Enfant, etc

Chutes et autres moments gênants: mes (plus grosses) looses de mère

J’ai beau me concentrer, réfléchir, essayer de maîtriser mes mouvements, faire tout mon possible pour faire preuve de délicatesse, je suis un bulldozer. J’aimerais être gracieuse, légère, agile mais je suis plutôt l’éléphant dans le magasin de porcelaine. On m’entend généralement arriver de loin. Je suis de celles qui parlent un peu trop fort et qui trébuche au moment de vous tendre la main. J’ai appris à vivre avec ma maladresse. Mais je ne vous raconte pas l’angoisse quand j’ai appris que j’étais enceinte.

Je me voyais déjà tomber ventre en avant avec Ezra dans le porte-bébé ou lui coincer les doigts dans la portière. Parce que la semaine passée, en vacances, j’ai passé une nuit à culpabiliser à mort pour une chute que j’aurais pu éviter et parce que ça nous soulage toutes de savoir que les histoires gênantes (et souvent, après coup, marrantes), ça arrive aussi aux autres, voici le bilan de mes looses maternelles. Au tribunal des mères foireuses, j’ai quelques aveux à faire…

– C’était la semaine de son première anniversaire. La banderole en papier aux motifs petits hiboux était déjà accrochée au mur et je pestais contre la crèche qui me l’avait rendu légèrement cabossé un peu plus tôt dans la semaine. Les chiens ne font pas des chats : il avait glissé en approchant de la table à dessins. Je les accusais intérieurement d’avoir présumé de ses capacités, de ne pas l’avoir aidé à assurer ses premiers petits pas timides. Est-ce que c’est à ça que je pensais quand je l’ai assis sur la bordure du trottoir le temps de prendre la poussette pliée dans le coffre de la voiture ? Tenir assis, il savait faire. J’avais juste oublié qu’il avait encore besoin d’avoir les jambes tendues devant lui pour assurer son équilibre et qu’il n’avait jamais posé sa couche sur une chaise, les petits jambons repliés et les pieds au sol. Il est donc lamentablement tombé, tête en avant, emporté par le poids de son corps et son front déjà gonflé et bleuté s’est mangé le goudron. On en parle de sa tête sur les photos de l’événement destiné à célébrer sa première année sur terre ?

– Ezra dort bien, tout le temps, partout, depuis toujours. C’est génial pour les parents et profondément énervant pour les autres. Ce soir-là, de façon donc surprenante, il refusait de sombrer. Il pleurait à chaudes larmes, se relevait systématiquement dans son lit. Je l’ai consolé tant et plus, je l’ai bercé, rassuré, j’ai sorti ma grosse voix, celle qui essaie de faire croire que j’ai de l’autorité alors que même moi j’en doute, et je l’ai recouché. A minuit, la compassion pour les parents qui endurent ça chaque soir à son maximum, je suis retournée à son chevet une énième fois. C’est le moment qu’il a choisi pour recracher la grosse boulette de mie de pain coincée dans sa gorge depuis des heures. Moi qui pensais que ça serait plus facile à manger qu’une croute, j’ai failli l’étouffer sans m’en rendre compte.

– Je suis du genre inquiète. Du genre à me relever dix fois la nuit pour voir s’il ne s’est pas recouvert le visage avec sa couverture. Il y a quelques jours, porté par l’enthousiasme des vacances et l’excitation de l’échelle du lit superposé (je n’avais jamais mesuré le potentiel excitant de ces quelques marches jusqu’à ce jour), il a voulu dormir dans un grand lit. Il espérait squatter le matelas du haut, j’ai été inspirée quand j’ai refusé. Ca serait le bas ou ça ne serait pas. Il s’est mis sur la pointe des pieds et, aidé de la force de ses petits bras, s’est glissé sous la grande couette, heureux et serein. La première nuit, je l’ai recentré plusieurs fois dans son lit. La seconde, je me suis forcée à rester dans le mien. Je me suis endormie en me disant que j’étais bien trop flippée. J’ai été réveillée brutalement quinze minutes plus tard par le bruit de sa lourde chute sur le plancher. Il a fini sa nuit entre son père et moi et moi j’ai fixé le plafond jusqu’à l’aube en guettant la possible commotion cérébrale.

– Il y a deux semaines, en sortant du cours de gym où Ezra me met la honte hebdomadairement parce qu’il n’écoute rien (Terrible Two, bonjour!), je l’ai posé dans son siège auto et j’ai constaté, une fois arrivés à destination, que j’avais complètement oublié de l’attacher…

– C’est un petit garçon, il a les cheveux fins et faciles à peigner. Vu qu’on n’avait pas d’adresse précise en Californie, on s’est dit qu’on allait économiser le coiffeur, qu’il ne ferait, de toute façon, pas mieux que nous. On a acheté des ciseaux adéquats, on a planté Ezra devant l’iPad, et on s’est pris pour Jean-Claude Biguine. Il était calme, on avait l’impression de se découvrir un nouveau talent, que la maîtrise des épis n’avait plus de secret pour nous. Et puis il a tourné la tête sans prévenir et on lui a fait une entaille dans le cou. Peu profonde mais sanglante. On a rangé les ciseaux et, depuis, on a trouvé un coiffeur.

Bref, rassurez-moi, je ne suis pas la seule ?

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(13 commentaires)

  1. Euuhh là j’avoue que tu as fait fort sur pas mal de points lol. Ceci dit, je te rassure,il m’est aussitôt quelques situations inavouables. Genre j’ai cogné la tête de ma fille dans l’encadrement de la porte en la voulant la recoucher dans son lit alors qu’elle s’était endormie sur le nôtre. Evidemment, ça l’a réveillée…

  2. C’est drôle et flippant à la fois.
    Notre ainé (3ans) s’est toujours pris de sacré gamelle notamment aux début de la marche, et paf, la tête sur le carrelage (par contre il n’est vraiment pas douillet), et paf l’œil au beurre noir dans la baignoire. Bien sur, tout bébé, moi je lui ai un jour cogné la tête sur les rebords du lit…en fer forgé. Son père lui, lui a mis un coup de genou dans le crâne en s’asseyant trop prêt! Un jour, il s’est cogné la tête sur un pied de chaise dans la salle d’attente du pédiatre, et le médecin 5minutes après me regardant l’œil louche ‘il a une bosse là…. » « oui oui, il vient de tomber » (bon, les services sociaux n’ont pas déboulé)

    1. Ahaha! Ca me rassure tellement. C’est vrai que j’aurais pu rajouter les looses de père… je me souviens d’un jour où Ezra pleurait alors que mon mari l’habillait sur la table à langer. Dépassé, il m’appelle. Il avait en fait coincé le bras du petit dans son dos, sans faire exprès evidemment. 😄 Je me souviens du regard d’Ezra… Qui semblait me dire: mais faites qq chose! 😄 Heureusement, c’est solide ces petites choses la! ❤️

  3. J’ai ri mais j’ai ri !!! J’en ai déjà vécu des similaires : la mie de pain, sale histoire, nous c’était une sieste ratée et un morceau de patate coincée dans la gorge, mais quel soulagement de comprendre et de de sire qu’on a échappé au pire…

    Sinon le siège auto, évidemment je l’ai fait ! Et le lit aussi quand on a tenté d’enlever les barreaux sans mettre de petite barrière…
    Je ne me suis par contre pas risquée aux ciseaux…

    1. Les ciseaux, on était mega prudents. Mais ça nous semblait de plus en plus facile au fur et à mesure de la coupe qu’on a pris nos aises. Grosse erreur! 😂 Après, on fait des bêtises mais rien de grave. Ouf!

  4. Non, tu n’es pas la seule… Le coup du siège auto, je l’ai déjà fait une fois… Une seule… maintenant, je vérifie à peu près 10 fois qu’ils sont bien attachés (mère relou !!)…

    Malheureusement, cela nous arrive à toutes… J’ai aussi coupé le doigt (allégrement hein, pas un peu) en lui coupant les ongles, toute petite…

    Bref, les erreurs sont normales et c’est grâce à elles qu’on apprend, ne l’oublions pas et ne culpabilisons pas !

    Virginie

  5. Ecoutes, ça me parle parce qu’avec ma grande stature (1m80) je suis de celles qui ne passent pas inappercues, et couplé avec ma maladresse à son plus haut niveau, certains de mes amis m’appellent « Pierrette Richard »… Pourtant je t’avoue qu’à ma propre surprise, en général je garde mes plus grandes chutes et looses pour moi, et j’arrive à peu près à épargner mes enfants! heureusement pour elles je crois!

  6. Merci merci merci de ton article… comme je me reconnais, je vais le faire lire à mon conjoint désespéré d’avoir un clown à la place d’une femme délicate !
    Maladroite ou pas, je retiens le cas du lit superposé, où ton instinct maternel de le laisser dans le lit du bas a surement sauvé Ezra d’une commotion cérébrale !

    Ma bichette avait 1 mois, depuis sa naissance ses ongles étaient longs, mais trop fins pour les couper au coupe ongle, je mettais donc une heure toutes les semaines à les lui limer délicatement, pour éviter de trouver son visage lacéré de ses griffes chaque matin. Au bout d’un mois, la sage femme m’avait dit d’utiliser le coupe ongle, ni une ni 2, un matin, alors qu’elle était à peine réveillée, je le pose contre moi où elle se rendort, lui prends chacun des ongles, pour les lui couper… au bout du 3e elle hurle j’ouvre sa main, en sang, mon coeur se soulève et j’hurle le prénom de mon conjoint de panique, je lui avais coupé un bout de peau avec l’ongle … je voyais dejà ma fille amputé d’un bout de son pouce à cause de ma maladresse. Depuis, c’est son père qui se charge de la manucure.

    1. Ah, le coup des ongles, ça m’est arrivé aussi. 🙂 Récemment, j’ai envoyé mon genou dans la petite commode de ma chambre, toute seule comme une grande, j’ai failli finir aux urgences. Je voyais des étoiles tellement la douleur fut fulgurante. Ezra, voyant bien que je ne rigolais pas, a voulu m’aider et faire un bisou magique. Il a attrapé mon genou douloureux, plongeant limite ses doigts dans la blessure en criant: maman bobo bisou. J’ai failli sans faire exprès lui envoyer mon genou dans le visage tellement il m’a fait mal en voulait faire bien… Bref, c’était épique. Comme d’hab. Bonne chance pour la prochaine manucure!

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