Je ne veux pas d’un enfant obéissant

je ne veux pas d'un enfant obéissant

Je ne veux pas d’un enfant obéissant.

Evidemment, la vie serait plus facile si mon enfant faisait ce que je lui disais quand je lui dis de le faire. Sans questionner, remettre en question, argumenter, s’opposer sans cesse. Evidemment, il est tentant, souvent, de répondre « parce que c’est comme ça » ou « parce que je te le dis » à un enfant qui refuse d’exécuter l’ordre qu’on vient de lui donner.

Mais en réalité, je ne veux pas d’un enfant obéissant.

Les temps changent mais la société attend toujours des enfants qu’ils rentrent dans le rang, qu’ils puissent contenir leurs émotions. Et on attend toujours des parents qu’ils « contrôlent » leur progéniture. Quelle mère n’a pas déjà surpris un regard courroucé parce que son enfant gesticulait un peu trop dans un métro bondé ou à la caisse d’un supermarché? La société évalue notre réussite parentale à l’obéissance d’un enfant, à son acceptation silencieuse de tout ce que n’importe quel adulte lui dit.

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Je veux un enfant poli et respectueux, qui comprend que la vie en société nécessite qu’on prenne parfois sur soi, mais je ne veux pas d’un enfant obéissant parce qu’il risquerait de devenir un adulte obéissant. Et il n’y a rien de plus triste qu’un adulte qui « se soumet à la volonté de quelqu’un ou à un réglement » sans jamais le remettre en cause.

Je veux un enfant qui doute devant les choses qu’on lui présente comme « évidentes » ou « normales » et qui ne le sont pas forcément, qui négocie s’il n’y trouve pas son compte, qui remet en cause, qui demande quand il ne sait pas ou qu’il ne comprend pas, qui interroge les comportements des grands et ceux de ses congénères au lieu de les imiter « bêtement ».

Je veux apprendre à mon enfant qu’il a le droit de défendre les causes qu’il croit juste, qu’il a le droit de remettre en question des lois absurdes, qu’il a le droit de sortir dans la rue pour crier sa colère. Je ne veux pas d’un enfant qui cède à la pression de ceux qui ont peur de se lever pour exprimer leurs opinions, de ceux qui craignent les vagues et les remous et qui ne comprennent pas à quel point le calme n’est vraiment bon que lorsqu’il y a eu de l’agitation.

Je ne veux pas d’un enfant qui cède à la pression de ceux qui ont peur de se lever pour exprimer leurs opinions, de ceux qui craignent les vagues et les remous et qui ne comprennent pas à quel point le calme n’est vraiment bon que lorsqu’il y a eu de l’agitation.

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On ne peut se réchauffer près du feu qu’après l’avoir allumé. Je veux que mon enfant ne craigne pas les étincelles et qu’il souffle sur les braises quand c’est nécessaire.

La société tentera par tous les moyens de le contrôler, je lui apprendrai la liberté.

Je suis d’accord avec l’idée que mon enfant ne soit pas d’accord avec moi

Je déteste qu’on m’oblige à faire quelque chose que je trouve idiot ou pas en phase avec mes valeurs « parce que c’est comme ça ». Je suis donc d’accord avec l’idée que mon enfant ne soit donc pas d’accord avec moi. Ses interrogations et son opposition m’apprennent à être une meilleure mère mais aussi une meilleure personne.

Un enfant obéissant, c’est un enfant qui grandit en étant convaincu qu’il n’est pas capable de penser par lui-même. C’est un exécutant au lieu d’être un leader. Ceux qui dirigent la société veulent des enfants obéissants pour avoir sous leur joug, à terme, des adultes obéissants qui mettent de côté leurs aspirations personnelles et leur besoins primaires sans sourciller dans le seul but de les aider à étendre leur pouvoir.

Je ne veux pas d’un enfant obéissant parce qu’il finira par croire que les autres savent mieux que lui: il sera plus manipulable et sensible à la pression extérieure.

Je ne veux pas d’un enfant obéissant, je veux un enfant qui vibre

Je ne veux pas d’un enfant obéissant, je veux un enfant qui vibre et qui fait ce qu’il a à faire pour être aligné avec lui-même. Je veux un enfant qui écoute et non pas qui m’écoute à tout prix. Parce que je dois bien avouer que même moi, malgré mon âge plus avancé, je ne sais pas toujours quel comportement adopter dans certaines situations.

Je ne veux pas étouffer sa petite voix intérieure, je veux qu’il soit en mesure de déterminer ce qui est bon, pour lui même si ce n’est pas la voie que je pensais qu’il emprunterait.

Je ne veux pas d’un enfant obéissant, je veux un enfant qui coopère, qui comprend de lui-même qu’être adulte confère une certaine expérience dans différents domaines de connaissance et que cette expérience mérite d’être prise en compte. Je veux un enfant qui sait s’autodiscipliner, qui comprend que les autres ont des choses à lui apprendre et qui a assez d’humilité pour s’en nourrir mais qui sait que, lui aussi, a des choses à apprendre aux autres.

Je ne veux pas d’un enfant obéissant, je veux d’un enfant qui comprend que ses actes ont toujours des conséquences au lieu de lui interdire simplement d’aller jusqu’au bout de son idée, même si je sais qu’elle ne sera pas ce qu’il imagine. Il veut sortir sans veste alors qu’il fait froid dehors? Qu’il y aille. Il comprendra par lui-même que ne pas avoir enfilé sa veste comme je lui l’avais suggéré était nécessaire.

J’espère que mon enfant saura repérer les choses avec lesquelles il faut « faire avec » et celles contre lesquelles il est urgent de s’opposer.

Je ne veux pas d’un enfant obéissant. Et vous?




5 Commentaires

  1. Je trouve que le terme « d’obéissance » est très dévoyé de nos jours, et qu’à l’ère du complotisme ambiant, il est trop souvent assimilé à de la servilité ou au fait d’être « un mouton ». Je pense qu’il est possible d’apprendre à un enfant qu’il faut obéir, quand c’est dans son intérêt et dans l’intérêt d’autrui. J’ai du mal aussi avec l’idée que la société est forcément faite pour brimer les aspirations personnelles. Nous obéissons aux lois parce qu’elles garantissent un cadre de vie acceptable pour tous et toutes, et donnent des limites qui sont normalement communes à tous. Une obéissance éclairée, en quelque sorte. Ça ne veut pas dire que tout ce que tu as décrit n’est pas par ailleurs que absolument nécessaire pour le bon développement d’un enfant.

    • Je ne suis pas du tout contre l’obéissance, loin de là ! Par contre je suis contre une forme d’endoctrinement, quel qu’en soit le domaine. Je veux que mes fils puissent réfléchir par eux-mêmes, tout en se respectant et en respectant les autres. Quand j’entends par exemple certains dire qu’un garçon ça se marie uniquement avec une femme, non. Je veux qu’ils puissent être libres d’aimer qui ils veulent et de penser ce qu’ils veulent. Mais toujours en respectant les autres et les lois. Et en Belgique je ne pense vraiment pas qu’on soit brimé 😉

      • C’est ce que je voulais dire: on mélange deux concepts. L’obéissance n’est pas incompatible avec le libre arbitre. Je dirais même que l’obéissance aux lois et aux règles communes à tous permet l’expression des libertés fondamentales. Et l’adhésion à ces libertés. Je ne pense pas non plus qu’il faille sans arrêt tout remettre en question, tout interroger, remettre sans arrêt sur la table les normes établies (qui ne sont pas toutes un endoctrinement, mais aussi le résultat de siècles de réflexions et d’ajustements historiques et politiques). Évidemment, il faut se battre sur de nombreux sujets. Mais aussi savoir qu’il existe un socle, je l’espère bien solide -il faut qu’il le soit- dans des pays comme la Belgique et la France, socle qui doit être indiscutable et sur lequel on doit pouvoir s’appuyer pour défendre ce que l’on doit défendre.

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