Lundi matin, alors que je me remettais comme je pouvais des neuf heures de dĂ©calage entre la Californie et la France et que je n’avais pas encore ni petit-dĂ©jeunĂ© ni pris une douche, Ezra Ă©tait dĂ©jĂ montĂ© 18 fois sur mon lit avec Ă les morceaux de son circuit de petites voitures dans la main, implorĂ© pour que je le monte, demandĂ© dix secondes après si je voulais bien lui allumer la tĂ©lĂ© et posĂ© ensuite 36 fois la mĂŞme question en dĂ©signant tous les objets prĂ©sents dans notre chambre cannoise: « Qu’est-ce que c’eeeest? » Ça m’a fait penser Ă cette petite information que j’avais vu passer rĂ©cemment et qui rĂ©pondait Ă la question: « Pourquoi les enfants ne sont-ils jamais fatiguĂ©s? »
Ce n’est pas seulement une impression ou le fruit de notre imagination: les enfants sont rĂ©ellement plus en forme que nous et ça s’explique par le fait qu’ils ont le mĂŞme mĂ©tabolisme qu’un athlète professionnel. L’Ă©tude, publiĂ©e le 24 avril dans la revue Frontiers in physiology, a comparĂ© l’endurance de garçons de 8 Ă 12 ans, prĂ©pubères, celle d’adultes « normaux » et enfin celle de sportifs qui n’avaient rien Ă prouver au rayon endurance. Tous sont montĂ©s sur un vĂ©lo et la puissance et la dĂ©pense d’Ă©nergie de chacun ont Ă©tĂ© mesurĂ©es.
Je vous passe les dĂ©tails techniques mais en gros, les scientifiques ont dĂ©couvert que les sportifs entraĂ®nĂ©s et les enfants se remettent de l’effort fourni avec la mĂŞme facilitĂ© . L’adulte lambda (vous peut-ĂŞtre, moi en tout cas) est lâchĂ© dans la course et sur les rotules depuis longtemps. En poussant un peu l’examen, les chercheurs ont mĂŞme remarquĂ© que le rythme cardiaque des plus jeunes revenait Ă la normale plus vite que celui des athlètes. Et troisième dĂ©tail qui explique pourquoi votre enfant vous met Ă genoux en deux temps, trois mouvements: durant l’effort, les enfants produisent moins d’acide lactique, qui provoque des crampes et une fatigue musculaire gĂ©nĂ©rale, que n’importe quel autre adulte. Du coup, ils Ă©liminent cet acide lactique bien plus facilement et bien plus rapidement. Et hop, Ă peine le temps d’avoir repris leur souffle qu’ils sont prĂŞts Ă repartir…
Ça ne vous donne pas de solution mais voilĂ qui permet de comprendre pourquoi il faut arrĂŞter de lutter: nos enfants sont infatigables et ce n’est pas une question de caractère mais bien de mĂ©tabolisme. Et puis, bonne nouvelle: cette Ă©nergie folle disparaĂ®t rapidement Ă la pubertĂ©. Les chercheurs parlent bien d’enfants prĂ©pubères. On a tous en tĂŞte l’image d’un ado qui traĂ®ne la patte, qu’il faut sortir du lit Ă midi, et qui soupire Ă la moindre idĂ©e d’activitĂ© physique… Sur ce, ça ne serait pas dĂ©jĂ l’heure de la sieste?


3 comments
Ils sont infatigables, mais en plus ils nous fatiguent nous lol!
J’aime les preuves scientifiques XD. Ce serait peut ĂŞtre une caractĂ©ristique nĂ©cessaire Ă leur dĂ©veloppement ? Il leur faut dĂ©couvrir pleins de choses pour ĂŞtre un adulte dĂ©brouillard !
Je suis heureuse de voir que ma fille est infatigable car cela me rassure … J’ai dans mon entourage des enfants tres mous, mais vraiment, et sincerement je trouve cela plutot flippant. Je suis contente de voir qu’il y a uen etude pondu la dessus, c’est mon dada les etudes 🙂