Enfant, etc

OMG: le Terrible Two, c’est donc ça

Petit E. a presque deux ans. Dans un mois tout rond ou presque. 2 ans, c’est l’âge de l’autonomie, des premières discussions, de la propreté, des premiers câlins enfin donnés de son plein gré. Hier, attaché dans sa poussette et heureusement parce que sinon je crois qu’il aurait fugué, il m’a rappelé que c’était aussi l’âge des crises complètement démesurées pour asseoir son autorité.

Il y a deux mois, Petit E. ne voulait plus prendre son bain. Il fallait gruger pour arriver à le déshabiller et le débarbouiller. Alors que la veille, il barbotait encore comme un bienheureux ; le lendemain, il hurlait à la mort dès que son orteil touchait l’eau. Son angoisse est passée comme elle est arrivée : sans prévenir et sans raison.

Depuis une semaine ou deux, Petit E. décide de l’itinéraire. Quand il roule en vélo sur le sentier et qu’il a le choix entre deux directions, j’ai plutôt intérêt à être d’accord avec lui. D’abord, il pointe un index déterminé là où il veut aller avant d’énoncer « Paya », comprenez « Par là ». La première fois qu’il m’a fait le coup, j’ai rigolé et j’ai accepté de changer mes plans initiaux pour le suivre. C’était visiblement l’erreur à ne pas commettre. Désormais, si je vais à droite alors qu’il avait envie d’aller renifler si l’air n’était pas plus doux à gauche, il serre les dents et les mains avant de se mettre à larmoyer. Parfois, il ose même, depuis son siège auto sur la banquette arrière, donner ses instructions à son père au volant. Honnêtement ? C’est assez inoffensif et tellement téméraire de sa part que j’en ris (presque) à chaque fois.

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Il gigote comme un petit diable quand je lui enfile son lange, mange subitement du bout des lèvres et encore plus quand on insiste, pleure à chaudes larmes quand son père sort de la voiture pour y mettre de l’essence, pleure à chaudes larmes encore quand j’ai le malheur de fermer la porte des toilettes pour quatre secondes vitales d’intimité. Ce que j’ai pris hier pour un trop plein d’amour mal dirigé m’a atteint comme une claque en pleine figure : en fait, Petit E. a deux ans bientôt et le Terrible Two c’est maintenant.

J’ai envie de lui trouver mille excuses : peut-être qu’il a mal dormi ou qu’il a une molaire qui se pointe ? Ou alors c’est la fameuse angoisse de séparation qu’il n’a jamais traversée à 9 mois qui s’est déplacée ? Mes tentatives pour l’excuser exaspère son père (les deux mots sont proches. Est-ce un hasard? Je ne pense pas!) qui me jure que notre fils prend pour l’instant un malin plaisir à me rendre dingue. Et vous savez quoi ? Je crois en fait qu’il a raison (mais ne lui dites pas). Tout à l’heure, Petit E. m’a demandé un biscuit mais a fait la moue quand je lui ai tendu. Il détourne les yeux avec une insolence crasse quand je lui dis un truc qu’il ne lui plaît pas. Il fait semblant de ne pas m’entendre quand je lui demande de m’attendre ou de rentrer alors qu’il joue dans le jardin et que le soir est tombé (mais il rapplique dans la seconde quand je prononce le mot chocolat). Il hurle à plein poumons quand il n’est pas content et s’arrête dès que son attention se porte sur autre chose. Petit E. pour l’instant c’est Docteur Jekyll et Mister Hyde.

Il essaie de s’affirmer, de tester nos limites et les siennes au passage, il veut être maître de son destin alors qu’il tient à peine sur ses deux petites jambes quand il court. J’ai beau savoir tout ça, ça n’empêche que c’est dur à gérer et que mes émotions font du yoyo. Il me fatigue parfois autant qu’il me fait fondre la seconde d’après. Ce soir, je me suis absentée une minute pour aller chercher un truc oublié dans la voiture. Petit E. m’a vu partir, il s’est précipité vers la porte d’entrée pour m’empêcher de la fermer. J’ai vu la lueur de panique dans son regard, ses yeux s’emplir de larmes, sa petite main trembler. J’en ai encore le cœur serré. Manipulation ou grosse inquiétude ? Entre les deux, mon cœur balance mais j’en connais encore un qui va lever les yeux au ciel en me rappelant que la seconde d’après, l’enfant pleurait parce qu’il ne voulait pas qu’on le change. Je n’étais pas partie depuis 25 secondes que Petit E. m’avait déjà oubliée. Ou en tout cas, il faisait bien semblant. Les enfants sont des pervers, tenez le vous pour dit.

Et vous, le Terrible Two vous y croyez ? Vous l’avez vécu ? Vous le vivez ? Et en fait, à part serrer les dents (et les fesses tant qu’on y est) et attendre que ça passe, on fait quoi pour adoucir cette période?

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