Pourquoi personne ne m’a dit qu’être maman, ce n’est pas dur qu’au début?

by seayouson

On nous parle beaucoup de la difficulté d’être maman. Au début du moins. Avant de devenir mère, toutes les femmes sont préparées aux premiers mois. Je me souviens qu’on m’a répété que ça allait être fatigant, que j’allais devoir m’oublier, donner de ma personne, que ma vie allait basculer. Ce qu’on ne m’avait pas dit, c’est que ce n’était pas que l’affaire de quelques mois… Je m’excuse d’avance auprès de celles qui tomberaient sur cet article et qui seraient en train de vivre un post-partum compliqué. Mais je suis maman depuis 6 ans et je trouve que c’est beaucoup plus difficile ou au moins aussi difficile d’être maman aujourd’hui que lorsque mon fils est né.

Pour la logistique, c’est plus facile

Bien sûr, pour la logistique, c’est plus facile. Je suis moins chargée quand je sors de chez moi. Je culpabilise moins quand je m’absente. Je peux le raisonner, lui expliquer, il n’y a plus de crises de colère. Je comprends généralement ses états d’âme, ses humeurs, je sais ce que je peux faire pour le mettre de bonne humeur et ce qui va, inévitablement, le faire râler. On s’est apprivoisés. En famille, on a trouvé un équilibre et plus mon fils grandit, plus j’arrive à dégager du temps pour mon couple. Quand l’enfant est aux scouts, on peut aller se prendre un café tranquille. Quand il dort chez ses grands-parents qu’il adore, on peut se faire un petit resto. Techniquement, c’est vrai, c’est plus simple.

Mais ça, je ne l’avais pas vu venir

Et à la fois, tout est plus compliqué. Je suis surprise en permanence par la difficulté d’être maman. Personne ne m’a jamais dit qu’en accouchant, je renonçais à mes nuits réparatrices définitivement. Quand mon fils était bébé, je me levais régulièrement la nuit. Mais j’avais dans l’espoir que les réveils nocturnes et les nuits en pointillés finiraient par s’arrêter. C’est ça qui est le plus dur: je croyais VRAIMENT que ça allait arrêter. Je ne savais pas que ça ne serait pas le cas. A 5 ans, bientôt 6, mon enfant se réveille quasiment toutes les nuits. Depuis à peu près toujours.

Il y a eu la période des terreurs nocturnes, puis celle des cauchemars. Il a eu peur d’aller dormir alors que jusque là, ce n’était jamais arrivé. Il dormait dans le noir, il a subitement voulu qu’on laisse la lumière allumée, sauf que du coup ma chambre était illuminée et que perso, je ne sais pas dormir autrement que dans le noir complet. Il y a les fois où il doit aller aux toilettes, celle où il s’incruste dans le lit parental sans prévenir et sans raison, les « maman » chuchotés à l’entrée de la pièce vers 1 heure du matin et les « maman » hurlés sur le palier à 4 heures. Et je ne parle même pas des mises au lit à rallonge qu’on a connues vers l’âge de 4 ans.

On ne m’a pas dit que je faisais une croix sur mon sommeil

On ne dit jamais à une femme qu’elle fait une croix sur son sommeil en devenant mère. Et c’est vraiment la difficulté d’être maman numéro un. On ne lui dit pas non plus que les années qui passent vont rendre chaque réveil nocturne plus difficile. Ce sont ces nuits-là qui font vieillir les femmes plus rapidement que les hommes, ces nuits-là qui nous donnent des cheveux gris et qui nous rident le visage. J’avais 30 ans quand j’ai accouché et de l’énergie à revendre. A 36 ans, le manque de sommeil est de plus en plus compliqué à gérer.

D’autant qu’en vieillissant et à force de me lever tôt, mon rythme a changé. J’ai longtemps été un oiseau de nuit et quand mon enfant était bébé, je profitais de l’obscurité pour faire ce que je voulais faire, pour moi. Je travaillais, je lisais, je me faisais un masque pour les cheveux… Qu’importe: ce temps-là était pour moi. Aujourd’hui, je m’effondre à 22 heures et ça génère parfois une frustration folle parce que ce précieux ME-Time me manque. Frustration qui, parfois, retombe directement sur celui qui me réveille la nuit…

L’écrasante responsabilité

Je ne savais pas non plus que la conscience de ta responsabilité de parent te retombait dessus régulièrement. Quand j’ai quitté la maternité et que je suis rentrée chez moi avec mon bébé de trois petits jours dans les bras, j’ai senti un gouffre s’ouvrir sous mes pieds. Je me souviens de cette sensation atroce de tomber dans un puits sans fond. J’ai compris, ce jour-là, que j’étais responsable à vie de la petite chose que je tenais dans mes bras. J’en suis encore surprise aujourd’hui mais je me suis habituée à cette sensation et j’ai fini par ne plus trop y penser.

Depuis peu, je sens à nouveau ce poids écrasant sur mes épaules et j’ai régulièrement la poitrine serrée. Mon fils est entré à l’école primaire, il s’autonomise, il a ses goûts, ses envies, des amis et des besoins. Je veux bien faire mais je ne sais absolument pas si je m’y prends bien. Je ne sais pas à quel moment il faut le pousser à se dépasser et à quel moment je dois le préserver? Doit-il s’endurcir absolument ou avoir une sensibilité exacerbée, c’est bien?

Et cette question: que faut-il faire pour bien faire?

Je dois faire confiance à quelqu’un que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam pour juger ses aptitudes, du coup je m’interroge: faut-il de bons résultats scolaires pour réussir dans la vie? faut-il rentrer dans le rang pour être heureux ou faut-il assumer ce que l’on est au risque de déplaire? entre ce qu’il vit et ressent, ce que je m’imagine et ce que je projette, où est la réalité? quel est le juste milieu? ça veut dire quoi: vouloir le meilleur pour son enfant? faut-il le vacciner, l’obliger à faire du sport, lui dire d’être sage, se prendre la tête quand il ne veut pas manger ses cinq fruits et légumes par jour, consulter un expert en graphothérapie parce qu’il écrit certaines lettres à l’envers?

La difficulté d’être maman: on ne sait jamais si on s’y prend bien

Plus les jours passent, plus je me dis que je ne saurai jamais si je m’y prends comme il faut. Comment les phrases que je dis et les choses que je fais impacteront son avenir? Je trouve cette inconnue étourdissante. C’était bien plus simple quand il s’agissait de savoir s’il devait manger du sucré ou du salé en premier lors de la diversification alimentaire.

Je ne savais pas non plus à quel point les horaires d’école sont un enfer et que niveau organisation quotidienne, c’est bien plus compliqué que lorsque l’enfant allait à la crèche.

Enfin, même si je m’y suis habituée (à un moment, l’humain prend le pli, c’est une question de survie), j’en ai parfois tellement marre de devoir tout organiser. Je ne sais plus à quoi ça ressemble d’improviser. Il faut prévoir, appeler une babysit, s’assurer que quelqu’un prendra le relais, mettra au lit. Il faut un frigo rempli, aussi, parce qu’il parait qu’on ne peut pas faire sauter de repas à son enfant juste parce qu’on a la flemme… Il faut fixer les agendas, prévenir, planifier.

Etre maman, ce n’est pas dur qu’au début

En fait, je ne savais pas qu’être mère, ce n’est pas seulement dur au début, c’est dur tout le temps.

Est-ce que ça aurait été moins dur si j’avais su la difficulté d’être maman? Pas sûr. Est-ce que ça m’aurait permis de me sentir moins seule, parfois? Sûrement. Alors si cet article peut vous permettre de vous sentir moins seule, ne serait-ce que cinq minutes…

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2 comments

Vanessa 22 novembre 2021 - 18 06 16 111611

Comme je suis d’accord, mon fils va avoir 5 ans dans un bon mois, et je trouve mon statut de maman infiniment plus compliqué maintenant. Jusqu’à ses 2 ans à peu près je pensais vouloir un deuxième, maintenant ce n’est plus le cas. J’ai eu la chance que bébé il fasse de belles nuits. Ce n’est quasiment plus le cas aujourd’hui. Les tracas grandissent avec lui, avec l’école aussi qui a tellement d’attentes et d’exigences auxquelles je n’étais pas préparée (et pourtant je suis instit, c’est dire!) . Je l’aime plus que tout et je n’ai aucun regret mais, à 39 ans, je n’ai plus l’énergie de recommencer.

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Chloé 23 novembre 2021 - 10 10 26 112611

C’est exactement ça! On s’attend à ce que ce soit difficile les premiers mois, voire la première année, mais pas sur du long terme!
Bon pour ma part, clairement la phase bébé c’était pas mon truc, et plus mon fils grandit, plus je sens la chape de plomb sur mes épaules s’alléger. Il va avoir 4 ans 1/2 et globalement le quotidien devient plus facile (moins de logistique effectivement) et ça fait du bien! Les questions d’anticipation et d’organisation ne me font pas trop peur, mon conjoint et moi-même étant plutôt organisés de manière générale. Par contre toutes les questions sur le bien-être et l’avenir de notre fils, c’est sacrément prise de tête. Etre responsable de quelqu’un c’est assez horrible en fait! Comme dans le com précédent, je l’aime plus que tout mais absolument pas l’énergie de recommencer. Il restera fils unique et j’espère qu’il n’en sera pas malheureux (ça aussi, ça me pèse!).

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