Enfant, etc

Il voulait une petite fille mais c’était avant d’avoir un petit garçon: le lien entre un père et son fils à la loupe

Les enfants qui ont eu la chance d’avoir un papa présent et concerné s’en sortent mieux dans la vie que les autres. Ils développent une meilleure estime d’eux-mêmes, une meilleure résistance au stress et ils ont de meilleurs résultats scolaires. « C’est particulièrement vrai pour les garçons », note une étude réalisée au Québec. En ce jour de fête des pères belge, je m’interroge sur le lien qui unit mon fils à son papa.

Ca serait mentir de dire qu’il n’avait pas une petite préférence. Je me souviens du gel trop froid sur mon ventre si rond et de l’annonce faite ce jour-là: ça sera un petit garçon. Il espérait une petite fille pour une histoire de schéma familial qu’il craignait de voir se répéter et pour les petits bras qui ne manqueraient pas d’entourer son cou. On lui avait dit le tendre lien qui existe entre les petites filles et leur papa… Il en rêvait. La déception fut brève: il restait quelques semaines pour se projeter autrement, imaginer autre chose, et être prêt à accueillir celui qui ne manquerait pas de creuser nos rides un peu plus. D’angoisse et de rire. Quand Ezra est né, je l’ai regardé pleurer de toute la force de sa minuscule cage thoractique dans les bras de son papa.

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J’ai tout de suite vu la force tranquille qui émanait de mon mari. Je pourrais mettre ma main à couper qu’il aurait été plus inquiet si ça avait été une petite fille. Je me souviens de ses premiers mots d’encouragements. De ses « ça va aller » plein d’assurance, lui qui n’était père que depuis quelques minutes à peine. Il aurait peut-être préféré une fille mais c’était avant d’avoir un petit garçon. Avant de comprendre qu’au lieu de la fusion, il aurait droit au tandem, à la rigolade, aux high-five, à la complicité.

Je vois mon homme apprendre à mon fils à en être un. Il lui enseigne le respect et la gentillesse, la politesse et la droiture. Il l’accompagne dans ses apprentissages sans l’étouffer, le laisse s’éloigner un peu plus loin sur le sentier que je ne le ferais, et a plus de facilité à lui lâcher la main. Là où je tremble quand je vois les petits pieds de mon enfant rater le barreau de l’échelle à la plaine de jeux, son père lui explique qu’il faut simplement serrer les mains un peu plus fort pour assurer ses arrières. Quand Ezra se glisse dans le lit et que c’est moi qu’il trouve, il colle son nez contre le mien en chuchotant des mots d’amour. Quand c’est papa qui lui ouvre les bras, il ne faut pas longtemps avant qu’ils s’allient pour m’ennuyer, me réveiller, me bisouter en se marrant. Ils sont deux contre moi et je ne peux pas lutter.

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Son père est son gardien, son protecteur. Il le défend quand c’est utile, quand il estime qu’il n’a rien fait et qu’il est juste victime de la bêtise et de la méchanceté des autres enfants. Mais il est aussi celui qui fait filer droit, qui remet sur le bon chemin quand Ezra peste, provoque, blesse. C’est aussi lui qui le chatouille jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, se débatte et s’échappe, les joues rouges et le souffle court avant de revenir et réclamer: « Encore, encore! »

Il le stimule, le console, l’endurcit, fait le camion de pompier avec sa cuillère pour le faire manger et le rattrape 120 fois d’affilée dans la piscine quand il saute depuis le bord, parce que ça l’éclate. Et il me dit, pourtant, qu’il a moins de patience que moi…

Il lève la voix parfois mais pardonne tout aussi vite. Ils sont copains, associés, partenaires. Dans les bras de son père, Ezra joue au bonhomme, il veut impressionner, marquer des points, montrer qu’il se débrouille, faire preuve d’indépendance. Et pendant qu’il grandit et s’autonomise sous le regard encourageant et serein de son père, j’ai le coeur tout mou. C’est beau de les voir côte à côte et d’imaginer les années à venir, les parties de ballon, les promenades en vélo, les questions qu’Ezra voudra poser à papa et pas à moi et les réponses et les mots justes que mon mec devra trouver pour satisfaire ses attentes.

Je ne sais pas le trio qu’on aurait formé si on avait eu une fille. Je pense que son père l’aurait couvée et que ça m’aurait peut-être énervée, que c’est moi alors qui l’aurait un peu poussée dans le dos pour qu’elle apprenne à s’en sortir dans ce monde toujours trop masculin. Je ne sais pas si on aura un deuxième enfant mais si un jour, j’ai une fille, mon fils m’aura appris à être une bonne mère pour elle, à m’équilibrer, à comprendre et apprécier le lien particulier qui l’unirait à son père. En attendant, je constate que ce lien, s’il est différent, n’est pas moins fort entre un papa et son petit garçon. Mon mari le sait aussi désormais…

Et chez vous, ça se passe comment? Quelle relation a votre conjoint avec vos enfants, selon leur genre? Ca m’intéresse…

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(3 commentaires)

  1. Wow ! C’st un papa formidable ! Ca fait rêver franchement ;). Ici papa est plutôt en difficulté. Il a du mal à nouer une relation avec ses enfants qui ne savent pas bien s’exprimer verbalement. Papa c’est aussi le mec englué sur son smartphone. Mais bon, petit à petit j’arrive à faire changer les choses, ouf !

  2. J’aurais du mal à te répondre, ayant 2 filles, mais je crois qu’il aurait sans doute une attitude parfois différente mais le même amour et globalement la même façon de faire…

  3. Superbe lien lien entre ton Mari et Ezra. pour l’instant je ne pourrais pas te dire ce qu’il en est. Je sais que le Chéri se languit de connaître ce petit être déjà bien vivant dans mon ventre. Je sais qu’il lui passera tout et que ça sera un papa aimant
    Déjà quand le chat miaule en le regardant avec son regard vitreux, il craque et lui donne de la pâté, j’ose espérer ce que ça va donner avec l’Enfant Divin ! lol

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