Enfant, etc

8 astuces pour faire dormir un enfant (testées et approuvées)

Tu as le ventre rond et des images plein la tête. Tu te demandes s’il tiendra plutôt de toi ou de l’autre moitié, tu imagines les pyjamas en pilou que tu lui enfileras, les aprèms au soleil son petit corps tout mou contre le tien, ses premiers sourires, mots et petits pas. Et alors que t’es là, tranquille à rêvasser, tu découvres qu’il existait une race de gens que tu côtoyais déjà sans le savoir. Qui attendait, tapie dans l’ombre, de voir ton nombril se pointer pour te tomber dessus. Tu n’as pas encore eu le temps de te faire à l’idée qu’ils débarquent avec les leurs, très arrêtées, et te les envoient à la figure alors que tu n’as rien demandé. Ils sont souvent parents et savent évidemment comment poussent les enfants. Tu essaies de leur dire qu’un petit n’est pas l’autre, ils te répondent avec un sourire indulgent qui mériterait une gifle. On te parle de l’atrocité qui t’attend, de l’ingratitude enfantine, des coliques, de ce temps que ça va te bouffer et de ton couple qui va morfler. Merci les gars pour tant d’optimisme…

L’obsession de  « ceux qui savent » porte surtout sur le sommeil. On te promet des nuits infernales, entrecoupées de larmes ; des allers et venues incessantes à pieds nus sur le plancher pour tenter d’apaiser sa colère, son angoisse, son horloge biologique. On te promet qu’un jour, ta fatigue sera telle que tu regretteras d’avoir un jour enfanté. A croire que mon fils les a entendus et qu’il tenait déjà de sa mère : depuis sa naissance, il a tout fait pour contrarier les obsessionnels de l’oreiller. On a cru qu’on avait de la chance, on nous a assez répété qu’on avait juste tiré un bon numéro pour ne jamais oser la ramener. On nous disait là encore que ça n’allait pas durer. Et puis hier, j’ai mis le petit au lit et en fermant la porte de sa chambre plongée dans le noir et silencieuse, je me suis dit qu’au bout de bientôt deux ans, on pouvait peut-être enfin se permettre de penser qu’on s’y était bien pris. Et ça m’a repris cette après-midi, alors que l’enfant de 22 mois entamait sa deuxième sieste de la journée…

Tout bien considéré, en deux ans, je ne me souviens que d’une soirée compliquée. Il pleurait dès que je le couchais et s’arrêtait dès que je le redressais. J’ai d’abord pensé qu’il voulait mes bras, il s’est avéré qu’il avait mal avalé un morceau de pain et que la mie était restée coincée dans sa gorge. Je vous passe l’angoisse quand j’ai vu ce qu’il a fini par recracher. Une fois son problème résolu, il a sombré illico. Je me permets de donner ici mes trucs et je m’adresse à celles qui n’ont pas encore accouché ou qui à peine et qui s’interrogeraient sur la méthode à adopter. Simplement parce que je ne sais pas comment résoudre un problème de sommeil installé, puisque je n’y ai jamais été confronté. Le but n’est évidemment pas de faire culpabiliser celles qui rament. Je reste consciente que mon fils peut toujours basculer du côté obscur de la force.

  • On est sûrement un peu têtu mais on n’a écouté personne sauf notre instinct. Malgré tous les conseils dont les gens vous inondent, à un moment, cet enfant, c’est le vôtre et vous êtes les mieux placés pour savoir ce dont il a besoin. Je me souviens de sa toute première nuit, ses 50 centimètres tout rabougris dans son berceau en plastique transparent. L’infirmière-qui-se-prend-un-peu-pour-ta-mère m’avait remonté les bretelles parce que je devais le nourrir toutes les quatre heures. Ezra avait dormi six heures de suite. J’ai toujours refusé de le réveiller pour le faire boire. Il faisait 3,5 kilos à la naissance, il avait un peu de réserve, et surtout, je pense qu’un bébé qui a faim sait se manifester. Là, il était crevé, moi aussi (et je ne vous parle même pas du père), on en a tous profité pour récupérer.
  • Une fois chez nous, il n’a jamais dormi dans notre chambre. Parce qu’un bébé, ça fait du bruit et que c’est juste l’enfer de dormir avec quelqu’un qui renifle, soupire, machouille, crie dans son sommeil. On voulait aussi récupérer une vie de couple rapidement. Je ne parle pas seulement sexuellement. Mais on avait déjà assez peu de moments rien qu’à deux quand le petit est réveillé, on voulait avoir au moins nos nuits. Une étude prouvait d’ailleurs récemment qu’un bébé qui dort dans la chambre de ses parents dort 40 minutes de moins que celui qui dort dans une pièce qui lui est dédié. Parce que si lui vous réveille non-stop, croyez-moi, vous le réveillez aussi en remontant votre couette, en toussant soudainement ou en tendant le bras pour attraper la bouteille d’eau sur la table de nuit. Seul désavantage : si on réserve une chambre d’hôtel et qu’on doit installer son lit parapluie à côté du nôtre, il reste debout comme un zombie et il nous fixe de ses yeux lourds et cernés sans comprendre pourquoi on envahit son espace. On se voit donc généralement obligé de le faire dormir dans la salle de bain… Il préfère dormir à côté des toilettes plutôt que la même pièce que ses parents. Allez comprendre…
  • On a créé son petit espace avec des objets qu’il identifie « au moment du dodo ». Le secret : tout doit être transportable. Alors oui, les mobiles qui clignotent, qui tournent et qui prennent tout le dessus de lit, c’est sympa mais c’est impossible à prendre en vacances, parce que le coffre déborde déjà. On a donc deux petits coussins avec des housses de super-héros, son doudou, un petit mobile étoilé avec la chanson « I just called to say I love you » de Stevie Wonder (je viens de découvrir qu’il existait aussi avec « Paradise » de Coldplay ou « Someone like you » d’Adele, regardez ici)  qu’on attache à tous les lits dans lesquels il doit passer la nuit. Résultat : on peut recréer son environnement habituel hyper facilement (tout tient dans un sac). Il se sent immédiatement à l’aise parce que presque comme à la maison. Aujourd’hui, quand je lui dis de se préparer pour la nuit, il jette généralement quelques livres et une poignée de petites voitures dans son lit, en plus de ses coussins, de sa petite boîte à musique et d’une ou deux peluches qu’il aime bien. Tout ce bazar est assez drôle à voir. Il n’est pas rare qu’il déclenche l’alarme stridente de son petit camion de pompier en pleine nuit. Ca ne le réveille même pas (mais moi bien!).
  • On nous a rabâché l’importance du rituel. Là encore, c’est comme pour les petits objets du dodo : on a choisi de répéter régulièrement quelques petits gestes qui lui font comprendre qu’il est temps à présent d’aller dormir mais j’ai toujours refusé que le rituel soit immuable et… interminable. Parce que si on est invité chez des copains et qu’on embarque le petit avec nous (ou que ces mêmes copains viennent manger chez nous), je ne veux pas devoir m’interrompre pour donner un bain, lire un livre et chanter trois chansons. Il y a des moments pour tout dans la vie. Le rituel ne fonctionne que si le parent y prend du plaisir aussi. Et honnêtement, non, je n’ai pas toujours envie de prendre 45 minutes pour relire Les trois petits cochons pour la centième fois après une journée de travail stressante. Je pense plutôt à coucher l’enfant au plus vite et à me diriger vers le frigo pour ouvrir une bouteille de vin. Mère oui, mais pas que, hein ! On a donc opté spontanément pour des rituels hyper faciles à reproduire : lui enfiler sa gigoteuse, lui lancer sa boîte à musique dans son lit et lui dire bonne nuit, je t’aime avant de quitter la pièce. Les livres, c’est quand on a envie (et aujourd’hui à sa demande) ; le bain, c’est quand on a le temps, parfois le matin, parfois le soir, parfois on zappe parce qu’il n’a pas envie et qu’on n’a pas le courage de se battre. ezraepuise
  • On a continué à faire du bruit. On n’a jamais marché sur la pointe des pieds, on n’a jamais chuchoté, on a toujours mis un fond musical le soir, on a continué à inviter nos copains pour regarder des matchs de foot, le papa musicien a continué gratter ses cordes de guitare. On faisait évidemment attention à ne pas hurler mais sans s’arrêter de vivre. Il s’est habitué à s’endormir jamais totalement isolé du bruit et ça ne l’a jamais gêné. Deux ans plus tard, il peut très bien s’endormir alors qu’on regarde un match de foot à 10 dans la pièce d’à-côté (c’est du vécu).
  • On l’a fait dormir assez rapidement ailleurs. Evidemment, il faut avoir confiance et il faut se rappeler que la personne chez qui il passera la nuit n’aura pas les mêmes gestes que nous ni les mêmes mots pour le rassurer. Je vous glisse un secret : c’est justement ça qui fait la force de ces gardiens d’un soir. Un bébé s’adapte à une vitesse assez folle. Il s’est très vite habitué à la présence de ses grands-parents par exemple, et quand ils sont dans la pièce, il y a des choses qu’il préfère faire avec eux qu’avec moi. Et c’est tant mieux ! (J’ai parfois dix minutes pour moi, alléluia !) Faire dormir le petit ailleurs, c’est aussi récupérer le temps d’une soirée un statut d’adulte et de femme et laisser sa cape de mère au vestiaire. On se retrouve telle qu’on était avant de dédier sa vie toute entière à son enfant (on remet des talons hauts, hiiiiii !). Ca fait un bien fou et on se réveille détendue le lendemain prête à affronter dans la sérénité plusieurs nuits de pleurs si nécessaire.
  • On ne l’a jamais empêché de faire une sieste. JAMAIS. Un enfant reposé est moins nerveux le soir et va se coucher plus facilement. Quand il allait à la crèche, il dormait une heure le matin, autant l’après-midi. Pas assez à son goût. A son retour, le sentant épuisé, je l’installais régulièrement dans son lit et il sombrait en quelques secondes. Il récupérait de sa journée bruyante et excitante de 17 heures à 18 heures et retournait dormir sans aucun souci vers 19h-19h30. Aujourd’hui encore, c’est pareil: il peut dormir de 16h à 18h (après avoir dormi de 9h30 à 11h30 à peu près) et ne rechigne pas pour autant quand il est l’heure de rejoindre ses plumes pour la nuit. On le laisse parfois traîner un peu plus tard mais dès qu’il commence à bailler ou à râler pour un rien, zou, au lit.
  • Ce n’est pas un conseil parce que tout le monde fait ce qu’il veut mais je n’ai pas allaité. Il était nourri au biberon. On savait donc exactement ce qu’il avait dans le ventre et on savait aussi qu’il ne risquait pas d’être réveillé par la faim (ou bien justement qu’il risquait de l’être parce qu’il n’avait pas assez bu). La quantité absorbée est plus difficile à connaître quand on allaite. Ca vaut peut-être le coup de tirer son lait de temps en temps et de le mettre dans un biberon gradué, histoire de savoir si les réveils intempestifs ne sont pas dus à un estomac qui gargouille. Je vous laisse creuser l’idée. N’hésitez pas à partager les vôtres.

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