Terrible Two: c’est donc à ça que ressemble la crise des deux ans

 - ez

Mon fils a presque deux ans. Et deux ans, c’est l’âge de l’autonomie, des premières discussions, de la propreté, des premiers câlins enfin donnés de son plein gré. Et du Terrible Two, cette phase du développement dont on connaît l’existence mais qu’on ne comprend vraiment qu’en y étant confronté. Hier, attaché dans sa poussette et heureusement parce que sinon je crois qu’il aurait fugué, mon fils m’a donc appris que deux ans, c’était aussi l’âge de la tempête émotionnelle et des crises complètement démesurées pour asseoir son autorité et exprimer sa frustration.

C’est quoi le Terrible Two?

Commençons par éclaircir le terme. Le Terrible Two, c’est quoi? C’est une sorte de petite adolescence qui arrive à l’âge de deux ans. L’enfant s’affirme, il laisse sa période bébé derrière lui et il comprend qu’il a un certain pouvoir de décision. Il entend bien en faire usage. C’est une phrase d’opposition à tout va. C’est l’âge du NON que l’enfant répète haut et fort. C’est l’âge de la contradiction. L’enfant veut prendre son indépendance.

Quand il n’est pas content, il le dit et il ne se contente plus de bouder: il crie, il hurle, il explose, il tape du pied, il s’énerve. Son cerveau a encore du mal à gérer le flot d’émotions qui le traversent. Il enchaîne les sautes d’humeur et ça passe par une grande période d’instabilité. La famille est souvent secouée par le tempérament soudainement colérique du jeune enfant. Il ne peut tout simplement pas faire autrement: il n’a pas encore le vocabulaire adapté pour s’exprimer clairement, il est en pleine acquisition de la parole et son apprentissage ne va pas assez vite à son goût.

Le môme se prend pour un adolescent

Le petit qui traverse cette phase de bouleversements intenses fait vivre l’enfer à ses parents et pour cause: c’est avec eux qu’il est le plus en confiance. Il teste donc leurs limites sans s’inquiéter qu’ils ne l’aiment plus. En tant que maman, je trouve ça très déstabilisant: tous les repères qu’on avait mis en place sont tout à coup bousculés. L’autorité parentale n’existe plus, l’enfant se met en colère pour un rien. Il a découvert son individualité et il refuse qu’on puisse décider de sa vie, des vêtements qu’il doit porter, du chemin à emprunter. Le Terrible Two, c’est, souvent, beaucoup d’énervement: tout le monde perd patience à la maison.

Pourquoi c’est une période particulièrement difficile pour les parents

Je trouve ça d’autant plus compliqué à gérer qu’il débarque alors qu’on sort de la période bébé. Pendant deux ans, on a changé des couches, donné un sein ou des biberons, on s’est levé la nuit… On croit qu’on a trouvé le rythme. Mais en fait, c’est pire après! C’est une vraie épreuve à vivre quand on est mère (ou père). Ca fait deux ans qu’on est fatigués, on manque d’énergie pour gérer cette fameuse crise des deux ans.

Le Terrible Two est une phase de développement normale

Mais si cette phase est compliquée à gérer pour les parents, rappelez-vous que c’est une phase du développement parfaitement normale chez l’enfant.

Dans notre vie quotidienne, voilà à quoi ressemble le Terrible Two

Il y a deux mois, Ezra ne voulait plus prendre son bain. Il fallait gruger pour arriver à le déshabiller et le débarbouiller. Alors que la veille, il barbotait encore comme un bienheureux ; le lendemain, il hurlait à la mort dès que son orteil touchait l’eau. Son angoisse est passée comme elle est arrivée : sans prévenir et sans raison.

Rejoignez-moi sur Instagram et sur Facebook

Depuis une semaine ou deux, Ezra décide de l’itinéraire. Quand il roule en vélo sur le sentier et qu’il a le choix entre deux directions, j’ai plutôt intérêt à être d’accord avec lui. D’abord, il pointe un index déterminé là où il veut aller avant d’énoncer « Paya », comprenez « Par là ». La première fois qu’il m’a fait le coup, j’ai rigolé et j’ai accepté de changer mes plans initiaux pour le suivre. C’était visiblement l’erreur à ne pas commettre.

Désormais, si je vais à droite alors qu’il avait envie d’aller renifler si l’air n’était pas plus doux à gauche, il serre les dents et les mains avant de se mettre à pleurer. Parfois, il ose même, depuis son siège auto sur la banquette arrière, donner ses instructions à son père au volant. Honnêtement ? C’est assez inoffensif et tellement téméraire de sa part que j’en ris (presque) à chaque fois.

terrible two crise des deux ans c'est quoi à quoi ça ressemble

Il gigote comme un petit diable quand je lui enfile sa couche, mange subitement du bout des lèvres et encore plus quand on insiste, pleure à chaudes larmes quand son père sort de la voiture pour y mettre de l’essence, pleure à chaudes larmes encore quand j’ai le malheur de fermer la porte des toilettes pour quatre secondes vitales d’intimité. Ce que j’ai pris hier pour un trop plein d’amour mal dirigé m’a atteint comme une claque en pleine figure : en fait, Ezra a deux ans bientôt et le Terrible Two c’est maintenant.

Lisez aussi: La phrase qui m’énervait trop pendant ma grossesse

Le Terrible Two transforme votre enfant en Docteur Jekyll et Mister Hyde

J’ai envie de lui trouver mille excuses : peut-être qu’il a mal dormi ou qu’il a une molaire qui se pointe ? Ou alors c’est la fameuse angoisse de séparation qu’il n’a jamais traversée à 9 mois qui s’est déplacée ? Mes tentatives pour l’excuser exaspère son père qui me jure que notre fils prend pour l’instant un malin plaisir à me rendre dingue. Et vous savez quoi ? Je crois en fait qu’il a raison (mais ne lui dites pas).

Tout à l’heure, Ezra m’a demandé un biscuit mais a fait la moue quand je lui ai tendu. Il détourne les yeux avec une insolence crasse quand je lui dis un truc qu’il ne lui plaît pas. Il fait semblant de ne pas m’entendre quand je lui demande de m’attendre ou de rentrer alors qu’il joue dans le jardin et que le soir est tombé (mais il rapplique dans la seconde quand je prononce le mot chocolat). Il hurle à plein poumons quand il n’est pas content et s’arrête dès que son attention se porte sur autre chose. Ezra pour l’instant c’est Docteur Jekyll et Mister Hyde.

Lisez aussi: Pourquoi mon fils n’a ni parrain ni marraine

L’enfant s’affirme et teste les limites de ses parents

Le jeune enfant se prend pour un adolescent et il essaie de s’affirmer. Il teste nos limites et les siennes au passage. Mon fils veut être maître de son destin alors qu’il tient à peine sur ses deux petites jambes quand il court. J’ai beau savoir tout ça, ça n’empêche que c’est dur à gérer et que mes émotions font du yoyo au moins autant que les siennes. Il me fatigue parfois autant qu’il me fait fondre la seconde d’après. Ce soir, je me suis absentée une minute pour aller chercher un truc oublié dans la voiture. Ezra m’a vu partir, il s’est précipité vers la porte d’entrée pour m’empêcher de la fermer.

J’ai vu la lueur de panique dans son regard, ses yeux s’emplir de larmes, sa petite main trembler. J’en ai encore le cœur serré. Manipulation ou grosse inquiétude ? Entre les deux, mon cœur balance mais j’en connais encore un qui va lever les yeux au ciel en me rappelant que la seconde d’après, l’enfant pleurait parce qu’il ne voulait pas qu’on le change. Je n’étais pas partie depuis 25 secondes que Ezra m’avait déjà oubliée. Ou en tout cas, il faisait bien semblant. Les enfants sont des pervers, tenez le vous pour dit.

Quand s’arrête cette période de crise et de confrontation?

Rassurez-vous: cette crise des deux ans s’arrête à un moment. Malheureusement, je ne peux pas vous donner de date précise sonnant la fin de votre calvaire familial. La période du Terrible Two commence vers l’âge de deux ans (mais parfois un peu avant) et s’arrête (plus ou moins) vers l’âge de trois ans (mais parfois un peu après). Vient alors la période du Threenager, sorte de continuité plus douce du Terrible Two. Ce qu’il faut retenir, pour tenir, c’est que votre enfant arrêtera un jour de crier sa rage, de râler, de bouder, de discuter, de se braquer, de s’opposer, de se rouler par terre, de tourner la tête en signe de mécontentement… L’apaisement et le calme reviendront.

Cinq conseils pour gérer cette crise des deux ans

Gardez votre calme

Face à la crise de votre enfant, restez calme. Il faut essayer de ne pas crier à chaque fois qu’il vous fait sortir de nos gonds. Déjà, parce que ça n’a aucun impact sur un gamin qui a le cerveau en ébullition. Vous pourrez toujours vous énerver, ça ne l’empêchera pas de grandir avec tout le chamboulement qui va avec. Et ensuite, parce que c’est épuisant pour nous, parents. Essayez de garder votre calme. C’est très difficile, je sais. Mais plus on reste calme, moins la crise dure longtemps: l’enfant constate que son comportement n’a pas de prise sur nous, il passe donc à autre chose.

Evitez les questions fermées

Vu qu’il adore répondre non, posez-lui des questions plus larges, sans possibilité de répondre oui ou non. Au lieu de dire: « Tu veux du jambon? » Demandez-lui: « Tu préfères du jambon ou du fromage? » ou encore: « Tu veux du jambon dans ton sandwich ou à côté du pain? »

Evitez les endroits problématiques

Evitez les endroits où ça risque de déraper. Par exemple, allez faire les courses au supermarché sans lui. Ca sera déjà un drame et des pleurs en moins dans la journée. Certains diront que si on ne confronte pas un enfant à ses frustrations, il ne saura pas les gérer. Je réponds qu’il y a un moment pour tout dans la vie. Ca ne sert à rien de tester des grands principes d’éducation avec un enfant qui pète un plomb juste parce que ses hormones lui disent de le faire.

Ignorez-le en guise de punition

Quand la crise de colère éclate, si votre enfant n’arrive pas à se calmer, qu’il a un comportement agressif et que c’est ingérable, vous pouvez le sanctionner avec une punition, certes à sa hauteur, mais une punition quand même. Ignorez-le le temps que ses émotions s’apaisent. Il cherche à vous provoquer, à attirer votre attention: si vous ne lui donnez pas ce qu’il va interpréter comme une récompense à ses actions, il va rapidement se calmer.

Faites-lui un gros câlin

Quand vous sautez que votre enfant est sur le point de piquer une colère, prenez-le dans vos bras. Ce n’est pas ce que vous avez envie de faire à priori quand il vous pousse à bout mais c’est ce dont il a besoin… et vous aussi. L’enfant est noyé sous la frustration, le chagrin, sa difficulté à s’exprimer clairement. Le Terrible Two, c’est aussi et surtout un gros besoin d’affection. Si vous y répondez, il y a de grandes chances pour que son explosion de fureur s’apaise.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.