
    Le soleil fait grave envie quand même (et c’est une meuf d’origine belge qui te parle!)!

    1. Hé mais tu es Belge? On envisage peut-être de migrer vers la Floride l’année prochaine… Je t’enverrai peut-être un petit message prochainement pour que tu puisses peut-être m’éclairer. Et oui, le soleil c’est quand même LE TOP absolu.

      1. Belge du côté de ma mère, j’ai grandi à la frontière belge, je suis Nordiste mais bien française 😉
        La Floride, j’ai adoré, même si j’ai surtout fait le Sud. Naples est le seul endroit où nous nous serions vus vivre.

    1. C’est drôle, quand nous avons annoncé notre départ en Floride, nous avons fait un bide intégral. Ce que décrit Sea you ne fait pas rêver les français en général, qui y voient un tourisme « artificiel ». Et pourtant…je n’ai jamais vu autant d’animaux en liberté qu’en Floride. Pour ma part j’adore les US, leur éclectisme et les surprises qu’ils réservent.

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